lundi 19 avril 2021

A la recherche de ses parents

    

    Gabriel a été adopté tout bébé en 1945 dans la Creuse. Il ne se pose pas de questions sur ses parents biologiques même si son enfance n'est pas chaleureuse. Un jour il est traité de "fils de boche". Il commence une quête pour identifier sa mère afin de connaître la vérité sur sa conception.

   Cette histoire est déclinée en deux tomes de bande dessinée. Le trait de Arno Monin donne du caractère à ses personnages (on vous en a déjà parlé pour sa BD l'Adoption) et l'histoire se lit comme une enquête pleine de rebondissements. Le lecteur est surpris à chaque page et suit aussi les états d'âme de Gabriel à chaque étape de ses découvertes.

   A lire avec un adolescent pour lui donner les clés des contextes historiques.

L'enfant maudit, de Arno Monin et Laurent Galandon, éditions Grand Angle

tome 1: les Tondues, 2009 (quelques pages à feuilleter en suivant les liens)

tome 2: la marque O, 2012

dimanche 14 mars 2021

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 25

De fil en aiguille (1), par Franck Roncaglia

   C’est en 1998, quelque temps après la disparition de ma grand-mère, que j’ai réellement commencé à m’intéresser à mes ancêtres, et en l’occurrence aux siens.

   En effet, jusque-là, je lui avais posé des questions sur ses souvenirs d’enfance relatifs à ses parents, voire à ses grands-parents. J’étais alors adolescent et je ne pensais pas du tout que je passerai des décennies à traquer mes ancêtres (et leurs collatéraux), en particulier ceux de mémé !

   A posteriori, je me dis que son décès fut peut-être l’élément déclencheur. Mais je m’intéressais déjà à l’histoire et, finalement, cela était assez logique. Mon père m’a mené aux archives municipales de Marseille, alors place Carli, et comme je n’avais pas encore seize ans il était justement nécessaire que je sois accompagné pour pouvoir m’inscrire. Dans les mois qui ont suivi, alors que j’étais en première, je commençais doucement à explorer, à tâtons, la branche maternelle de mon père. Je dis à tâtons, car l’enthousiasme l’emportait parfois sur la raison et je n’avais aucune expérience en la matière : je m’apercevais parfois ensuite de mes erreurs et je « cassais » une branche qui avait poussé un peu trop vite ! En ce temps-là, l’émotion était d’autant plus palpable à chaque acte trouvé que non seulement les documents n’étaient pas numérisés, mais ils n’étaient pas même microfilmés : j’avais carrément accès aux originaux, je pouvais toucher le papier sur lequel s’étaient appuyés mes ancêtres pour parapher leurs actes !

   Mon grand-père nous a quittés en 2000, mais je n’ai que peu exploré ses ancêtres, étant donné que le petit-cousin de mon père avait déjà pas mal de renseignements à ce sujet. Nous nous sommes cependant rendus ensuite quelques années plus tard en Italie, où nous avons campé et avons rendu visite à des curés pour consulter des registres paroissiaux ! Car les parents de « pépé » étaient des piémontais et, plus encore qu’aujourd’hui, il fallait se rendre sur place pour trouver. Paroisses, archives d’État, mairies … J’ai depuis été de nombreuses fois dans le Piémont (avec mes parents, puis avec ma compagne), mais aussi en Ligurie, cette fois du côté de ma grand-mère, puisqu’elle avait aussi des racines italiennes. Il y eut des découvertes palpitantes, comme l’acte de baptême du grand-père paternel de ma grand-mère, ou celui de sépulture d’un de ses ancêtres au XIXe… qui me fit comprendre la déformation de Coutandin en Constantin et permit d’envisager un lien de parenté avec Fernandel, dont les ancêtres venaient du même village (Méano) et portaient le même nom !

   Cette approche de l’Italie m’a laissé un bon souvenir, car, même si les archives sont plus difficiles d’accès qu’en France – dans la mesure où les sources ecclésiastiques sont privées et ne sont pas forcément ouvertes à la consultation -, elles existent et permettent de progresser. Cette difficulté, ajoutée à celle de la barrière de la langue (même si le français est largement compris dans le Piémont), ne donne que plus de valeur aux trouvailles ! Puis, aller in situ, c’est toujours s’imprégner de l’ambiance, de l’environnement jadis connu de ses propres ancêtres…Enfin, ce peut-être l’occasion de faire du tourisme et de profiter de superbes sites (autant dans la montagne piémontaise que sur la côte ligure) !

vendredi 12 février 2021

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 24

Merci à Jérôme de partager ses débuts en généalogie

La marmite familiale

   Tel que ma mémoire me le restitue, il me semble que tout a commencé avec des histoires. Pas celles des livres. Celles racontées par mes grands-mères (mes deux grands-pères sont morts bien avant ma naissance). Des histoires vraies, souvenirs d’enfants d’un autre temps. J’en raffolais. J’y trouvais des points communs avec ma propre expérience d’écolier et pas mal de sujets d’étonnement (mes grands-mères sont nées au tout début du XXe siècle). Surtout, dans leurs récits, elles mettaient en scène une foule de gens. Leurs parents, leurs grands-parents, d’autres membres de leurs familles respectives, ma famille à moi. Des gens disparus depuis longtemps. En tout cas à l’échelle de mon horizon de petit garçon. Et comme tous les enfants, aspirant à une certaine logique, j’essayais d’y mettre de l’ordre. J’assignais mentalement une place à chacun, m’efforçant de m’en souvenir pour la prochaine fois, le prochain récit où ces silhouettes se profileraient. Sans le savoir je travaillais ma généalogie. Je faisais de la généalogie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Je crois que c’est là que se trouvent les fondations. D’ailleurs j’ai aussi l’impression que nous partageons tous plus ou moins ce même cheminement.

   Et nous partageons tous aussi l’expérience d’une autre étape, celle du passage à l’acte. Sans mauvais jeu de mots. Pour moi ça s’est passé assez tard, conjonction de circonstances. En toile de fond l’envie ancienne d’en savoir plus sur mon nom et son origine (ah, ce travers des débutants, la ligne patronymique et elle uniquement !), par-dessus ça du temps libre, vers la fin de cette première (et unique) année de sciences éco, fruit de choix d’orientation irréfléchis (à noter que le seul cours que je suivais avec assiduité était celui d’Histoire économique du professeur Jean Imbert…), et enfin un guide. Le guide ce fut ma sœur aînée qui travaillait aux archives départementales. Grâce à elle je sus que je pouvais faire l’économie d’un voyage en province, qu’il était possible de faire venir des bobines de microfilms d’un dépôt à un autre (oui, je vous parle de l’été 1979, la préhistoire). C’est précisément à ce moment-là que j’ai découvert le travail sur les archives de l’état civil et sur les actes paroissiaux.

Jérôme Malhache en CM1


   Ensuite il y a eu une longue éclipse. Non pas que j’étais rassasié et au bout de mes questions. Loin de là. Mais il m’a bien fallu me concentrer sur d’autres sujets, essentiels... Une douzaine d’années plus tard, alors que ma mère se confrontait à la collecte de documents pour le renouvellement de sa carte d’identité, l’histoire familiale m’a repris par le col. C’est à partir de là que j’ai replongé, définitivement cette fois, dans la généalogie, et ça été le début d’une autre histoire.

   Pour finir, j’ai envie de partager un témoignage, l’expérience de quelqu’un d’autre. C’est ce qu’il y a de magique avec la généalogie, elle stimule les échanges et favorise le partage. L’anecdote se passe juste avant le premier confinement, lors de cette dernière occasion que nous avons eue de nous retrouver, au Grand salon de la généalogie à la mairie du XVe arrondissement. Un visiteur de mon stand, quelqu’un de ma génération, m’a raconté que, lui, il était venu à la généalogie par les bancs de l’école, ou plus exactement ceux du lycée. Il avait fait un bac D’ (« déprime », on comprend que cette série ait été débaptisée), mathématiques et sciences agronomiques. En première il avait un prof d’histoire qui, enseignant l’évolution de l’agriculture, faisait faire à ses élèves les généalogies de familles d’agriculteurs. C’est comme ça que mon interlocuteur avait non seulement découvert la généalogie mais avait aussi pris ses habitudes en salle de lecture des archives départementales. Comme quoi le passage à l’acte est différent pour chacun d’entre nous !

vendredi 29 janvier 2021

Les témoignages du passé

   A la lecture des lettres écrites par son arrière grand-père depuis le front pendant la première guerre mondiale l'auteure décide de les faire éditer, pour la mémoire. Elle se prend vite au jeu et approfondit toutes les pistes et les vies de plusieurs membres de sa famille. Elle les suit pendant les deux guerres mondiales et découvre des héros, des résistants et peut-être des traîtres… Elle choisit de partager toutes ses découvertes d'abord avec sa famille, lors de grandes réunions puis avec le public. Elle nous prévient qu'elle n'a jamais écrit avant cette aventure. Son écriture parfois maladroite et ses réflexions personnelles sont des atouts pour inciter les jeunes à suivre son parcours à travers des lettres, des photos, des rencontres, des surprises.
   De quoi donner envie de fouiller les coffres, albums, valises et trésors de toute la famille!
Madame, vous allez m'émouvoir, de Lucie Tesnière, aux éditions Flammarion, 2018