dimanche 13 juin 2021

Hommage à une grand-mère


   Parfois les jeunes rechignent devant un roman mais n'hésitent pas à ouvrir une BD. Robert Badinter a rendu hommage à Idiss, sa grand-mère maternelle, par un roman. Cette histoire a été brillamment adaptée en BD.

   On s'attache rapidement à Idiss grâce à son caractère qui l'incite à toujours protéger sa famille et grâce au trait de Fred Bernard. On aime la suivre de son shtetel natal au Paris fantasmé, vivre des décennies à ses côtés, traverser deux guerres mondiales et suivre la vie de sa famille. L'humanité du dessin nous rend cette histoire encore plus vivante et touchante qu'elle ne l'est déjà.

   Une BD que l'on n'arrive pas à lâcher et qui donne envie de lire le roman.

Idiss, par Richard Malka et Fred Bernard, éditions Rue de Sèvres, 2021 (suivez ce lien, 14 planches sont disponibles!)

Idiss, Robert Badinter, éditions Fayard, 2018

dimanche 30 mai 2021

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 28

 Nous retrouvons Jean-Marc (#Genealogix, épisode 27) poursuivant ses recherches:

   Les "trouvailles" que nous allions faire dans les registres de Pouilly allaient être des plus intéressantes pour la suite de nos recherches. Le grand père né un mois après le mariage de ses parents, l'arrière- grand-mère morte deux fois, le destin de Jeanne-Aimée.... seraient autant d'anecdotes croustillantes à ajouter à la chronique familiale.
   Mon père profita de notre présence à Pouilly pour faire un pèlerinage sur les lieux de ses vacances. Il me parla de ses parties de pêches sur les berges du canal de Bourgogne avec les cousins. 
Nous avons même retrouvé la tombe familiale dans le cimetière communal. De passage, dans la région récemment, j'eus la surprise de constater qu'elle existait toujours et dans un état de conservation assez satisfaisant alors que la dernière personne inhumée, l'arrière grand-tante Eugénie a du l'être en 1939.

   Nos recherches se sont poursuivies et nous ont conduit très vite à Gerland qui allait s'avérer être le village berceau de nos ancêtres. Gerland est situé dans la plaine à proximité  de Nuits St Georges et de ses vignobles. Et la difficulté n'allait pas résider à retrouver les actes dans les registres de l'état-civil et paroissiaux, mais bel et bien à trouver le maire et ensuite de prendre rendez-vous avec le secrétaire ou la secrétaire de mairie pour avoir accès aux archives aux jours d'ouverture de la mairie.

église de Gerland, XIIème siècle

Rendez-vous pris, Monsieur le Maire nous ouvrit les portes de sa modeste mairie et pendant qu'il vaquait à ses occupations, nous laissa quasiment les clés de sa mairie et les précieux registres à disposition !

   Notre première réaction fut une réaction de surprise devant l'état et les conditions de conservation des registres. Ces registres ont été depuis heureusement versés aux Archives Départementales.
Nous avons pris donc d'infimes précautions en manipulant ces documents d’un autre âge et avons relevé tous les actes qui concernaient des HIDIER euh des HIGUIER ou des YGUIER voire des YDIER pour nous apercevoir très vite que les patronymes étaient retranscrits la plupart du temps phonétiquement par un des rares lettrés du bourg qu'était le curé de la paroisse.

   Près de vingt ans après, je regrette aujourd'hui de n'avoir pas relevé systématiquement tous les actes car nous aurions aujourd'hui une base de données qui nous  permettrait de reconstituer les familles de Gerland et faire des recoupements. Forts de nos trouvailles, mon père et moi sommes rentrés sur Paris pour reprendre nos activités respectives et mettre au propre les données que nous avions recueillies.

   Par la suite, il y a eu d'autres voyages et au lieu de nous disperser dans les villages de la Côte d'Or et être tributaires des horaires d'ouverture des mairies, nous avons décidé de concentrer nos recherches en allant aux Archives Départementales à Dijon...

   Mon père, peu à peu, me laissa seul gérer les recherches et là où certains passaient leurs congés à se faire bronzer sur une plage, moi je préférais m'enfermer aux archives pour compulser des registres poussiéreux. Il garda de l'intérêt pour l'avancement de mes recherches et prêtait toujours une oreille attentive lorsque je revenais des archives pour lui relater le détail de mes découvertes. Il m'accompagna de nouveau lorsque par le jeu de la généalogie descendante j'ai découvert des cousins éloignés. Mon père est décédé en 2003 et c'est pour lui, aujourd'hui que j'écris ces lignes et que je me dois aujourd'hui de terminer le travail commencé.... il y a près de 50 ans ! Déjà 50 ans!.

lundi 24 mai 2021

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 27

Jean-Marc Hidier

   Je devais avoir une quinzaine d’années , lorsqu'un de mes meilleurs camarades m'a initié à la généalogie et c'est tout naturellement que j'ai décidé de me lancer à la recherche de mes ancêtres qui pour moi avaient alors tout d'une énigme !
Ce voyage dans l'histoire de ma famille allait me permettre de me forger une identité et de  renouer des liens qui avaient été rompus prématurément par le décès de ma mère quelques années plus tôt .
   Si j'étais déjà passionné d'histoire, le chemin qui me séparait de mes ancêtres  allait s'avérer bien plus difficile que prévu pour le néophyte que j'étais. Car par quel bout commencer ? La première étape de ma quête a été de me procurer un guide de généalogie.
Mais il me manquait l'essentiel : le document qui allait me permettre de remonter le temps. Et c'est mon père qui me l'apporta !
   Je ne connaissais alors que peu de choses de ma famille jusqu'à ce jour, où mon père sortit du cagibi de l'appartement tout un tas de photos et de documents jaunis par le temps...et le livret de famille de mes grands- parents paternels, sésame qui allait me permettre d'avancer dans mon enquête.
Dès lors, je guettais, fébrile, tous les jours le courrier afin de prendre connaissance de la dernière trouvaille.

   En bon secrétaire qu'il était, mon père prit les opérations en mains et a organisé la chasse aux ancêtres. Pour la bonne cause il a confectionné des lettres types de demande d'actes qu'il polycopia en nombre (et oui c’était avant !) ; Afin d'y voir plus clair, il rassembla toutes les informations sur des fiches au nom et prénom de chaque aïeul...
Mais le temps des réponses des Mairies devenait de plus en plus long au fur et à mesure que mon impatience grandissait. Sans compter sur les mairies qui ne jouaient pas le jeu et qui par ailleurs n'étaient pas dans l'obligation de le faire et ce malgré l'enveloppe timbrée jointe pour la réponse.
   Rappelons pour l'anecdote que très peu de mairies, a fortiori lorsqu'elles étaient rurales, étaient équipées à l'époque de photocopieurs et beaucoup ne délivraient que des extraits d'actes, certes intéressants, mais qui n'avaient pas la même saveur que l'acte lui-même ou de son fac-similé.
   L'écriture du rédacteur (prêtre ou officier de l'état civil) ; les liés, les déliés, les pleins, les signatures, la présence ou non des témoins, les mentions marginales ... sont autant d'informations et d'indications qui font le bonheur du généalogiste.

   D'autres mairies, ne répondaient même pas, débordées qu'elles étaient par les demandes. A contrario, nous pouvions avoir affaire à l'érudit local, qui prenait un soin particulier à retranscrire l'acte dans son intégralité !!!
Quelques ancêtres en plus et de nombreux timbres en moins, il était temps de passer à la vitesse supérieure...

   En effet, le rythme où nous parvenaient les réponses et le tarif des lettres en vigueur nous ont convaincu, mon père et moi, de poursuivre les recherches sur place.
La semaine que nous allions passer ensemble en Côte d'Or, sur les lieux où avaient vécu nos ancêtres allaient être des plus enrichissantes, d'un point de vue personnel. Les liens qui nous unissaient mon père et moi allaient s'en trouver renforcés.

   Et pourquoi pas ne pas joindre "l'utile" à l'agréable en découvrant cette belle région de Bourgogne que je connaissais plus par la renommée de ses vins que par mes souvenirs personnels.
Ce voyage  "initiatique" serait  donc  riche en découvertes  généalogiques, touristiques et ... gastronomiques.
Nous avions pour l'occasion, loué une chambre d'hôtel à qui serait notre "QG" de campagne durant notre séjour. De là, nous pourrions "écumer" les mairies.
Notre première étape nous conduisit donc à
Pouilly en Auxois ville natale de mon grand-père.





lundi 3 mai 2021

Formation de familles

    La famille existe dans la vie d'un enfant dès sa naissance, quelle que soit sa composition. Nous vous présentons deux livres destinées aux petits, voire tout-petits. Ils donnent vie à des personnages terriblement attachants pour illustrer des propos emplis de tolérance et d'espoir.

   Georgette crée des personnages colorés avec des visages ronds et sympathiques. Ils racontent les différents types de familles dont on peut faire partie. Le texte est court, simple et émouvant, il fait mouche à chaque page. Ce livre est dédié "à toutes les familles, les petites, les grandes, les pas faciles, les sérieuses, les différentes, les marrantes, celles qu'on n'a pas choisies et celles qu'on s'est fabriquées".
   Beau programme!




   Aurélia Gaud nous présente des personnages qui ressemblent tout à la fois à des quilles et à des matriochkas, flamboyants de couleurs. On découvre deux couples de grands-parents, leurs enfants et leurs petits-enfants. Comme le suggère le titre, les familles se mêlent, les couleurs de peau aussi. Magnifiques illustrations pour mettre en valeur un message sur la diversité.
   


dimanche 25 avril 2021

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 26

De fil en aiguille (2), par Franck Roncaglia

   Du côté de ma mère, ma famille vient d’Algérie, ce sont des juifs sépharades (venant d’Espagne) et Tochavim (venant du Maghreb). Le hasard a fait que le centre d’archives où est conservé l’état-civil français d’Afrique du Nord n’est autre que ce qui était alors appelé le Centre des Archives d’Outre-Mer, à Aix-en-Provence, donc à côté de chez moi ! Je ne me suis par conséquent pas privé de m’y rendre à de nombreuses reprises, les actes d’état-civil comme les registres matricules n’étant pas à ce moment-là en ligne, mais seulement consultables sous forme de microfilms.

   Sur la question de ma progression dans le temps, autant il n’est pas possible d’aller loin sur l’Afrique du Nord (qui se prête en revanche à la réalisation d’arbres descendants touffus !), où j’atteins péniblement la fin du XVIIIe, autant la rencontre avec un passionné de généalogie aux archives départementales des Bouches-du-Rhône m’a propulsé du XVIIe au XIIIe siècle ! Je sais ainsi qu’au Moyen-Âge une partie de mes ancêtres étaient déjà dans la cité phocéenne.

   Il y a aussi une différence de taille entre les prénoms (ainsi que les noms) rencontrés en France, en Italie et en Afrique du Nord : autant entre l’Italie et la France la passerelle est vite trouvée (par exemple de Giuseppe à Joseph), autant l’Algérie offre un exotisme tout-à-fait particulier à travers l’onomastique israélite, où j’ai pu trouver des prénoms surprenants, comme Judas, ou bien d’autres dont je ne soupçonnais pas l’existence (Maklouf, Chloumou, Haseba…) ! Cette question des prénoms avait d’ailleurs déjà été au cœur de mon année de maîtrise d’histoire (quatrième après le bac’, actuellement appelée Master 1 recherche), que j’avais basée dans l’espace sur le Monêtier-les-bains (village choisi pour être celui de la grand-mère paternelle à ma grand-mère), situé dans les Hautes-Alpes et dans le temps sur le XVIIIe siècle. En établissant à partir des actes de baptême une base de près de 6 000 naissances, j’avais ainsi pu établir qu’au début de la période la majorité des enfants portaient un seul prénom et qu’à la fin ils en avaient majoritairement deux, voire trois (et même exceptionnellement quatre !). En outre, ici comme ailleurs, Marie écrasait ses concurrentes (même si Anne, Catherine et un peu Jeanne étaient bien représentées) chez les filles, et Jean – dans une moindre mesure – en faisait autant chez les garçons (où Joseph et Pierre sont par exemple souvent utilisés aussi).

   S’agissant des patronymes, ma mère a la particularité de s'appeler Maman. C'est un nom courant chez les juifs d'Afrique du Nord, mais il a bien sûr un tout autre sens en France ! Le plus amusant est que ma tante Esther, née Maman, a eu son fils qui s'est marié avec une Papa ... Ainsi, sur un acte de mariage les deux patronymes étaient réunis, comme quoi le hasard réserve parfois des surprises aussi improbables que croustillantes.

www.geopatronyme.com


   Avec l’avancée de la technologie, j’ai pu progresser dans la connaissance de mes ancêtres, mais pas tant pour prolonger des branches qu’approfondir des périodes récentes. En effet, j’ai réalisé peu à peu que ce qui m’intéressait le plus était le XIXe siècle, époque où l’administration commence à cerner de près l’individu et où des sources le rendent encore plus humain : au-delà de l’état-civil, il y a les recensements, les fiches matricules pour les hommes (avec le signalement qui va avec), la presse qui offre parfois de sacrées surprises ! Et puis j’ai presque l’impression de toucher du doigt des gens qui ont connu des gens que j’ai moi-même connus…

lundi 19 avril 2021

A la recherche de ses parents

    

    Gabriel a été adopté tout bébé en 1945 dans la Creuse. Il ne se pose pas de questions sur ses parents biologiques même si son enfance n'est pas chaleureuse. Un jour il est traité de "fils de boche". Il commence une quête pour identifier sa mère afin de connaître la vérité sur sa conception.

   Cette histoire est déclinée en deux tomes de bande dessinée. Le trait de Arno Monin donne du caractère à ses personnages (on vous en a déjà parlé pour sa BD l'Adoption) et l'histoire se lit comme une enquête pleine de rebondissements. Le lecteur est surpris à chaque page et suit aussi les états d'âme de Gabriel à chaque étape de ses découvertes.

   A lire avec un adolescent pour lui donner les clés des contextes historiques.

L'enfant maudit, de Arno Monin et Laurent Galandon, éditions Grand Angle

tome 1: les Tondues, 2009 (quelques pages à feuilleter en suivant les liens)

tome 2: la marque O, 2012