mardi 1 décembre 2020

Ignorance familiale

 

   Lors du repas d'anniversaire du grand-père, pour ses 82 ans, la famille découvre qu'il ne sait ni lire ni écrire. Personne n'a jamais rien soupçonné, aucun de ses sept enfants qui exercent tous une profession ayant un rapport direct avec la langue, son usage et son maniement, ni aucun de ses petits-enfants. 

   Ce récit graphique est réalisé par sa petite-fille qui évoque toutes les questions que la révélation de ce secret pose. Pourquoi faire semblant? Comment cacher cette ignorance? Pourquoi personne n'a rien compris? Elle étudie les réactions des membres de la famille et plonge dans les souvenirs liés à son grand-père aimant.

   Ce roman graphique québécois est aussi intéressant pour son fond que par sa forme, les illustrations sonnent justes et expriment parfaitement les sentiments des personnages.

Le dernier mot, par Caroline Roy-Element et Mathilde Cinq-Mars, éditions Mécanique Générale, 2020

mardi 24 novembre 2020

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 22

Comment me suis-je mis à faire de la généalogie à l’âge de 16 ans ?

   En 2016, je me suis mis à commencer mon arbre généalogique afin de voir d’où ma famille vient. A ce moment-là, je savais que je venais de l’Eure (là où je suis né et où je réside actuellement) et du Maine-et-Loire, là où est originaire ma famille du côté paternel. Pour commencer, je me suis inscrit sur MyHeritage. Ce premier site m’a permis d’avoir un logiciel pour pouvoir travailler et voir mon arbre se construire peu à peu. J’ai demandé à ma grand-mère des informations, notamment sur ses parents et grands-parents afin de pouvoir commencer mes recherches au sein des sites d’archives départementales, en particulier celles de l’Eure. Ma généalogie est née !

   Malheureusement, elle fut stoppée aussi rapidement qu’elle avait commencé. Ce n’est qu’en 2017 que je repris sérieusement la construction de mon arbre familial et la recherche de mes ancêtres véritablement. Après de nombreuses heures de recherches intensives dans les Archives de l’Eure, je réussis à remonter la branche POUPINEL, nom de jeune fille de ma mère, jusqu’en 1789 où je me retrouve bloqué. En effet, j’apprends qu’un enfant est né sans père connu. Il est né à Pont-Audemer dans l’Eure mais aucun nom sur le père de ce dernier. Je décide donc de me tourner vers la mère, née à la Haye Aubrée (Eure) mais je me retrouve de nouveau bloqué. Je possède le nom des parents mais ils ne sont pas nés à la Haye Aubrée. Je recherche dans les villages des environs mais rien, aucune information sur l’origine de ces gens.

   Je décide donc de passer au côté SOULARD, mon nom de famille, afin d’en apprendre plus. Après avoir questionné mon grand-père paternel, j’apprends que mes arrière-grands-parents viennent de Combrand, un petit village au nord des Deux-Sèvres (79). Mais, 100 ans ne se sont pas encore passés entre le moment où mes AGP1 sont nés et le jour de mes recherches. J’ai envoyé un mail à la mairie afin d’avoir accès aux actes, et, après plusieurs mois et une relance, j’ai obtenu les deux actes de naissance. Je connais donc les parents, les dates de naissance précises, la date du mariage, et même la profession des parents ! En ayant lu ce mail en rentrant du lycée, je fus comblé de joie !

une plaque de cocher restaurée par Steven, située à quelques kilomètres 
de ses ancêtres POUPINEL à Trouville-sur-Mer dans le Calvados

   Depuis la réception de ces actes en avril 2019, j’ai énormément progressé dans mes recherches du côté paternel. J’ai réussi le 15 août 2019 à remonter jusqu’en 1601 avec la naissance de l’ancêtre le plus vieux que j’ai retrouvé, François SOULARD, né en 1601 dans la commune du Boupère en Vendée (85). Je ne suis pas encore remonté au-delà, les actes de baptême n’étant pas encore rédigés à ce moment-là. Pour ce faire, il faudrait que je me déplace aux Archives départementales de Vendée afin de voir les archives notariales pour éventuellement retrouver des traces de mes ancêtres.

   Depuis, j’ai réussi, suite à une visite aux Archives départementales de l’Eure à Évreux (27), à retrouver mes ancêtres POUPINEL. Je ne pouvais pas les retrouver dans l’Eure car ils viennent du Calvados ! J’ai donc pu facilement remonter jusqu’aux années 1700 sur cette branche-là.

   Désormais, ma généalogie s’étend de la Vendée à la Belgique en passant par les Deux-Sèvres, la Sarthe, la Normandie, le Nord Pas-de-Calais et la région flamande. Je possède désormais 185 individus dans mon arbre avec 53 noms de famille différents.

   Depuis mai 2020, je réalise un livre généalogique afin de présenter à ma famille mes différentes recherches notamment jusqu’à mes AAGP2, génération pour laquelle je possède le plus d’informations. Affaire à suivre donc!

Steven SOULARD https://www.steven-soulard.fr 

1 Arrière grands-parents

2 Arrière arrière grands-parents

dimanche 8 novembre 2020

La quête éperdue d'une mère au cinéma

 

   Même si le titre emprunte au vocabulaire familier et vulgaire, Adieu les cons n’est ni l’un ni l’autre. C’est un film qui aborde la quête éperdue d’une mère pour retrouver son fils de façon intelligente, sensible, pudique, le tout avec une bonne dose de loufoquerie.

  Sont évoqués la maladie grave et irréversible qui ravive la douleur vécue 28 ans plus tôt, la tragédie de l’abandon d’enfant sous la pression familiale, la recherche compliquée auprès de services administratifs sans compassion, l’importance des archives (traitée d’une manière loufoque et désopilante, entre un archiviste aveugle et une recherche aussi effrénée que chaotique !), la pudeur d’une mère dont le bonheur de son enfant compte plus que tout, autant de sujets rencontrés au détour des recherches généalogiques …

   Un rythme trépidant et une « tragédie burlesque », selon les mots d’Albert Dupontel réalisateur/acteur qui « essaie de se faire l’écho du cinéma qui l’a marqué, notamment Charlie Chaplin », pour aborder le drame de l’abandon contraint d’enfant du point de vue de la mère.

   Rappelons que le Conseil national d’accès aux origines personnelles (CNAOP), mis en place en 2002 et actuellement présidé par Mme Huguette Mauss, a pour mission de faciliter l’accès aux origines personnelles (https://www.cnaop.gouv.fr/). Il s’adresse principalement aux personnes pupilles de l’État ou adoptées qui ne connaissent pas leurs origines, aux parents de naissance qui souhaitent demander à lever le secret de leur identité, et aussi aux proches des parents de naissance qui peuvent adresser une déclaration d’identité.



dimanche 25 octobre 2020

Max et Lili évoquent la famille

 

   Tous les parents et grands-parents ont des héros en littérature jeunesse: Max et Lili! Quand une situation se révèle délicate ils font appel à un numéro de cette collection pour pouvoir l'évoquer avec les enfants. La collection existe depuis 1992 et compte actuellement 124 numéros, plusieurs sont consacrés à la famille (voir la liste ci-dessous). Ces petits livres sont destinés aux jeunes lecteurs, les dessins sont attrayants et pleins d'humour, les textes simples, les dialogues directs. Les dernières pages complètent le sujet en facilitant la réflexion des enfants entre eux ou avec des adultes.

Max et Lili, par Dominique Saint Mars et Serge Bloch, éditions Calligram, collection Ainsi va la vie.

4: Lili se dispute avec son frère 5: les parents de Zoé divorcent  9: Lili découvre sa Mamie  19: Grand-père est mort  26: les parents de Max et Lili se disputent  27: Nina a été adoptée  36: Jérémy est maltraité  43: le père de Max et Lili est au chômage  61: le cousin de Max et Lili se drogue  76: Emilie n'aime pas quand sa mère boit trop  82: Max et Lili fêtent Noël en famille  93: Max et Lili veulent éduquer leurs parents  95: le tonton de Max et Lili est en prison  107: Max et Lili trouvent leur cousin angoissé  108: Max et Lili vont chez Papy et Mamie  110: la copine de Lili n'a pas de papa  113: Max en a marre de sa sœur  116: la copine de Lili est en famille d'accueil  121: les parents de Max et Lili sont accros au portable 

mercredi 7 octobre 2020

Une histoire de famille irlandaise

 


   Le théâtre contemporain comme approche de la généalogie... Voici notre nouveau conseil! Quand la pièce est écrite et jouée par Kelly Rivière, il ne faut pas hésiter une seule seconde! 

   Cette actrice nous embarque tambour battant dans sa quête de repères familiaux, à la recherche de Peter O'Farrel, son grand-père irlandais disparu en France bien avant sa naissance. L'histoire est nourrie de ses expériences, ses ressentis, ses déceptions, ses trouvailles et avant tout son humour. Elle campe avec panache une vingtaine de personnages, maniant accents et postures avec talent et sensibilité. On côtoie sa mère rigide, son frère dragueur, une détective de la vieille école, un musicien irlandais édenté, une grand-tante enthousiaste, une increvable nanny en fauteuil roulant et beaucoup d'autres. On s'attache à elle, à ses personnages, à son histoire, et quand on est généalogiste on ressent son besoin de chercher, de trouver et on compatit à ses frustrations. Les mots font mouche et Kelly est solaire.

An Irish Story, de et avec Kelly Rivière, en tournée en France: ne la ratez pas!!

An Irish Story, de Kelly Rivière aux éditions Koinè, 2019

mercredi 30 septembre 2020

La famille pour se libérer

 

   Ce journal est court, il se lit rapidement et est agrémenté de quelques photos de famille, de quoi intéresser les lecteurs adolescents. 

   Une jeune femme mariée et mère d'un garçon s'ennuie terriblement dans l'Italie des années 1960'. Elle essaie de comprendre sa vie, celle des ses parents et grands-parents, elle pose des questions, lit des correspondances retrouvées et décrypte de vieilles photos. Cette démarche lui permet de reprendre sa vie en main.

   Un ouvrage intime sur le poids de la famille sur plusieurs générations.

Antonia, journal 1965-1966, par Gabriella Zalapi, éditions le livre de poche, 2020





mardi 22 septembre 2020

#Genealogix ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 21

   Je m'appelle Cécile, j'ai 25 ans et cela fait une douzaine d'années que je m'intéresse à ma généalogie. Tout a commencé lorsque j'étais ado, lorsque j'ai voulu savoir plus précisément qui étaient les personnes des histoires que me racontait mon grand-père et comment ils étaient mes cousins : j'ai donc interrogé mon grand-père de façon plus précise, et j'ai commencé à noter ce dont il me parlait et à recopier les documents qu'il avait en sa possession.

   C'est comme cela que j'ai copié mon premier arbre généalogique : celui-ci a été dressé par un de mes aïeux au début du vingtième siècle, et remonte jusqu'au début du XVIIIème siècle. L'histoire familiale veut que cet ancêtre ait trouvé un registre paroissial dans un chemin, abandonné après un vol. Avant de le rendre au curé de la paroisse, il aurait fait les premières recherches généalogiques de la famille et tracé cet arbre généalogique qui est toujours affiché chez mes grands-parents.

   Très rapidement, je me suis intéressée à mes autres branches et j'ai interrogé mes autres grands-parents et les grands-oncles et les grands-tantes encore en vie. Certains d'entre eux font aussi de la généalogie, et ont très gentiment partagé leurs recherches avec moi.

   Petit à petit, j'ai continué à construire mon arbre, grâce aux archives qui commençaient à être numérisées et à Geneanet. Une de mes cousines, qui a mon âge, faisait aussi sa généalogie, et nous comparions souvent l'avancée de nos recherches.

   J'ai continué comme ça tout mon collège et mon lycée, et mon arbre a bien grandi. Après le bac, je suis partie en classe prépa, et pendant trois ans j'ai un peu mis la généalogie en pause, même s'il m'arrivait de chercher à identifier les vieilles photos récupérées dans des maisons de famille. Mon arbre grandissait un peu grâce à mes petites sœurs, qui m'aidaient et me demandaient des branches sur lesquelles elles pouvaient travailler. C'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui, l'une d'elle a remonté toute une branche en Provence aux XVIIème et XVIIIème siècles pendant le confinement.

   Même si je ne faisais pas beaucoup de généalogie, je gardais cette idée en tête, et j'ai pensé devenir généalogiste professionnelle : j'ai eu la chance de faire deux stages, qui m'ont permis de découvrir de nouveaux types de sources et de nouvelles méthodes de recherche.

   Après deux ans de master d'histoire, pendant lesquels j'ai repris la généalogie petit à petit, j'ai cherché une formation complémentaire qui me permettrait de travailler dans le monde de la généalogie, en alliant la technologie et l'histoire. J'ai eu la chance de faire un stage chez un éditeur de logiciel de généalogie, ce qui fait que je fais maintenant de la généalogie tous les jours. 


   Mon arbre a bien grandi, il s'est élargi également vers les collatéraux, mais il me reste encore du travail. Depuis l'automne dernier, je me suis mise à écrire sur mes ancêtres, via un blog de généalogie, Jadis et naguère https://jadisetnagueregenealogie.wordpress.com/ . Cela me permet de revoir la vie de mes ancêtres sous un angle particulier qui servira de point de départ à un article, de partager mes recherches avec mes proches, et de transmettre à mon tour les histoires transmises de mes anciens.

   Mes ancêtres viennent de tout le Sud de la France, des Landes et du Pays Basque à la région lyonnaise et au Dauphiné, en passant par l'Aude, les Cévennes et la Provence. Je voyage donc à la fois dans le temps et dans l'espace, et je découvre plein de modes de vie selon les régions, les milieux sociaux et les métiers. C'est une vraie source d'apprentissage, bien plus facile puisqu'il s'agit de personnes qui comptent pour moi et que j'ai l'impression de connaître à force de passer du temps à les chercher au travers des vieux registres et des autres pistes qu'ils m'ont laissées.