jeudi 6 août 2020

Branches étrangères

 
   Les migrations existent depuis toujours, les populations sont en mouvement perpétuel. Ces brassages sont source de fructueux échanges, de diversité et d'apports culturels. Mais parfois ils peuvent se révéler être de véritables casse-têtes pour les généalogistes!
   De nombreux ouvrages évoquent la recherche d'ancêtres issus de l'émigration ou le quotidien de familles d'origine étrangère. Tous les formats sont disponibles (roman, poésie, BD...) et chaque âge peut être concerné. Nous dressons ci-dessous la liste (avec les liens sous les noms) de tous les endroits évoqués dans nos lectures:  ChineMaghrebItalieAlgérieAllemagneAfriqueEspagneColombieEgypteRussieEurope de l'est ou encore le bassin méditerranéen.
   Dépaysement assuré: faites de beaux voyages!

lundi 20 juillet 2020

Faire parler les indices

carte postale de Lourdes adressée par Eugène à son épouse Marguerite en 1940
carte postale adressée par Eugène à son épouse Marguerite en 1940

   L'envie de commencer des recherches généalogiques peut arriver sans crier gare. Il suffit parfois d'une signature, d'une photo, d'initiales, d'un faire-part, d'une lettre, d'une carte de vœuxd'un diplôme, d'un nom sur un monument aux morts, d'une plaque, d'un prix d'école, d'un trophée sportif, d'un tableau, d'un livre... Le déclic se fait, cet élément nous apparaît comme un indice, une piste pour aller plus loin, pour découvrir quelque chose et surtout quelqu'un. Les trouvailles n'atteignent pas toujours les espérances mais les recherches sont passionnantes.
(les liens vers nos articles sont cachés sous les mots...)

lundi 6 juillet 2020

Quelques tuyaux de méthodologie

   Dans plusieurs articles, au fil des années, nous avons expliqué quelques démarches pour commencer puis avancer dans sa généalogie. Pendant ces vacances nous vous en dressons un inventaire rapide (avec les liens sur les mots évidemment):

lundi 29 juin 2020

Enfin la troisième enquête de généalogiste en herbe!

   Décidément nous adorons les enquêtes de généalogie imaginées par Marie-Odile Mergnac! 
   Dans ce troisième tome nous suivons Jade qui doit dresser le portrait généalogique d'un de ses grands-parents pour le présenter devant sa classe. Elle choisit son grand-père martiniquais. En l'interrogeant puis en fouillant les archives en ligne elle découvre qu'elle descend d'esclaves africains.
   Une fois de plus l'auteure nous donne des pistes pour traquer nos ancêtres. Pour cette enquête elle s'intéresse à ceux venus d'ailleurs et insiste sur la diversité des cas à travers les différents élèves de la classe. 
   L'histoire est intéressante, l'écriture est agréable, adaptée au jeune public avec de l'humour et des rebondissements. Le récit, à la première personne du singulier, permet au jeune lecteur de s'identifier à cette jeune généalogiste.
   Lecture idéale pour les vacances prochaines!
Petit rappel: nous avions déjà rédigé des articles sur les deux précédents tomes (suivez les liens: le mystère du poilu  et le secret du soldat allemand)
Mon enquête de généalogie tome 3: nos ancêtres venus d'ailleurs, par Marie-Odile Mergnac, éditions Rageot, 2020

dimanche 14 juin 2020

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 20

A 12 ans, Tony l’avait bien compris : la quête généalogique est interminable et l’œuvre d’une vie…  Alors, mieux vaut commencer tôt ! 

De l’Iliade à l’Odyssée généalogique

   Si un grand nombre de chercheurs d’ancêtres débutent leur généalogie en cherchant à (re)nouer le lien avec leur famille, Tony, quant à lui, est tombé, à 12 ans, dans la marmite généalogique, tout autrement : « Je me suis passionné très tôt pour l’archéologie, la mythologie et l’Antiquité. En lisant l’Iliade et l’Odyssée, j’ai commencé à griffonner les liens de parenté enchevêtrés entre tous ces héros grecs, systématiquement qualifiés de « fils de »… De fil en aiguille, c’est un arbre d’une cinquantaine de pages scotchées entre elles, reconstituant toute la généalogie de l’Olympe, qui s’est retrouvé étalé dans ma chambre ! La plupart des dynasties grecques et romaines de l’Antiquité se disant issues de dieux grecs, je me suis ensuite penché sur leurs familles, puis celles des empereurs romains, et enfin, par extension, je me suis attaqué aux généalogies des familles patriciennes romaines et des familles princières européennes. »

   C’est par hasard que Tony en vient à s’intéresser, à 13 ans, à sa propre généalogie. C’était à Pâques 1998. Alors qu’il séjourne chez ses grands-parents, une cousine de son père, Solange, lui propose de venir avec elle à la mairie du village pour rechercher un acte d’état civil. « Quand j’ai découvert, dans un vulgaire placard de la pièce du fond de la mairie, les épais volumes aux reliures de cuir, quand j’ai senti l’odeur caractéristique du papier séculaire, quand j’ai caressé ces pages à la calligraphie parfaite, j’ai alors réalisé que je pouvais, moi aussi, à ma mesure, endosser les costumes d’historien et de détective. »

La phase de collection d’ancêtres

   C’est le début d’un long pèlerinage à travers le temps et l’espace. Avec Solange, sa cousine / coéquipière / chauffeur, Tony sillonne les routes de campagne, de mairie en mairie, à la recherche de ses ancêtres. Il fait la tournée des cousins en quête de photos de famille et consigne soigneusement les noms de tous ces visages inconnus, énumérés par les Anciens. Fort heureusement, car ils décèdent tous quelques années plus tard… Une autre bonne raison de s’intéresser jeune à sa famille ! Photographies, qui, une fois numérisées, retouchées, détourées, feront l’objet d’un album pour la famille.

   Quelques mois plus tard, Tony s’attaque, avec l’aide de sa mère, à sa branche maternelle beaucoup plus dispersée géographiquement. 4 pays différents, une vingtaine de départements… Une invitation au voyage ! Premières recherches aux archives départementales et des percées sur 10 générations en quelques jours. « Je me souviens qu’il me fallait une dérogation pour entrer en salle de lecture car j’étais trop jeune ! » Premières rencontres physiques ou virtuelles avec des cousins éloignés généalogistes, partageant la même passion. Premiers échanges sur Geneanet et FranceGenWeb… C’est la phase boulimique de « collection d’ancêtres » - plus de 4500 - à partir des registres d’état civil et paroissiaux. Objectif : recenser un maximum de noms avant de leur donner vie à l’aide de fonds plus spécifiques tels que les archives notariales, les provisions d’office et les compoix dont il se passionne. 

A la découverte de ses racines étrangères

   Néanmoins, tout un pan de sa généalogie, plus complexe, est resté en jachère : la branche pieds noirs et ses origines étrangères. A 21 ans, Tony se lance et entame des recherches en Italie et en Espagne et part explorer les terres de ses aïeux. Des recherches délicates, car avant tout intuitu personae, qui ne sont pas sans lui rappeler ses premiers pas généalogiques, à une époque où il vadrouillait de village en village et devait gagner la confiance de son interlocuteur pour accéder à la précieuse armoire aux registres.

   Quelques années plus tard, Tony s’attaque à la dernière branche laissée de côté, sa branche maltaise. Et là, surprise, il se retrouve livré à lui-même, en terre inconnue. Quasiment personne n’a véritablement effectué de recherches généalogiques à Malte : ni les Maltais, ni les Anglais, ni les Français. La méthodologie de recherche dans les archives maltaises, tant sur le papier que sur la toile, était totalement ignorée. Il défriche alors le terrain et, marqué par cette expérience, il se lance, à 31 ans, dans la rédaction d’un guide sur ce sujet inédit: Retrouver ses ancêtres à Malte. « C’est simple, j’ai souhaité, dans ce guide pratique, prodiguer les conseils que j’aurais aimé recevoir quand j’ai débuté. » 

De la collection à la transmission

   Ce n’est pas la première fois qu’il prodigue et publie ses conseils généalogiques. En 2009, à 24 ans, Tony devient rédacteur dans un magazine de généalogie, collaboration qui durera 10 ans, jusqu’à l’arrêt de la revue. « Cela m’a marqué de passer de l’autre côté de la barrière. J’écrivais dans une revue de référence, une des revues que je lisais avidement quelques années plus tôt ! ». « Après plusieurs années consacrées à collectionner les ancêtres, à parcourir tous types de fonds, à collecter toutes sortes d’informations, j’ai ressenti le besoin de passer à l’étape suivante : celle du partage, qu’il se présente sous la forme d’albums photos à usage familial, d’articles dans des revues spécialisées, ou encore d’un guide généalogique. »

Que d’évolutions en 20 ans!

   Tony n’a pas l’intention de s’arrêter là : « On me demande souvent : tu as encore des ancêtres à trouver ? Tu ne t’en lasses pas ? Evidemment non ! La passion n’est-elle pas justement un passe-temps dont on ne se lasse jamais ? La généalogie constitue un champ d’investigations infini et une discipline qui invite à s’intéresser à l’histoire, la géographie, l’informatique, l’onomastique, l’héraldique, la photographie et même la génétique ! Par ailleurs, quand je pense aux révolutions survenues depuis plus de 20 ans, il est impossible de s’ennuyer, il faut en permanence se tenir à la page. J’ai beau avoir 35 ans, j’ai parfois l’impression d’être un dinosaure quand je pense que j’ai débuté mes recherches dans les mairies, sur papier, en consultant des dépouillements minitel et en déposant des listes éclair sur Geneanet. En 20 ans, que d’évolutions ! Les logiciels de généalogie, Internet, Geneanet, les appareils photos numériques, la numérisation des archives, l’indexation massive avec Filae, l’engouement pour les tests ADN… La quête généalogique est interminable et l’œuvre d’une vie… J’ai bien fait de commencer jeune ! »


Tony Neulat, passionné de généalogie depuis plus de 20 ans, rédacteur dans le magazine Votre Généalogie pendant 10 ans est aujourd’hui rédacteur dans la Revue française de généalogie et l’auteur du guide Retrouver ses ancêtres à Malte, Editions Archives & Culture, 2016, 176 p. Pour le contacter : tonyneulat(at)yahoo.fr