samedi 19 janvier 2019

La jeunéalogie québécoise

  
 Nos cousins québécois adorent la généalogie et, comme nous, ont envie de partager cette passion avec les enfants. Ils ont même inventé le joli mot "jeunéalogie" pour illustrer la généalogie avec le jeune public.
  Sur le site de la fédération se trouve un espace jeunesse comportant des activités basées sur l'héraldique, de beaux arbres à télécharger ainsi qu'une très utile boîte à outils.
   Nous savions déjà que la généalogie ne connait pas de frontières… les bonnes idées non plus!

vendredi 11 janvier 2019

#Genealogix ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 13


Pascal HENRY, 12 ans, quand les histoires et les secrets de son grand-père l’amènent à la généalogie
   Je suis né à CHARTRES au siècle dernier et j’ai habité en périphérie de cette belle ville pendant près de 20 ans, tout à côté de chez mon grand-père paternel à qui je rendais visite plusieurs fois par semaine.
   On peut considérer que j’ai commencé la généalogie vers l’âge de 10 – 12 ans ; mais je ne savais pas que ça s’appelait comme ça à l'époque !
   Mon grand-père, ce patriarche (il me fait encore penser aujourd’hui à Jean GABIN dans le film « l’affaire DOMINICI ») était né en 1902. Il était un peu rustre, mais très taquin. Solitaire, il aimait à passer des journées dans son Estafette, véhicule réformé qui lui servait de cabane de jardin. C’est là souvent que je le trouvais en train d’observer ses plantations ; et les animaux qui s’aventuraient dans ses légumes ne faisaient pas de vieux os.

   Il m’arrivait souvent, avec mon carnet d’écolier et mon crayon de bois, de prendre des notes sur les conversations que nous avions ensemble. C’est ainsi que j’appris que sa famille était originaire des Côtes du Nord ; et que son père avait quitté la Bretagne pour venir s’établir en Eure-et-Loir. J’ai découvert aussi qu’il était né dans la maison qu’il habitait depuis avec ma grand-mère qu’il avait connue sur une foire. Il me raconta son métier à la fonderie de Chartres, la guerre, l’exode, le travail à la ferme pour ne pas partir en Allemagne. Sur ces derniers sujets il resta très vague au début et petit à petit sa langue se délia. 
   Sur sa famille, en revanche, il restait très évasif ; j’appris bien plus tard grâce à mon père qu’il avait une sœur décédée à l’âge de 20 ans (lui refusait d’en parler). Personne ne savait que son père avait eu des frères (le savait-il lui-même ?). C’est en dépouillant les recensements de la commune de QUINTIN que je le découvris.
   Des photos, il n’en avait guère ; mais le peu qu’il avait conservé, il me les fit voir ; et il m’aida à identifier les différents personnages.
   Fort des notes prises à la va-vite, je décidais à la fin des années 70 de mettre en musique l’ensemble en crayonnant sur une feuille A4 des cases qui me permettaient d’établir mon premier arbre généalogique paternel patronymique. J’en fis de même avec les renseignements donnés par ma grand-mère paternelle afin d’établir un premier arbre avec 4 générations. 
   Restait à établir le pendant du côté maternel ; mais les choses se compliquent car je me retrouve très vite avec un père inconnu et une histoire de famille dont il ne faut pas parler. Je découvrirais quelques années plus tard qu’il ne s’agit en fait que d’une femme tombée enceinte alors que son mari est prisonnier. Ça y est, j’ai enfin mes 4 générations de chaque côté.
   Afin de confirmer les dires des uns et des autres (puisque je n’ai aucune preuve de ce qui a été avancé jusqu’à maintenant), il me faut obtenir les actes de naissance, mariages et décès de mes aïeux (à commencer par mon propre acte de naissance). C’est l’époque où il faut se déplacer dans les mairies ou bien leur écrire. On ne nous répond pas forcément ou bien on nous retranscrit les actes très partiellement. Tant pis, on remplit les cases et on espère remonter petit à petit. Avant d’aller plus loin, il me faut donc récupérer les actes des Sosa 1 à 15 ; ce que je réussis à faire sans trop de difficultés.
   La généalogie commence à se démocratiser. On a accès au Minitel ; mais ça coûte cher. Tant pis, on continue à remplir ses cases de manière manuscrite ; l’on fait, refait et défait le travail réalisé car cela évolue tellement vite d’autant que je commence à prendre en compte les frères et sœurs de chacun de mes Sosa. Les logiciels de généalogie n’existent pas encore et tout est rédigé sur papier.
   Ce n’est qu’au début des années 90 que je découvre le premier logiciel de généalogie (HEREDIS). Et c’est ce qui va me donner envie de reprendre après quelques années de parenthèse généalogique.
   La démocratisation de l’internet va me permettre d’avancer un peu plus loin dans mes recherches. Malheureusement, je vais trop vite et oublie d’annoter mes sources, récupérer les actes découverts. C’est une erreur à ne pas commettre car il est difficile de reprendre l’ensemble aujourd’hui (ce travail est en cours mais est très énergivore).
   Je suis muté en région parisienne et je découvre un petit club de généalogie dans la commune où j’habite. J’hésite à m’inscrire ; je ne suis pas originaire des Yvelines ! Et c’est un tort car adhérer à une association permet l’échange et les rencontres de tous types. Les idées des uns et des autres pour mettre en valeur le travail réalisé permettent de progresser.
   Ce n’est qu’un an plus tard que je rejoins le CE GE VI en tant qu’adhérent et je découvre que l’un de ses membres (notre trésorier actuel) a des ancêtres dans un village de la Creuse (le même que celui de mon épouse : comme quoi le monde est petit). La structure a besoin d’évoluer ; quelques années plus tard, je suis nommé vice-président de l’association, et le suis toujours aujourd’hui. 
   Je ne peux que mesurer après plus de 40 ans de recherches les progrès réalisés tant au niveau de mes recherches qu’au niveau de l’évolution de ce passe-temps si prenant. Il est nécessaire de transmettre cette passion aux plus jeunes ; c’est pourquoi il me semble utile de trouver toutes sortes d’activités pour inciter nos enfants à plonger dedans tout petit. C’est en ce sens que l’association Les Jeunes et la Généalogie est intervenue auprès du CE GE VI et que les structures de Villepreux et Clayes-sous-bois vont développer en 2019 une activité "la généalogie à l'école".

mercredi 26 décembre 2018

Le facteur, porteur de souvenirs

   Les nouvelles coutumes ne privilégient pas l'écrit à la main. Les vœux sont envoyés via les réseaux sociaux ou sous forme de textos, ils sont désormais rarement manuscrits. 

   Les généalogistes sont les premiers à le regretter car ils recherchent toujours des traces personnelles et les lettres ou les cartes, notamment de vœux, constituent de beaux témoignages à travers l'écriture et le contenu des écrits, sans parler des signatures déjà évoquées dans un autre article.
   Pensez aux généalogistes et futurs généalogistes de votre entourage: écrivez aux membres de votre famille et gardez leur courrier!
   

vendredi 14 décembre 2018

Silhouettes familiales

   Clin d'œil aux généalogistes qui profitent de toutes les occasions pour "parler famille".
   Un mannequin peut revêtir une tenue héritée de grand-mère Marguerite, le médaillon de l'arrière grand-tante Zélie ou le chapeau melon de Papi. Il peut aussi se couvrir de photos d'une même personne ou d'une famille ou d'une branche sur plusieurs générations. Quand on possède des mannequins de plusieurs tailles chacun peut représenter un âge différent et accueillir des photos de plusieurs personnes prises à cet âge afin d'observer les détails vestimentaires des différentes époques ou encore traquer les ressemblances physiques.
   Tout est prétexte à jouer avec sa famille et à intéresser les enfants dans cette démarche.

(merci à la boutique d'antiquités et brocante "Passé Simple" pour cette photo familiale)

mercredi 5 décembre 2018

Une famille délirante

   Adam le jeune narrateur compare son arbre généalogique à un mille-pattes et nous présente certains membres de cette famille.
   Son frère Anthony perd sa tête lors d'un match de football, son oncle Alfred met la Terre en danger parce qu'il fume trop tout comme la tante Iphigénie qui voyage en creusant des galeries souterraines, Mia collectionne les peluches puis les livres, Célia a toujours une mouche-chevalier servant sur le nez, tonton Marco ne dit que des gros mots, son père garde les sons dans ses oreilles et les dents de la grand-mère jouent de la musique quand elle les lave. Adam est fier d'avoir hérité du nez de son arrière-grand-père Edouard et nous donne des nouvelles de Jules, son futur fils…
   26 histoires courtes et illustrées, pleines de poésie, de tendresse et d'humour nous plongent dans l'univers attendrissant d'une famille loufoque.
A lire, à relire et à partager!

Une drôle de famille de Piret Raud, éditions du Rouergue, 2018

samedi 24 novembre 2018

Tradition transmise

  Décidément la famille, les traditions et la transmission sont sources d'inspiration pour les marques. Cette fois on nous présente un papa fan de l'ambiance de la période de Noël. Où qu'il se trouve il se déhanche dès qu'il entend une certaine chanson. Son fils bébé puis petit garçon adore et participe. Devenu adolescent puis jeune homme il subit poliment. Un soir de Noël il appelle son père en dansant sur cette même chanson avec son bébé dans les bras.
   Quoi de mieux qu'une famille liée par une tradition pour émouvoir dans les foyers et faire acheter des téléphones portables?...

samedi 17 novembre 2018

#Genealogix ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 12


Huguette, 14 ans, percer le mystère des légendes familiales

Enfant, Huguette était fascinée par une histoire que l’on racontait dans sa famille paternelle sur un enfant mort tout petit : le bébé aurait été maintenu au chaud dans une boîte à chaussures près de la cheminée !

Elle était également intriguée par ce que répétait tout le temps sa Maman : elle n’avait pas de chance parce qu’elle n’avait pas de famille ! Sa Maman lui expliqua que ses grands-parents étaient enfants uniques et que par conséquent elle n’avait pas de cousins et donc pas de famille.

Entre ce bébé mystérieux et l’absence de famille du côté maternel, Huguette à l’âge de 14 ans a envie de vérifier tout cela. Elle pousse la porte de la mairie. On l’installe dans un cagibi plein de poussière et de crottes de souris. On lui met entre les mains des livres (les registres d’état civil).

Elle commence à les feuilleter et y trouve des « Breton » à toutes les pages !  C’est un nom de famille répandu dans son village.

Désemparée, sans savoir par où commencer, Huguette a bien du mal à pousser plus loin son investigation. Les découvertes qu’elle fait sont liées à des ancêtres bien trop lointains, elle ne parvient pas à faire le lien avec sa famille contemporaine.

Cette quête, elle la reprendra plus tard, lors de sa grossesse. L’arrivée d’un 2e enfant, le fait qu’elle vienne de perdre un ami mort trop jeune, autant de motifs qui la motivent à reprendre le chemin des mairies.

Enceinte puis entre deux tétées, Huguette feuillette les registres…

Autodidacte, elle manque de méthode. Aussi quand l’association Patrimoine et Généalogie se crée à Mazé, elle y adhère aussitôt. Un accompagnement, de la méthodologie et la découverte d’outils comme la numérotation Sosa lui donnent les clefs pour remonter dans le temps de façon efficace.

Elle creuse alors les mystères qui la titillent depuis si longtemps.

Elle s’attaque tout d’abord à la question suivante : ses grands-parents sont-ils enfants uniques ?

Oui, c’est bien le cas de sa grand-mère qui est la seule enfant.

En revanche, quelle surprise de découvrir que son grand-père maternel a 3 frères et sœurs, nés du mariage de ses parents et qu’il en a 4 autres nés du second mariage de son père.

Pourquoi n’en a-t-il jamais parlé à sa fille ? Pourquoi a-t-il coupé les ponts avec eux ? Mystère.

Huguette découvre que l’un des frères de son grand-père était mort jeune ; elle est en contact avec les descendants de l’une de ses sœurs. En ce qui concerne le second mariage, les recherches sont plus compliquées et n’ont abouti pour le moment qu’à une liste de noms...

Elle cherche aussi à découvrir qui était ce bébé que l’on réchauffait près de la cheminée. Huguette a beau éplucher les registres des naissances, elle n’en trouve pas trace. Jusqu’au jour où elle trouve le décès d’un anonyme Breton. Cet enfant sans prénom est mort-né. La famille de son père avait voulu cacher ce secret « honteux » d’un enfant mort-né en transformant l’histoire…

Aujourd’hui, Huguette continue à faire de la généalogie, elle a avancé dans la résolution de ces deux mystères mais cela l’a amené à se poser de nombreuses autres questions. A commencer par celle-ci : pourquoi son grand-père a-t-il laissé penser qu’il était fils unique ?

(illustrations: collection particulière Huguette Linde)