Du
« collectionneur » d’ancêtres au « vrai »
généalogiste amateur
Tout
commence par une simple idée dans un coin de sa tête : faire
son arbre généalogique. On est fin décembre 2016, Quentin a 13 ans
½, ce sont les vacances scolaires, il a du temps … et il se
lance !
Quelques
jours après, Quentin apprend qu’une arrière-grand-mère, qui
habitat dans la région de Caltanissetta en Sicile, est décédée.
Comme souvent, ce décès ravive des souvenirs, occasionne
discussions et retours en arrière. C’est ainsi qu’au cours d’un
repas, le grand-père paternel de Quentin reconstitue en direct toute
sa propre banche familiale.
Un
an et demi plus tard, Quentin, sa sœur et ses grands-parents
paternels entreprennent un voyage en Sicile, un voyage à la fois
touristique et familial. Quentin découvre la maison familiale, les
cimetières avec les photos des défunts sur les tombes, mais aussi
le coût élevé des actes d’état civil facturés par la
mairie (25 €, ce qui refroidit momentanément les ardeurs du
jeune généalogiste …). Quentin l’affirme : découvrir la
terre de ses ancêtres, ça rapproche incontestablement de ses
origines !
Quelques
années après, il se lance dans des recherches approfondies sur
https://antenati.cultura.gov.it
, le grand site italien incontournable qu’il découvre.
Quentin
n’en oublie pas pour autant sa famille maternelle : dès
février 2017, sa grand-mère maternelle l’accompagne aux Archives
communales de Vienne (38). Elle est ravie que son petit-fils
s’intéresse à l’histoire familiale ! Elle est aussi en
contact avec plusieurs de ses cousines intéressées par le sujet.
Aussitôt,
Quentin se sent interpellé par l’arbre généalogique de sa
grand-mère et il décide de l’enrichir. Il continue là où elle
s’est arrêtée. Au fur et à mesure, Quentin en vient à organiser
des rencontres avec des cousins et à visiter la maison de ses
ancêtres à Saint-Genis-Laval (69) pourtant vendue depuis plus de 70
ans ! C’est devenu une chambre d’hôtes. Comme le courant
passe très bien avec les propriétaires actuels, il leur transmet de
nombreux documents concernant la maison. Quentin en est sûr :
la généalogie permet vraiment de faire de belles rencontres !
Quentin
poursuit les recherches sur la famille de sa grand-mère maternelle
et découvre une branche originaire de Lorraine, issue de la noblesse
locale, occupant des postes élevés dans l’administration. Elle
vient de Toul (54) et s’est installée à Lyon (69) dans les années
1860. Dans cette branche, des ancêtres font de la généalogie
depuis le milieu du XIXème siècle et on garde des
tableaux généalogiques écrits à la plume, puis scotchés, et
truffés de précieuses anecdotes. Quentin ne résiste pas au plaisir
de nous raconter l’une d’elles. Son lointain ancêtre milanais,
entrepreneur de travaux publics, est venu se fixer à Toul au milieu
du XVIIIème siècle. Il rencontre sa future épouse lors
d’une grande fête organisée à Nancy (54) par le Duc de Lorraine
et de Bar, Stanislas Leszczynski, pour le rétablissement de Louis
XV. Or, cette jeune femme aurait été repérée pour sa beauté pour
devenir l’une de ses favorites, ce qu’elle aurait refusé …
 |
| Marie Goult épouse de François Sganzini |
Les
anecdotes, c’est ce qui est le plus prenant, le plus émouvant, en
généalogie. Pour Quentin, c’est même le meilleur moyen d’y
intéresser les jeunes et de s’apercevoir que l’on peut tisser
beaucoup de liens entre la petite et la grande Histoire !
Avec
le recul, du haut de ses 23 ans, Quentin considère qu’il a
commencé par être un « collectionneur » d’ancêtres.
Il voulait savoir d’où il venait, qui étaient ses ancêtres, mais
ne vérifiait pas les informations. Ensuite, il a tout repris, il a
refait les recherches pour les sourcer. Le voilà désormais
arrivé au plus haut dans les années 1550 grâce aux premiers
registres paroissiaux.
Il
y a quelques années, un cousin de sa grand-mère, sensible au vif
intérêt que montre Quentin pour les recherches généalogiques, lui
a légué toutes les siennes commencées en 1962. Honoré par ce
legs, Quentin entreprend de reprendre tous ces « papiers »
manuscrits, de les classer et de les enrichir.