mercredi 15 juillet 2026

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 65, partie 2

 La généalogie à l'heure des réseaux sociaux

On retrouve Pierre-Yves, généalogiste amateur devenu expert des recherches sur Internet et via les réseaux sociaux pour reconstituer la généalogie de ses ancêtres.

Retrouver des arbres généalogiques déjà faits, c'est facile avec Geneanet. Retrouver des ascendants aussi. Mais les descendants ? Certains ne répondent pas, d'autres sont décédés...

Heureusement, Pierre-Yves a une trousse à outils bien garnie !

On peut commencer par l'incontournable Facebook pour une recherche par nom : on trouve vite des personnes du même nom et on correspond avec des contemporains qui sont eux aussi descendants de... Certaines personnes répondent, d'autres non (pas grave vu le nombre gigantesque d'inscrits !), on se fait des « amis ». Pierre-Yves a ainsi reçu des photos de personnes de son arbre. Plus le nom est rare, plus la probabilité que ces personnes aient un lien avec la famille recherchée est grande.

Sur Facebook, Pierre-Yves recommande de passer par les commentaires plutôt que par Messenger : les messages envoyés à des inconnus atterrissent dans les demandes de messages, sans notification, et sont très rarement lus. En commentant une publication, en revanche, l'auteur reçoit une notification et a toutes les chances de vous remarquer.

Autre réseau qui a bien marché pour retrouver des descendants : LinkedIn. On n'y pense pas d'emblée parce que c'est un réseau professionnel et qu'il y a moins d'inscrits que sur Facebook. Point positif : quand on contacte quelqu'un par message privé, il reçoit à la fois une notification et un email, ce qui augmente nettement les chances qu'il le voie et y réponde. Pierre-Yves a ainsi reçu de nombreuses réponses, et si des gens ne s'intéressent pas eux-mêmes à la généalogie, ils connaissent souvent quelqu'un qui s'y intéresse et qui pourra fournir des renseignements.

Les pages jaunes, sous une appellation un peu désuète, peuvent aussi apporter des pistes. Pierre-Yves se dit réservé de nature, mais il appelle désormais des inconnus très aisément. Et pourquoi pas une recherche par nom directement sur Google ? Pour les noms rares, ça marche !

À l'heure des réseaux sociaux, la recherche des descendants passe par la multiplication des sources et des tentatives dans toutes les directions. Geneanet l'a bien compris en introduisant la fonction « cousinages ». Pierre-Yves a ainsi retrouvé une arrière-arrière-petite-cousine de son âge: ils ont sympathisé et échangent beaucoup. Avec les réseaux, se créent de nouveaux liens avec des contemporains, y compris des cousins éloignés.

Pierre-Yves et sa petite-cousine Charlotte, réunis grâce à la généalogie

Quand on lui demande s'il a des conseils pour les plus jeunes, Pierre-Yves n'hésite pas :

  • poser des questions à ses grands-parents ou arrière-grands-parents, et les enregistrer pour conserver les voix, les anecdotes, les histoires ;

  • avoir confiance en soi : il n'y a pas vraiment de prérequis en généalogie, on peut tout faire ;

  • être persévérant, ne rien lâcher ;

  • être optimiste.

Pour Pierre-Yves, la recherche généalogique est fondatrice. C'est important de savoir d'où l'on vient, ce qui nous a forgés, ce dont on a hérité. Ce sont nos racines.

On peut retrouver Pierre-Yves sur NostraGenus, un réseau social de généalogie collaborative qu'il a créé : https://nostragenus.com

mercredi 8 juillet 2026

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 65, partie 1

 Le témoignage de Pierre-Yves se compose de deux parties, la seconde à paraître dans une semaine.

Option « Humanités digitales »

  C'est en 2014, à partir de ses 12 ans, que Pierre-Yves commence à s'intéresser à l'histoire de sa famille, lui qui s'était jusque-là passionné pour l'Histoire avec un grand H. Il pose des questions, dresse un premier arbre sur trois générations, et demande que soit consulté un généalogiste professionnel. Jeune adolescent, il ne se croit pas vraiment capable de mener des recherches approfondies... la suite lui prouvera le contraire.

  En 2015, il crée un compte sur Geneanet et comprend rapidement qu'il ne suffit pas de recopier les arbres existants : il faut sourcer, trouver les actes d'origine. Il apprend en autodidacte, sur le tas, et il sourit aujourd'hui en se rappelant qu'il ignorait alors l'existence des tables décennales.

Devenu majeur, il se lance dans la recherche de deux ancêtres entourés de mystère.

  Du côté de sa grand-mère paternelle, adoptée et née de parents inconnus, il ne dispose au départ que d'un seul nom : Jeanne M., la mère de sa grand-mère. Une recherche dans le fichier des décès de l'INSEE, puis des contacts sur les réseaux sociaux lui permettent de retrouver des descendants, d'obtenir des photos et de reconstituer une partie de la lignée. Les registres sont en polonais, qu'à cela ne tienne : Pierre-Yves repère la structure des actes et remonte jusqu'à ses arrière-arrière-arrière-grands-parents.

  Du côté de son arrière-grand-père paternel, le personnage est trouble, volontairement passé sous silence dans la famille. Raymond D., amateur d'espéranto, grand voyageur, pionnier du camping en Afrique du Nord dans les années 1920, traîne une réputation sulfureuse. Comment reconstituer sa vie ?

  Le baccalauréat en poche, Pierre-Yves intègre l'EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne) en Physique. Cette formation scientifique lui apporte une méthode de travail fondée sur la vérification des sources, le recoupement des informations et l'analyse rigoureuse des données, qu'il applique également à ses recherches généalogiques. Il choisit une option « Humanités digitales », qui lui ouvre les portes de la presse ancienne numérisée, de la recherche par occurrence de mots, de la reconstitution virtuelle de villes à partir de cadastres et de recensements anciens. Pour son exposé de fin d'option, le choix du sujet s'impose alors de lui-même.

Gallica, Retronews, les archives en ligne : les sources fourmillent. Il reconstitue le procès qui a opposé son arrière-grand-père au député-maire de Bayonne pour interdiction de caravaning sur la voie publique, une affaire portée jusqu'au Conseil d'État, perdue, mais dont l'arrêt a fait jurisprudence. Au début de la Seconde Guerre mondiale, bilingue français-allemand, Raymond D. est employé dans un dépôt allemand pour l'achat de métaux. Le gouvernement de Vichy ouvre une enquête pour soupçon d'enrichissement personnel. À la Libération, il est dénoncé, arrêté, jugé, et condamné à 10 ans de travaux forcés et à l'indignité nationale. Incarcéré à Fresnes puis Fontevraud, il meurt à l'hôpital de Nanterre en 1951. Pierre-Yves a consulté le jugement en présentiel aux Archives départementales. C'est sur la vie de Raymond D. que porte son exposé de fin d'option, pour lequel il obtient 20/20.


lundi 15 juin 2026

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 64

 Cap à l’West toute !

6 et 7 juin 2026, Lorient, Salon de la Généalogie pour tous, 40ème anniversaire du CGSBM (Cercle Généalogique Sud Bretagne Morbihan) … nous rencontrons - sur le stand pile en face du nôtre - une jeune et sympathique généalogiste : Pauline, qui s’est lancée à 26 ans seulement en tant que généalogiste professionnelle et auto-entrepreneuse, et dont la passion pour la généalogie est arrivée dès l’enfance.

Pour Pauline, tout a commencé à l’âge de 9 ans par un cours de calligraphie en CE2 qui l’a passionnée. Quand elle revient de l’école, elle retrouve sa grand-mère maternelle et aussi la cousine de celle-ci. Toutes deux parlent beaucoup de la famille. Pauline écoute les anecdotes, s’imprègne de tout ce qu’elle entend. C’est cette même cousine qui l’emmène ensuite en mairie les mercredis pour lire des actes, des écritures, des registres écrits à la plume. À elles deux, elles réunissent les actes des ancêtres de Pauline sur six générations en une année.

Depuis ses débuts en généalogie, Pauline mène seule ses recherches de façon classique. Elle apprécie tout particulièrement de rechercher et de compléter les cases de son arbre, mais n’aime pas trop la saisie des informations. L’un des documents impressionnants que Pauline a retrouvé est un article de presse de 1938 où l’on voit une photo de son arrière-grand-père sur son lit de mort. Il est arrivé qu’elle « bute » sur des enfants naturels. C’est toujours le plus difficile. Quand on n’arrive pas à remonter, c’est frustrant de rester sans savoir.

Depuis qu’elle est devenue généalogiste professionnelle, elle s’est plus occupé de l’histoire des familles de ses clients que de la sienne. Cependant, elle est remontée jusqu’à la huitième génération du côté de sa grand-mère paternelle !

Au fond, pour Pauline, calligraphie, écritures anciennes à la plume, histoire des ancêtres, anecdotes familiales, culture bretonne, récits sur les monuments locaux du centre Bretagne se conjuguent et forment les différentes pièces d’un puzzle qui l’ont conduite à faire des études d’histoire, de droit, de paléographie française ancienne et bretonne, à obtenir une licence professionnelle de l’Université de Corte (spécialité « généalogie successorale ») et à s’installer en tant que généalogiste professionnelle.

La généalogie a vraiment été fondatrice pour elle et sa famille. Sa famille connaît sa passion, mais le fait d’en faire un métier, assez méconnu, interroge forcément, selon Pauline.

À la question de savoir si la généalogie pourrait avoir une place dans les programmes scolaires, Pauline répond par l’affirmative sans hésiter !

On peut retrouver Pauline sur son site : https://www.geneawest.bzh

lundi 8 juin 2026

Les écrits d'un grand-père

 

Cet album est particulier dans sa forme: du texte, des dessins, des reproductions dessinées de documents. L'auteur entre en possession, après des décès successifs et des années d'attente, des deux boîtes emplies de la vie de son grand-père Léon. Il ouvre les boîtes, lit, découvre, décortique et part en quête de réponses. Il partage avec le lecteur son parcours de recherches. Il illustre tout, d'un dessin brun et bleu plein de douceur. On découvre la vie du marin Léon et tous ses rebondissements étonnants pendant la Deuxième Guerre mondiale. 

Un album personnel, familial et touchant.

Léon, les écrits retrouvés de Pépé, de Frédéric Bihel, éditions Futuropolis, avril 2026

mardi 26 mai 2026

Appel à l'entraide pour nos jeunes généalogistes

 Vous savez que notre association co-organise le forum Géné@2026 en novembre 2026

Le club généalogie du collège de Soultz est invité à y participer afin que les élèves partagent avec tous les visiteurs leur expérience, leur enthousiasme et leur jeunesse.

Si vous suivez nos publications vous les connaissez, ils sont le sujet pluriel de l'épisode 62 de #Genea, Eline seule dans l'épisode 52 ainsi que Charline dans l'épisode 48.

Nos jeunes et talentueux généalogistes doivent se déplacer de l'Alsace à l'Ile de France. Ils ont sollicité et obtenu différentes aides financières dont celle de la Fédération française de généalogie et de notre association. 

Afin de pouvoir diminuer encore la participation de chaque famille une cagnotte est lancée sur la plateforme de financement participatif de l’Éducation nationale. Son lien est ICI!

Nous vous remercions de tout cœur de votre participation éventuelle et de votre présence au forum pour tous les découvrir. 

dimanche 17 mai 2026

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 63, partie 2

 Objectif depuis la fin du collège : devenir généalogiste professionnel !

Très vite, dès la classe de 4ème, la généalogie devient une vraie passion pour Quentin. Dès que ses devoirs sont terminés, il fait des recherches !

Et son stage de 3ème ? Aux Archives municipales de Vienne (38) évidemment ! Comme il y était déjà allé plusieurs fois, l’obtention du stage fut plus facile. Et le stage se révèle très enrichissant.

C’est ainsi que dès la fin du collège, Quentin sait quel métier il veut faire plus tard : généalogiste professionnel, plus précisément généalogiste successoral. Son bac en poche, il étudie le droit de la famille pendant 3 ans en alternance chez des notaires et il est alors en contact régulier avec des généalogistes successoraux. Là, il comprend qu’il ne veut pas travailler dans le domaine juridique, que cela ne lui correspond pas.

Il se tourne alors vers le métier de généalogiste familial, un métier beaucoup moins connu selon lui. Il s’inscrit à l’Université de Nîmes, se passionne pour les études et passe le diplôme en 2026. Entre temps, comme il reçoit des demandes de recherches, il devient généalogiste professionnel dès mai 2025, à seulement 22 ans !

Ce que Quentin apprécie le plus dans la généalogie, ce sont les émotions qu’elle procure. Il confie : « quand je trouve enfin un document après de longues heures de recherches, je jubile de joie devant mon écran ou le registre papier. »

De plus, pour lui, la généalogie est très formatrice. Et puis, Quentin aime partager ses découvertes, il aime en parler, et il y a la chance d’avoir plusieurs interlocuteurs réceptifs.

Avec sa déjà longue expérience généalogique familiale et professionnelle, Quentin conseille à des enfants/des jeunes qui s’intéressent à la généalogie de :

- poser des questions à leur entourage

- aller à leur propre rythme (ce n’est pas un concours)

- revenir sur des recherches déjà faites, si besoin, pour les vérifier et les enrichir

- regarder des photos avec leurs proches, ce sera un excellent moyen d’amorcer le dialogue entre générations !

On peut retrouver Quentin sur son site : https://normandgenealogiste.fr


dimanche 10 mai 2026

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 63, partie 1

 Du « collectionneur » d’ancêtres au « vrai » généalogiste amateur

Tout commence par une simple idée dans un coin de sa tête : faire son arbre généalogique. On est fin décembre 2016, Quentin a 13 ans ½, ce sont les vacances scolaires, il a du temps … et il se lance !

Quelques jours après, Quentin apprend qu’une arrière-grand-mère, qui habitat dans la région de Caltanissetta en Sicile, est décédée. Comme souvent, ce décès ravive des souvenirs, occasionne discussions et retours en arrière. C’est ainsi qu’au cours d’un repas, le grand-père paternel de Quentin reconstitue en direct toute sa propre banche familiale.

Un an et demi plus tard, Quentin, sa sœur et ses grands-parents paternels entreprennent un voyage en Sicile, un voyage à la fois touristique et familial. Quentin découvre la maison familiale, les cimetières avec les photos des défunts sur les tombes, mais aussi le coût élevé des actes d’état civil facturés par la mairie (25 €, ce qui refroidit momentanément les ardeurs du jeune généalogiste …). Quentin l’affirme : découvrir la terre de ses ancêtres, ça rapproche incontestablement de ses origines !

Quelques années après, il se lance dans des recherches approfondies sur https://antenati.cultura.gov.it , le grand site italien incontournable qu’il découvre.

Quentin n’en oublie pas pour autant sa famille maternelle : dès février 2017, sa grand-mère maternelle l’accompagne aux Archives communales de Vienne (38). Elle est ravie que son petit-fils s’intéresse à l’histoire familiale ! Elle est aussi en contact avec plusieurs de ses cousines intéressées par le sujet.

Aussitôt, Quentin se sent interpellé par l’arbre généalogique de sa grand-mère et il décide de l’enrichir. Il continue là où elle s’est arrêtée. Au fur et à mesure, Quentin en vient à organiser des rencontres avec des cousins et à visiter la maison de ses ancêtres à Saint-Genis-Laval (69) pourtant vendue depuis plus de 70 ans ! C’est devenu une chambre d’hôtes. Comme le courant passe très bien avec les propriétaires actuels, il leur transmet de nombreux documents concernant la maison. Quentin en est sûr : la généalogie permet vraiment de faire de belles rencontres !

Quentin poursuit les recherches sur la famille de sa grand-mère maternelle et découvre une branche originaire de Lorraine, issue de la noblesse locale, occupant des postes élevés dans l’administration. Elle vient de Toul (54) et s’est installée à Lyon (69) dans les années 1860. Dans cette branche, des ancêtres font de la généalogie depuis le milieu du XIXème siècle et on garde des tableaux généalogiques écrits à la plume, puis scotchés, et truffés de précieuses anecdotes. Quentin ne résiste pas au plaisir de nous raconter l’une d’elles. Son lointain ancêtre milanais, entrepreneur de travaux publics, est venu se fixer à Toul au milieu du XVIIIème siècle. Il rencontre sa future épouse lors d’une grande fête organisée à Nancy (54) par le Duc de Lorraine et de Bar, Stanislas Leszczynski, pour le rétablissement de Louis XV. Or, cette jeune femme aurait été repérée pour sa beauté pour devenir l’une de ses favorites, ce qu’elle aurait refusé …

Marie Goult épouse de François Sganzini
Les anecdotes, c’est ce qui est le plus prenant, le plus émouvant, en généalogie. Pour Quentin, c’est même le meilleur moyen d’y intéresser les jeunes et de s’apercevoir que l’on peut tisser beaucoup de liens entre la petite et la grande Histoire !

Avec le recul, du haut de ses 23 ans, Quentin considère qu’il a commencé par être un « collectionneur » d’ancêtres. Il voulait savoir d’où il venait, qui étaient ses ancêtres, mais ne vérifiait pas les informations. Ensuite, il a tout repris, il a refait les recherches pour les sourcer. Le voilà désormais arrivé au plus haut dans les années 1550 grâce aux premiers registres paroissiaux.

Il y a quelques années, un cousin de sa grand-mère, sensible au vif intérêt que montre Quentin pour les recherches généalogiques, lui a légué toutes les siennes commencées en 1962. Honoré par ce legs, Quentin entreprend de reprendre tous ces « papiers » manuscrits, de les classer et de les enrichir.