- Mamy, il y a dans ton placard à « Souvenirs » une grande boîte de cartes postales de tous les coins de France et même de l’étranger. À quoi cela peut-il servir ?
- Oh ! Ma chérie, c’est précieux ! Ce sont des cartes postales que ton arrière arrière arrière grand-père, Célestin ESPANET (1881 – 1969) a conservées et classées par pays et par départements durant de nombreuses années. Et, j’en ai moi-même rajouté ! J’en achetais à l’occasion de mes déplacements.
- Tu me dis qu’elles sont précieuses: pourquoi ?
- Eh oui, elles ont toutes un intérêt commun, elles nous permettent de connaître : la géographie puisqu’elles représentent toutes un lieu bien défini sur la planète, l’histoire familiale, lorsqu’elles nous sont adressées par des parents ou amis et l'Histoire en général.
Elles nous permettent aussi de nous mouvoir dans le temps car elles sont toutes de différentes années, donc de différentes époques.
- Comment peut-on apprendre tout cela en regardant une photographie ?
- D’abord, par l’aspect de la carte ! Les plus anciennes sont beige/bistre et marron ou bien noires et blanches. Un peu plus tard, la couleur apparaît. Puis, elles sont d’un format un peu plus grand et deviennent brillantes.
Parfois, il y a des personnages et là c’est très intéressant : si aucune date n’est portée sur la carte, les tenues vestimentaires des personnages t’indiquent l’époque où a été prise cette photo.
- Mamy, cette carte que j’ai dans les mains, elle est toute claire, un peu bistre, comme tu dis. C’est le porche d’une église, et, sur les escaliers, il y a des femmes et un homme et aussi des enfants, filles et garçons. Les femmes portent des jupes longues et les petits garçons ont tous un drôle de chapeau sur la tête. Il y a écrit « Aubagne – La paroisse » et en bas « Imp. Provençale – Marseille ».- Tourne la carte et lis ce que tu peux au verso.
- Il y a deux tampons, l’un est effacé, mais l’autre ? il y a des chiffres …
- Oui, très bien ! Ce sont des tampons de la poste. Cette carte, vois-tu, a été expédiée d’Aubagne, Bouches-du-Rhône, le 19.7.24 (19 juillet 1924). Elle est adressée à un Monsieur René Taissèdre à Allanches, Cantal. C’est une carte que j’ai achetée à Paris dans une brocante. L’expéditeur comme le destinataire sont des inconnus pour nous.
- Il y a plus d’un siècle que cette carte a été écrite alors ? Crois-tu qu’on pourrait retrouver des descendants de ce monsieur ? Ce serait rigolo !
- Mais bien sûr, ce sera possible car les Archives du Cantal sont en ligne jusqu’en 1930.
Et puis, vois-tu, Allanche est le bourg où ta cousine Laura vient de s’installer avec son compagnon Léo et où ils travaillent tous les deux. Nous aurons l’occasion d’y aller et nous pourrons voir comment retrouver cette famille. Le monde est petit : Allanche et Aubagne sont éloignées de 450 km et nous voilà à présent très proches !
Tu vois, Camille, ce qu’une petite carte postale écrite il y a 101 ans et oubliée au fond d’un placard peut nous faire découvrir.
Je termine en citant une pensée de Stéphane Bern que j’ai entendue ce matin sur Ici Provence : « C’est en creusant dans le passé que l’on construit le présent ».
Eliane pour les J&G


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