jeudi 18 décembre 2025

Humour généalogique

 Décembre, les jours sont courts, besoin de détente ou de légèreté dans « ce monde de brutes » ?

C’est le moment idéal de redécouvrir Brigitte (alias Florence Foresti) férue de généralogie ! Dans ce sketch hilarant, Brigitte raconte ses découvertes toutes plus farfelues les unes que les autres en remontant à l’époque de ses ancêtres gaulois.

Autre piste : la chaîne YouTube Généalogie Archives et Culture, une chaîne d’informations sympas et ludiques sur la généalogie et les méthodes de recherches avec Mathilde Morin comme présentatrice.




Ou encore : L’expérience de la vie, le spectacle d’Anne Roumanoff [actuellement en tournée dans toute la France et à Paris], dans lequel elle revisite la psycho-généalogie de façon irrésistible ! Pourquoi a-t-elle peur des feux d’artifice depuis toute petite ?!

jeudi 4 décembre 2025

Traumatisme familial

    Un roman graphique original dans sa conception et son graphisme. 

L'auteur américain, Ari Richter, part à la recherche de l'histoire de ses ascendants juifs allemands. L'antisémitisme ambiant lui saute à la gorge un jour et il décide de faire des recherches généalogiques sur sa famille. Beaucoup sont morts en camp de concentration, d'autres y ont échappé grâce à un exil providentiel. Il fait parler certains, décrypte des archives et surtout ressent la nécessité de tout dessiner pour mieux appréhender les histoires de chacun. Son travail dure cinq ans et le conduit physiquement sur les traces familiales. Il va en Allemagne et en Pologne pour visiter Auschwitz, épreuve qu'il détesta.

 Il s'interroge sur le traumatisme des générations ayant subi pogroms ou Shoah et celui des suivantes. Le récit est personnel et tellement universel!

Plus jamais je ne visiterai Auschwitz, de Ari Richter, Editions Delcourt, octobre 2025

samedi 29 novembre 2025

Z comme zingueur

 Camille s’installe près de Mamy, devant la tablette familiale. Aujourd’hui, c’est le dernier jour du challenge AZ, et la lettre Z leur pose un vrai casse-tête…

« Dis, Mamy, aujourd’hui, c’est le dernier jour du challenge AZ 2025 !
- Oui, ma chérie… Une lettre qui fait souvent grincer des dents aux généablogueurs. Z comme… Zzzzz ? »
Mamy mime un ronflement en riant.
- Je ne connais presque aucun mot qui commence par Z. Et toi ?
- Attends, je vérifie ! »

Mamy tape rapidement sur sa tablette et ouvre Geneanet.

« Oh ! Regarde, Camille : il y a presque autant de noms de famille en Z qu’en A ! Mais tu as raison, les mots communs en Z, c’est une autre histoire… »

À la recherche d’un mot en Z

Camille bondit vers le bureau de ses grands-parents et revient, un vieux dictionnaire à la main, aussi épais que large.
« J’ai une idée ! Je cherche un mot en Z ! »
Elle feuillette les pages avec enthousiasme.
- Parfait ! Si c’est un métier, on pourra même chercher qui l’exerçait avant !
- Zingueur ! Elle s’arrête net, surprise.
- C’est quoi, ça ? »

Mamy ajuste ses lunettes et lit la définition à haute voix :
« Zingueur : ouvrier spécialisé dans les travaux de couverture en zinc.
- Un métier sans féminin officiel, apparemment… Pourtant, aujourd’hui, il doit bien y avoir des zingueuses ! Mamy cligne de l’œil.
- On n’en sait pas assez. Et si on cherchait des infos sur ce métier avant de trouver un ancêtre qui l’a fait ? »

Le mystère des toits parisiens

« Bonne idée ! On commence par Wikipédia ? » Camille hoche la tête, déjà les doigts sur la tablette.

Quelques minutes plus tard, les voilà incollables :

  • Les couvreurs-zingueurs posent des gouttières, rendent les toits étanches… Et surtout, ils ont recouvert Paris de zinc au XIXe siècle !

  • Grâce à eux, les immeubles haussmanniens brillent sous la pluie.

  • Leur savoir-faire est même classé au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2024.

« Waouh !
- Mais comment on trouve un zingueur de l’époque ?

- Par les recensements ! »

Mamy ouvre le site des Archives de Paris.
« Oh non…
Elle soupire.
- Les listes nominatives ne commencent qu’en 1926. Trop tard pour Napoléon III ! »

L’IA à la rescousse !

« Et si on demandait de l’aide à l’intelligence artificielle ? » propose Camille, malicieuse.

Mamy ouvre l’assistant IA de Mistral et tape : « Je cherche un zingueur parisien du XIXe siècle. Peux-tu trouver un de ces professionnels dans les archives ? »

Bingo ! L’IA leur montre une gravure : « Vue des ateliers de M. Michelet, fabricant d’ornements en zinc ». Elles découvrent que les zingueurs travaillaient main dans la main avec les ornemanistes, des artisans qui décoraient les toits avec des motifs en zinc.

Vue des ateliers de M Michelet - Fabrique d'ornements en zinc, Musée Carnavalet Paris, n° G.35466

« Regarde, Camille !
- M. Michelet avait deux adresses à Paris : au 312 quai de Jemmapes et au 37 rue de Lyon. Et même une maison de campagne aux Mureaux !
- Il s’appelait Henri-Félix, il venait de Rouen, et sa femme s’appelait Eugénie Robino… »
Mamy s’emballe.

« Annuaire des notables commerçants de la ville de Paris », Paris, J. Techener, 1861.

« STOP, MAMY !
- Tu vas finir par nous rendre zozos ! 
»

La généalogie, c’est comme une chasse au trésor !

« Tu as raison, ma puce.
Mamy referme la tablette.
- Aujourd’hui, on a appris que :

  1. Les mots en Z sont rares, mais pas les noms de famille !

  2. Les zingueurs ont façonné Paris… Et leur métier est un trésor du patrimoine.

  3. Même sans recensements, on peut trouver des pistes avec des gravures, des annuaires, ou l’IA. »

« Et surtout…
- … Qu’il faut savoir s’arrêter avant de devenir zozo !
»

« Exactement ! Alors, prête pour le prochain challenge ? »

Laurence pour les J&G

vendredi 28 novembre 2025

Y comme Y ou I?

  • Mamy ! regarde, j’ai ma première carte d’identité ! Tu me montres la tienne ?

  • Bonjour Camille ! À mon âge, tu sais, j’en ai eu plusieurs.

Mamy part chercher une boîte et revient.

Voilà ma première carte d’identité quand j’étais enfant. Et aussi mon premier passeport quand j’avais 20 ans.

  • Mamy, c’est écrit Evelyne sur ton passeport et Eveline sur ta carte d’identité. C’est normal, ça ? 

  • Non ! tu es sacrément observatrice, ça me fait plaisir ! Pour mes parents, mon prénom avait un « y ». Ils m’ont appris à l’écrire comme cela.

  • C’est vrai ! quand tu m’envoies une carte postale, tu signes toujours avec le « y ». Mais, alors, quelle est la bonne écriture ?

  • Pour mon passeport, je me souviens avoir écrit à la Mairie de la ville où je suis née pour obtenir une copie de mon acte de naissance. C’était nécessaire (à notre époque, toutes les personnes majeures peuvent le demander sur Internet avec un formulaire dédié).

  • Et alors ?

  • J’ai été très surprise de découvrir un « i » à la place du « y » dont j’avais l’habitude ! C’est ainsi que sur mon passeport, c’est un « i ». C’est l’écriture légale. Et, pour ma carte d’identité d’enfant, il semblerait que la mairie de mon village d’enfance n’ait pas exigé la copie de mon acte de naissance…

  • Ça pourrait encore arriver actuellement ?

  • Non, la liste des documents nécessaires pour établir les pièces d’identité est rigoureuse. Il le faut pour garantir l’identité légale des personnes et éviter les usurpations d’identité.

  • Tu crois que mes parents ont demandé une copie de mon acte de naissance à Montmorency ?

  • Bien sûr ! Et, tu sais quoi ? Montmorency s’écrivait avec un « i » à la fin depuis le XIème siècle, tandis que « moy », « hyer » ou « aujourdhuy » avaient un « y ».

  • C’est un peu comme si là où on met un « i », il y avait un « y », alors que là où il y avait un « i », on met un « y » ! On a un peu tout inversé … Vu comme cela, l’orthographe, c’est plutôt drôle ! Je ne savais pas que l’écriture des noms, des prénoms, et même des mots pouvait changer …

  • C’est depuis 1877 seulement que l’orthographe des noms est fixée.

  • Seulement ? ça fait déjà presque 150 ans !



Evelyne pour les J&G

jeudi 27 novembre 2025

X comme Xavier

 

  • Papy, j'ai encore une question concernant un acte.

  • Je t'écoute, Camille.

  • A mon avis il y a une erreur sur cet acte de mariage. On lit que Papi Xavier s'appelle François et que Xavier c'est son deuxième prénom mais on sait qu'on l'appelait Xavier. Et Mamie Augustine s'appelle en vrai Eulalie ! Je n'en reviens pas !

  • A cette époque ne pas utiliser son premier prénom était assez courant. Souvent c'était celui du père, c'est le cas pour Xavier, alors pour différencier père et fils on appelait le fils par un autre prénom.

  • Mais la mère de Mamie Augustine ne s'appelle pas Eulalie !

  • Eulalie c'est le prénom de sa marraine, elle l'a imposé comme c'était la tradition dans la famille mais les parents n'aimaient pas ce prénom et ne l'ont jamais utilisé pour leur fille.

  • Si je comprends bien, personne ne respectait l'état civil...

  • Tu sais que la seule identité officielle est celle qui figure sur l'acte de naissance mais au quotidien tu peux utiliser un autre prénom.

  • Obligatoirement un de tes prénoms ?

  • Non, n'importe lequel, c'est permis, ce sera ton prénom d'usage. Tu peux en changer aujourd'hui si tu en as envie.

  • Sûrement pas ! J'adore mon prénom, c'est beau Camille !


Nathalie pour les J&G




mercredi 26 novembre 2025

W comme Wallonie

 Camille arrive chez ses grands-parents. Elle retrouve son grand-père. Dans son bureau, une carte de la Belgique est affichée au mur. Il y a des noms écrits en français et d’autres en flamand.

  • Pourquoi parle t-on deux langues en Belgique Papy ?

  • Il y a plus de deux mille ans, ce territoire était peuplé de celtes. Puis les romains ont conquis la région, et les gens se sont mis à parler leur langue : le latin. C'est le début de ce qu'on appelle la langue romane. Ensuite, d'autres peuples sont arrivés, les Germains, qui parlaient une langue différente, l'ancêtre du néerlandais.

  • Mais pourquoi ne parlaient-ils pas la même langue ?

  • Au Moyen Âge, la Belgique n’existait pas encore, il y avait plein de petites régions autonomes, avec leur propre langue. Au Nord, la langue germanique était majoritaire. C’est devenu le flamand. Au sud, les gens ont continué à parler une langue qui venait du latin. Avec le temps, ce latin s'est transformé pour donner naissance à ce qu'on appelait le wallon, le picard, le lorrain... Ce sont d'anciennes langues régionales.

  • Le wallon ? C'est du français ?

  • Non, c'est un peu différent, c'est comme un cousin du français.. Autour de Paris, la langue romane s'est aussi transformée pour donner... le français.

  • Ah, d'accord ! Mais pourquoi on parle français maintenant, et plus le wallon ?

  • C'est parce que le français est devenu très important. Il y a 400 ans, sous François Ier, c’est devenu la langue administrative pour la France. Petit à petit, elle s’est imposée dans tout le pays. C'était la langue du pouvoir, de l'administration et des écoles. Quand la Belgique devient un pays en 1830, le gouvernement belge a décidé que le français serait la langue officielle dans cette partie du pays qu’on appelle la « Wallonie ». Les écoles ont ensuite beaucoup appris aux enfants à parler français, et petit à petit, le wallon s'est fait plus discret. Mais le wallon n'a pas disparu ! Il reste plein d'expressions et de mots du français de Wallonie qui viennent de cette ancienne langue.

  • Comme quoi ?

  • Par exemple, on dit souvent « à tantôt » au lieu de « à plus tard », ou on utilise le mot «drache» pour parler de la grosse pluie.

  • Et pourquoi sur la carte, on utilise le mot Wallonie ?

  • C’est le nom donné à l’une des trois régions fédérées de la Belgique. Cette région continue à maintenir son identité culturelle d’origine “romane” et son nom évoque la langue parlée dans ce territoire au Moyen Âge. Aujourd’hui, la langue la plus parlée reste majoritairement le français dans cette partie de la Belgique.

Brice pour les J&G

mardi 25 novembre 2025

V comme veuf

    • Mamy, parfois certains actes qu'on lit ensemble me rendent tristes et parfois en colère, comme aujourd'hui.

    • Donne-moi un exemple Camille.

    • Celui-là, c'est un mariage qui a lieu le 20 janvier 1813. Le marié est veuf et sa femme est morte le 6 novembre de l'année d'avant. Tu te rends compte : il se remarie seulement 2 mois et demi après la mort de sa femme ! Je ne trouve pas cela normal, il n'est même pas triste, il la remplace tout de suite !


    • Ce n'est pas toujours aussi simple, Camille, il faut essayer de comprendre les situations familiales à travers les actes. Cet homme, sais-tu s'il avait des enfants avec sa femme ?

    • Oh oui, ils en ont eu 12 ! Et sa femme est morte deux jours après son dernier accouchement.

    • Alors, mets-toi à sa place, réfléchis à sa vie. Il était manouvrier d'après l'acte donc pauvre, il se retrouve avec 12 enfants dont un bébé qui vient de naître. Et c'était en 1813, sans aide, sans crèche, sans garderie, sans école, sans allocation...

    • Oh la la, le pauvre !

    • Les personnes qui se retrouvaient veufs ou veuves étaient souvent obligées de se marier à nouveau rapidement pour pouvoir élever leurs enfants du mieux possible. Les familles recomposées existaient déjà, parfois ça donnait des fratries avec vraiment beaucoup d'enfants.

    • Merci, Mamy, de m'avoir expliqué. Il faut savoir lire entre les lignes des actes, ça complique les choses. J'essaierai de réfléchir avant de m'énerver...

Nathalie pour les J&G

lundi 24 novembre 2025

U comme utérin

 Camille, notre petite généalogiste en herbe est plongée dans un livre. Soudain elle lève la tête et interpelle sa Mamy :

- Mamy, Mamy, il y a un mot que je ne connais pas, peux-tu me l’expliquer s’il te plait?

- Voyons ça répondit Mamy, quel est donc ce mot si nouveau pour toi ?

- Enfant utérin, c’est utérin que je ne connais pas

- « Enfant utérin » est un mot compliqué. lui répondit mamy. C’est un mot qui n’est plus très utilisé maintenant mais qui avait jadis – il n’y a pas si longtemps encore- beaucoup d’importance. Tu te souviens il y a quelques jours je te parlais de mon frère germain ...

Camille coupe alors la parole à Mamy :

- Oui, Mamy, je m’en souviens très bien. Je croyais que c’était son prénom, mais en réalité il est ton frère germain car vous avez le même papa et la même maman tous les deux, comme ma petite sœur et moi.

- C’est bien ça Camille... Laisse-moi maintenant t’expliquer ce qu’est un enfant utérin. C’est un enfant qui a la même maman que ses frères et sœurs mais pas le même papa.... Regarde ce schéma :

Sophie et Pierre sont frère et sœur germains, et Antoine est leur frère utérin... Antoine a la même maman que Sophie et Pierre mais il n’a pas le même papa.

-Maintenant que tu connais ce mot Camille, je vais t’en apprendre un nouveau. Pour cela, je te remontre le schéma de ma fratrie :

- Comme tu le sais maintenant, Jacques et moi nous sommes frère et sœur germains

- Et Paul alors ?? demanda Camille

- Paul est notre frère consanguin lui répondit Mamy, c’est le nouveau mot que je voulais t’apprendre aujourd’hui

- J’ai compris Mamy, Paul a le même papa que toi et Jacques, mais il a une autre maman !!!

Résumons tout cela :

  • Frère et sœur GERMAINS ont les deux mêmes parents

  • Frère et sœur UTÉRINS ont la même maman et un père différent

  • Frère et sœur CONSANGUINS ont le même papa et une mère différente

De nos jours, on utilise plutôt « demi-frère » ou « demi-sœur » lorsque les enfants n’ont qu’un seul parent en commun.

Véronique pour les J&G


samedi 22 novembre 2025

T comme trésor


  • Dis donc Camille tu ne peux pas m’aider à ranger mon grenier ?

  • Pas de problème Mamy, on commence par où ?

  • Et bien sort ce qu’il y a dans ce coin, je ne sais même plus ce que c’est.

  • Regarde Mamy, il y a une vieille boite.

  • Ouvre-la. Qu’est-ce que tu trouves ?


  • Un vieux cahier, une photo classe en noir et blanc, un certificat d’étude, une toupie.

  • Ce sont les affaires de ton arrière-grand-père ! J’avais complètement oublié cette boite, elle va t’intéresser.

  • Qu’est ce que tu veux que je fasse de ces objets poussiéreux ?

  • Tu vois Camille, la généalogie ne consiste pas seulement à collecter des noms, des dates et des lieux mais aussi à mieux connaître la vie de nos ancêtres.

  • Effectivement, regarde ton père a été scolarisé à l’école Jules Ferry et elle existe encore cette école !

  • Les objets de nos ancêtres nous donnent de nombreux renseignements sur leurs vies. Des photographies, de vieux papiers, une montre, un bijou, un objet religieux… constituent le petit musée du généalogiste. Avec ces documents tu vas connaître le niveau d’étude de ton arrière-grand-père et tu découvres même quel était son jouet favori !

  • Mamy, je peux la garder cette boite pour mon petit musée ?

  • Bien sûr Camille !

  • Allez Mamy, on continue de ranger ton grenier, on va peut-être trouver d’autres trésors !

Lionel pour les J&G



vendredi 21 novembre 2025

S comme Stolpersteine

  • Alors Camille, tu me racontes ton voyage scolaire à Berlin ?

  • Et bien, nous avons visité la porte de Brandebourg, le Checkpoint Charlie, la cathédrale, le Reichstag et plein d’autres choses.

  • Et qu’est ce qui t’a le plus étonné ?

  • La propreté des trottoirs. Et figure-toi, Mamy, qu’on y trouve des Stolpertsteine.

  • Qu’est-ce que c’est que ça ?

  • Ça veut dire « pierre qui fait trébucher ». Ce sont des pavés où sont gravés les noms des victimes du nazisme, leurs date et lieu de décès. Ils sont en métal et sont scellés devant leurs anciennes demeures. A Berlin il s’agit surtout de déportés juifs. On doit cette initiative à un artiste Allemand : Gunter Demnig.


  • Tu crois qu’on en trouve en France ?

  • Attends, je regarde sur mon portable… oui, beaucoup en Alsace, en Vendée, mais aussi à Paris, à Lille, à Rouen, à Bordeaux. Chaque année il y en a de plus en plus.

  • Voilà une bonne manière de ne pas oublier ces victimes. Et qu’est que tu as préféré à Berlin ?

  • Les Currywurst !

Lionel pour les J&G


jeudi 20 novembre 2025

R comme recensement


- Dis Mamy, je sais que tu cherches à connaître la famille PERSILLON dont le chef s'appelle Alexandre mais tu ne connais aucune date de la famille. Que vas-tu faire maintenant ?

Je sais qu'il existe sans doute aux Archives départementales, sur Internet, le fichier de recensement récent du village où ils habitaient à Hastingues dans les Landes.

C'est quoi un fichier de recensement ?

C’est un outil précieux qui offre instantanément la vie de nos ancêtres à travers le temps. Ils permettent de reconstituer les foyers, de suivre les déplacements et d’obtenir des informations précieuses sur la composition des familles. Le premier recensement en France date de 1328 « Etat des Paroisses et des feux » il est réalisé pour des raisons fiscales. La première enquête remonte à Louis XIV en 1664. Depuis 1801, il est réalisé tous les 5 ans jusqu’en 1946. Il a été modernisé depuis.

On y trouve :

  • par quartier, le nom de la maison et tous ses habitants y compris les domestiques,

  • le patronyme de l’époux et de l’épouse,

  • le prénom usuel,

  • la date de naissance et le lieu,

  • la situation par rapport au chef de famille,

  • le métier.

Comment on cherche dans ce fichier ?

Pour ma recherche dans les Landes, Il y a plusieurs possibilités de recherche : par commune de 1793 à 1946, et plus ciblée par patronyme (nom de famille) dans les recensements les plus récents. Dans ce département, les utilisateurs des archives peuvent indexer les noms rencontrés.

Tu vas essayer comment ?

Je vais tenter par nom de famille. Je vais chercher PERSILLON Alexandre.

J’ai de la chance, le nom a été rentré, cela me donne le registre de l’année 1936.

C’est super, et cela te donne quoi comme renseignements ?

Voilà ce que je trouve dans le recensement de 1936.

Dans le quartier Plaine, dans la maison BIMI vivaient en 1936 :

  • le chef PERSILLON Alexandre, né en 1893 à Came, Cultivateur,

  • son épouse Marie LARAN, née en 1912 à Bidache,

  • leurs 5 enfants Marcelle née en 1926, Marie née en 1928, Arnaud né en 1929, Pierre né en 1932 et Désirée née en 1935.

  • Plus le beau-père Matthieu LARRAN qui vit avec eux.

Tu dois être contente de ce que tu as trouvé ?

Oui, mais il faut encore vérifier les informations dans les tables décennales et trouver les dates réelles de naissances et je vais essayer de trouver les dates de décès. Et après, je vais aller chercher les actes qui ont été numérisés.

Tu as encore du travail, Mamy.

Oui, mais je vais enfin pourvoir rentrer cette famille dans notre arbre de famille.

Bernard pour les J&G

mercredi 19 novembre 2025

Q comme quenouille de la mariée

 Camille interroge sa grand-mère sur la quenouille enrubannée placée dans la vitrine du salon.

  • Elle me vient de mon arrière-grand-mère paternelle. Elle s’était mariée en 1896.

  • A quoi servait-elle ?

  • A filer la laine, le lin, le chanvre, c’est-à-dire à transformer leurs fibres en fil. On les enroulait sur la quenouille laquelle était tenue dans le creux du bras ou glissée dans la ceinture.

  • Tu l’as utilisée ?

  • Non, jamais ; je ne saurais même pas comment faire. Mon arrière-grand-mère était couturière et je ne suis pas certaine qu’elle l’ait elle-même manipulée. Toutefois, comme toutes les petites filles, elle avait dû être initiée par sa grand-mère qui la gardait lorsque ses parents travaillaient.

  • Mais alors pourquoi en détenait-elle une ?

  • Elle l’avait reçue lors de son mariage. C’était en effet la coutume à cette époque dans toute la France. Elle était souvent enrubannée et fleurie. Dans la plupart de nos provinces, elle était portée par un garçon d’honneur, en tête du cortège qui se rendait à l’église. Après la bénédiction nuptiale, la mariée devait montrer qu’elle savait filer, symbole de son futur travail de mère de famille. Elle la déposait ensuite à l’Autel de la Vierge dans l’église.

  • Elle l’a donc reprise après ?

  • Oui, mais pas immédiatement. La nouvelle épouse emportait cette quenouille chez elle, filait le lin ou le chanvre nécessaire, puis, le dimanche après les noces, venait la déposer sur l’Autel de la Vierge. Cette quenouille enrubannée y restait jusqu’à ce qu’une nouvelle mariée vienne la remplacer par la sienne.

  • Elle est vraiment belle et bien décorée pour un simple outil de travail.

  • Tu as raison. Ces quenouilles étaient spécialement confectionnées pour l’occasion. Elles avaient leur manche gravé au couteau, historié et enjolivé de dessins variés, de zigs-zags, de branches de feuillages et de fleurs en saillie.

On remettait également une telle quenouille à la marraine lors des baptêmes.

  • Y a-t-il un lien avec les statues de saintes porteuses d’une quenouille que l’on peut voir dans certaines églises ?

  • Oui et non. Ce sont souvent des patronnes des bergères comme sainte Solange ou sainte Geneviève. Mais en Touraine et en Poitou, les jeunes mariées déposaient leur quenouille non pas à l’Autel de la Vierge mais aux pieds de la statue de sainte Néomaye ou Néomoise. La légende raconte que cette jeune bergère, pour échapper à un seigneur qui la poursuivait, pria le ciel de la protéger. Aussitôt l’un de ses pieds prit la forme d’une patte d’oie ; le seigneur effrayé et horrifié s’enfuit. C’est ainsi qu’elle est désormais représentée.

  • Mamy, tu en connais des coutumes et des légendes ; j’aime tant t’écouter.


Philippe pour les J&G

mardi 18 novembre 2025

P comme psychogénéalogie

 Camille, notre petite généalogiste en herbe, a entendu pour la première fois le terme de « psychogénéalogie » aux informations.

Papy, tu as déjà entendu parler de la psychogénéalogie ? J'en ai entendu parler aux informations et ça m'a tout de suite fait penser à toi et à toutes nos discussions sur l'histoire de la famille.

— Ah, la psychogénéalogie... Une drôle d'idée, mais intéressante. Raconte-moi ce que tu as compris.

En gros, c'est l'idée que les événements importants mais aussi les traumatismes ou secrets de nos aïeux peuvent nous être transmis inconsciemment et influencer nos vies.

— Tu as des exemples en tête ?

C'est peut-être simpliste, mais si j'ai peur de l'eau c'est peut-être en lien avec l'un de mes ancêtres ?

— Exactement ! Ça peut se manifester par des répétitions de schémas ou des événements importants qui se produisent aux mêmes dates ou aux mêmes âges sur plusieurs générations.

Je me souviens de ce grand oncle dont tu m'avais dit qu'il était né exactement un an après le décès de son frère, mort-né.

— C'est le syndrome d'anniversaire dont parle notamment Anne Ancelin Schützenberger, considérée comme la figure emblématique de cette discipline. En tout cas, la généalogie est censée pouvoir nous libérer de ces schémas ! Le fait d'en être conscient nous libérerait.

Anne Ancelin Schützenberger, mondialement connue pour ses recherches sur la psychogénéalogie, et notamment pour son livre intitulé Aïe, mes aïeux ! (1988)

C'est toujours bon la généalogie, Papy, tu me le dis toujours !

— Et c'est aussi bon qu'une séance chez son psy !

Céline pour les J&G


lundi 17 novembre 2025

O comme onomastique

-  Papy, il y a un mot compliqué que je n'arrive pas à lire ! Ono….

Ah oui je vois. C’est O.no.mas.tique.

Onomastique ? Et qu’est ce que c’est que l’osmonatique ?

Non Camille O.no.mas.tique. L’onomastique c’est l’étude des noms propres que ce soit les noms personnes comme les noms de lieux. L’étude des noms de personnes ou patronymes s’appelle l’anthroponymie et celle des lieux la toponymie.

Que de mots compliqués !

Je ne te le fais pas dire.

Mais qu’est ce qu’on étudie exactement ?

Par exemple on va étudier comment se sont formés les noms de famille, leur signification, leur fréquence, leur répartition géographique….

Leur fréquence ?

Oui. S’ils sont plus ou moins répandus. Tiens sais-tu quel est le nom de famille le plus courant en France ?

Non mais je sens que vais le savoir bientôt.

Il s’agit de MARTIN. On a pu compter 250 000 personnes nés entre 1891 et 2000 qui ont porté ce nom de famille ou qui le portent encore.

Waouh ! C’est énorme.

Pas tant que ça, ramené aux 68 millions de français. Ensuite viennent les BERNARD, les THOMAS….

Mais ce sont des prénoms !

Oui également. Mais il fut un temps où il n’y avait pas de nom de famille. Tout le monde s’appelait par son prénom de baptême : Marie, Bernard, Thomas, Catherine, etc.

Compliqué pour s’y retrouver !

Compliqué en effet et donc les gens ont commencé à se donner des sobriquets pour savoir de qui on parlait.

Sobriquets ?

Un surnom si tu préfères. Il fallait bien distinguer le Bernard qui habitait près du pont de celui qui habitait près du bois. D’où les patronymes DUPONT et DUBOIS. Tu comprends ?

Ah oui je comprends mieux ! Et alors notre nom de famille il vient d’où ?

LEFEBVRE ou LEFEBURE ou LE FEVRE…. tous ces noms ont la même origine.

LEFEBURE ? Mais rien à voir !

Si, si, je t’assure le V de LEFEBVRE ressemble beaucoup au U de LEFEBURE. Et nos ancêtres ont pu les confondre en l’écrivant !

Bon d’accord mais tu ne m’as toujours pas dit ce que veut dire notre nom de famille !

Il vient de l’ancien français, feure, faivre ou fièvre qui désignait l’ouvrier qui travaillait les métaux. Autrement dit le forgeron. Et autrefois chaque village avait son « fèvre » donc son forgeron. D’ailleurs LEFEBVRE est un nom assez répandu. Il est classé 13ème en terme de fréquence.

Donc si j’ai bien compris, j’avais un ancêtre forgeron ?

Probablement Camille.

Il n’ y a plus qu’à le chercher…..

Je te souhaite bon courage Camille ! Il va t’en falloir.

Jean-Marc pour les J&G


samedi 15 novembre 2025

N comme neveu à la mode de Bretagne

  • Mamy, je ne trouve pas le parrain de Maman sur l'arbre généalogique.
  • C'est normal, Camille, c'est mon neveu à la mode de Bretagne.

  • Il est Breton ? Je croyais qu'il était Belge...

  • C'est une expression qui n'a aucun rapport avec l'origine. En fait ça veut dire un membre très éloigné de la famille, voire même un ami très proche.

  • Donc il n'est pas breton mais il n'est pas non plus ton neveu ?

  • Tu as raison, c'est une histoire compliquée de mariage, d'enfants qui finalement ne sont pas de la famille mais considérés comme de la famille tellement ils sont appréciés. Papy et moi on aime tellement Jean qu'on l'a choisi comme parrain de ta mère. Il fait partie de notre famille de cœur mais pas de la famille généalogique.

  • Mais pourquoi la Bretagne ?

  • C'est en Bretagne que les habitants des siècles précédents ont pris l'habitude d'appeler leurs cousins ou neveux éloignés de plusieurs générations ou degrés seulement « cousin » ou « neveu » au lieu de préciser arrière arrière petit neveu par exemple.

  • Ils ont raison, c'est plus simple ! On n'est pas obligé d'avoir son arbre généalogique sous la main partout où on se promène !

Nathalie pour les J&G

vendredi 14 novembre 2025

M comme Mille et une manières de faire de la généalogie

  • Coucou Mamy! tu as acheté un nouveau livre ?

Mille et une manières de faire de la généalogie avec les enfants … ça ferait pas un peu … beaucoup ?

  • Si, bien sûr, c’est une façon de parler pour dire qu’il y en a beaucoup !


  • Je sais, Mamy ! réplique Camille, tout en feuilletant le livre. Elle s’arrête à la page 42

Regarde, Mamy, des arbres généalogiques comme j’en ai jamais vus ! Avec des fenêtres aux volets ouverts ou fermés.


  • Fermés quand on ne connaît pas le nom de la personne.


  • Ouverts quand on connaît son nom alors ? !

 

  • Exactement ! C’est pratique, on voit tout de suite qui on connaît et qui on ne connaît pas. On voit aussi que toutes ces personnes, tous ces ancêtres, ont permis notre existence, même si on ne les connaît pas encore.


  • Il y a aussi celui en forme de pyramide ronde (page 43). Franchement, c’est original !


  • Tu vois, Camille, tu es au sommet de ta pyramide familiale et chaque étage dessous représente une génération.


  • J’aimerais bien en faire une comme cela !


  • Oui, on a le temps aujourd’hui, et puis, c’est facile : on peut photocopier le modèle !


  • Camille, toujours aussi vive, a déjà découvert une autre page …. la page 80

T’as vu, Mamy, il y a aussi des pages pour apprendre à carrément déchiffrer des documents anciens

  • Le code de couleurs est bien utile, on repère facilement en gris les nom et prénoms du bébé, en bleu la date de l’acte de naissance, en rouge le lieu, en jaune les nom et prénoms du père du bébé, en vert les nom et prénoms de la mère du bébé, en noir les mentions marginales


  • Camille se met à lire : Naissance de Louis – Émile – Vincent PERGAUD

L’An mil huit cent quatre-vingt-deux, le vingt-deux du mois de janvier …


  • Bravo ! Tu progresses à pas de géant, … de géante !


  • Camille a retourné les pages dans l’autre sens et s’arrête à la page 62

Mamy, il y a des écoles où on fait de la généalogie, même des collèges avec des clubs !


  • J’espère qu’il y aura un club dans le collège où tu entres en 6ème à la rentrée !


  • Camille est déjà ailleurs ….

Mamy, j’veux jouer tout de suite à la généalogie ! Comme aux pages 40 ou 59.


  • Il fait beau ! Viens, on prend le chemin de la pinède pour aller à la plage : on va ramasser des aiguilles de pin doubles et des coquillages.


  • Chouette, on va faire comme sur la photo de la page 41.

Mais, notre arbre généalogique dans le sable va être éphémère … Je sais, on va le prendre en photo !


  • Excellente idée, tu l’enverras à tes parents ! Et, en rentrant, on pourra faire la pyramide !


Evelyne pour les J&G

jeudi 13 novembre 2025

L comme loi

 Camille notre petite généalogiste en herbe voit son papy lire un petit livre intitulé « Code civil des Français »

- Papy, je croyais qu’aujourd’hui tu devais me parler de généalogie... C’est quoi ce livre tout petit que tu tiens dans tes mains ??

- Ce tout petit livre Camille c’est le premier code qui rassemble les lois qui nous régissent... Aujourd’hui, il est beaucoup, beaucoup plus épais.

- Mais quel rapport avec la généalogie ??

- Les lois, répondit Papy, permettent de mieux comprendre certains aspects de la vie de nos ancêtres.

- Comment ça ?? Je ne comprends pas le rapport entre la vie de nos ancêtres et la loi, Papy.

- Te rappelles-tu quand tu as demandé à Mamy à quel âge elle m’a épousé ?? Et bien c’est la loi qui dit « l’âge nubile », c’est-à-dire à partir de quel âge on a le droit de se marier.

- Ha oui, Papy, je m’en souviens !!! Certaines petites filles de 12 ou 13 ans pouvaient se marier en France ... C’est bien jeune !!

- Vois-tu Camille, ce premier code civil fixe désormais l’âge du mariage* pour les filles à 15 ans, c’est encore bien jeune, mais grâce à la loi, on peut comprendre pourquoi avant 1804, certaines des filles de 12,13 ou 14 ans n’apparaissent plus sur les recensements avec leurs parents, elles sont peut-être décédées ... Ou mariées et recensées dans leur propre foyer.

* Depuis 2006, l’âge légal du mariage en France est de 18 ans pour les filles et les garçons.

Papy continue à expliquer à Camille les interférences entre la loi et la vie de nos ancêtres.

- Et, continua Papy, une très grande avancée... Le travail des enfants ... Il est enfin règlementé par Louis-Philippe, roi de France, par la loi dite du 22 mars 1841 ... Je vais t’en montrer un extrait qui va beaucoup t’étonner :


« Art. 2 : Les enfants devront, pour être admis, avoir au moins huit ans.
De huit à douze ans, ils ne pourront être employés au travail effectif plus de huit heures sur vingt-quatre, divisées par un repos.
De douze à seize ans, ils ne pourront être employés au travail effectif plus de douze heures sur vingt-quatre, divisées par des repos.
Ce travail ne pourra avoir lieu que de cinq heures du matin à neuf heures du soir.
L’âge des enfants sera constaté par un certificat délivré sur papier non timbré et sans frais, par l’officier de l’état civil.

Art. 3 : Tout travail, entre neuf heures du soir et cinq heures du matin, est considéré comme travail de nuit. Tout travail de nuit est interdit pour les enfants au-dessous de treize ans. (...) »

- Huit ans Papy !!! Et tu dis que c’est une grande avancée !!

- Voilà ce que je voulais que tu comprennes Camille, la loi aide à appréhender la vie de ceux qui nous ont précédés... Et elle évolue au fur et à mesure du temps.

Il faudra attendre 1882 et la loi Jules Ferry pour mettre fin au travail des jeunes enfants en rendant l’école obligatoire (et laïque) de 6 à 13 ans.

- Je comprends mieux que certains de mes ancêtres ne savaient pas écrire !!! L’école n’était pas obligatoire, et ils n’ont pas pu apprendre et du travailler très très jeunes ... Les pauvres.

Papy rassure Camille

- Dix ans plus tard, en 1892, les enfants sont obligés d’obtenir leur certificat d’étude (vers 12-13 ans) pour pouvoir travailler.

Puis en 1936 la scolarité est obligatoire jusqu’à 14 ans, et en 1959 jusqu’à 16 ans, comme aujourd’hui.

- La loi règle d’autres choses Papy ?

- Oui, beaucoup d’autres choses, mais que dirais-tu que nous recherchions l’acte de mariage de tes arrière-arrière-grands-parents comme nous l’avions prévu aujourd’hui ?

Tu auras l’occasion d’étudier la loi plus tard, si tu te diriges vers des études de droit, et tu liras le dictionnaire juridique qui en donne cette définition : .

« Au sens large, une "loi" est une disposition normative et abstraite posant une règle juridique d'application obligatoire. »

Véronique pour les J&G

mercredi 12 novembre 2025

K comme kouign

-  Camille, tu peux aller chercher un torchon dans l’armoire ? 

La petite généalogiste bondit de sa chaise et file vers la cuisine, où l’attend sa grand-mère.

- Tu es prête, Mamy ?
- Chose promise, chose due ! On va faire quelques crêpes... À moins que tu n’en aies pas envie ? 

Elle se dirige joyeusement vers l’armoire pendant que sa grand-mère sort les ingrédients et les ustensiles.

- Regarde le torchon que j’ai trouvé tout au bas de la pile !

Camille brandit un vieux torchon aux couleurs un peu passées. Au centre, une recette est encadrée de motifs bretons : des personnages coiffés de chapeaux ronds tiennent une galette sablée presque aussi grande qu’eux. Le titre, en lettres bleues, annonce fièrement :

« Kouign-amann » 


- La recette du kouign-amann ! s’exclame Mamy en riant. Je ne me souvenais plus de ce torchon. Je crois que c’est un cadeau de ma sœur, ta grand-tante. 

Camille fronce les sourcils :
- Le kouign-amann, Mamy, c’est un gâteau au beurre ? J’en ai goûté pendant nos vacances en Bretagne. 

Mamy acquiesce :
- En breton, kouign signifie "gâteau" et amann, "beurre".

Camille sourit :
- Je sais ! Il a été inventé par un boulanger de Douarnenez qui craignait de manquer de pâtisseries pour ses clients.
- Tu connais donc la recette : farine, levure de boulanger, sucre et surtout, beaucoup de beurre salé ! 

Malgré son jeune âge, Camille en connaît déjà un rayon. Mais Mamy a encore quelques anecdotes à partager.

- Les Bretons ont décliné le kouign en plusieurs variantes : kouign pitilig, c’est le gâteau à la poêle, et kouign patatez
- Gâteau de patates ? tente Camille. 

Mamy éclate de rire :
- Voilà que tu parles breton, ma belle ! Mais oui tu as raison ! C’est une galette faite de farine de sarrasin et de purée de pommes de terre. On la déguste avec une salade. C’est une spécialité du Morbihan, près de Vannes. 

Camille réfléchit un instant :
- Dis, Mamy, tu crois qu’il y a des gens qui s’appellent "Kouign" ?
- Je n’ai jamais croisé ce nom dans mes recherches généalogiques. Mais dans les inventaires après décès de nos ancêtres bretons, on trouve souvent plusieurs crêpiers parmi les ustensiles de cuisine. 

Camille, d’ordinaire passionnée par les archives et les vieux papiers, ne relève pas. Elle est déjà repartie chercher la balance pour préparer la pâte.

Quand elle revient, Mamy fouille dans le frigo, puis brandit un petit cube :
- Voilà, voilà… J’ai demandé à Papy d’acheter de la levure de boulanger hier. Je pensais faire une brioche, mais puisque nous parlons de kouign, tu vas goûter la variante bigoudène.

La grand-mère et sa petite-fille discutent joyeusement tout en préparant la pâte. Le temps suffisant pour enrichir nos connaissances culinaires.

Au chapitre des kouigns, on peut encore citer le pain doux - bara dous en breton - ou kouign des Gras, une brioche que l’on dégustait en février. Aujourd’hui, on en trouve toute l’année dans les boulangeries du pays Bigouden.

Et si vous ne savez pas ce qu’est une kouign, imaginez une sorte de pancake... ou peut-être que c’est le pancake qui est une kouign bigoudène !

La recette en est simple : une pâte à crêpes sucrée avec de la levure de boulanger. À cuire sur la billig pour les puristes. Mais si vous n’en avez pas, une poêle fera très bien l’affaire.

Et justement Mamy et Camille sont prêtes à vous la transmettre.

Bigoudenjoy, site officiel des offices de tourisme du pays bigouden


Laurence pour les J&G




mardi 11 novembre 2025

J comme jour


Dis Mamy, pourquoi regardes-tu l'almanach du facteur ?

Pour savoir quel jour nous sommes. Rappelle-toi, nous en avons déjà parlé, nous utilisons le calendrier grégorien ; ce sont tous les jours de la semaine même les week-ends et les jours fériés. Il y a 365 jours par an (sauf les années bissextiles).

Ah oui, je me rappelle que tu m'avais expliqué les différents calendriers, mais dis Mamy, tu travaillais tous les jours ?

Non, moi je travaillais les jours ouvrables, c'est-à-dire lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi. Mon jour de repos était le dimanche .

Mais il y a aussi des jours où personne ne travaille, non ?

novembre 2025

Oui, on appelle cela les jours fériés, ce mois-ci nous avons : une fête religieuse, la Toussaint, et aujourd'hui une date très importante pour notre famille, le 11 novembre, où on célèbre la fin de la guerre 1914-1918. Un membre de la famille est décédé durant cette guerre.

Qu'est-ce qu'il y a en face de chaque jour ?

C'est le nom de la fête du jour. On fête ce jour-là un ou plusieurs prénoms, ce peut être aussi un saint. Tu remarqueras que j’entoure certains jours pour me rappeler les fêtes et anniversaires des membres de notre famille.

Comme cela tu n’oublies pas de me souhaiter ma fête ou mon anniversaire, je t’aime Mamy !

- Mais je regarde aussi les dates de vacances scolaires pour savoir quand est ce que tu vas pourvoir venir passer quelques jours avec nous.

Tu sais, j’aime bien venir voir mon papy et ma mamy, tu m’apprends toujours de nouvelles choses.

Bernard pour les J&G