lundi 10 novembre 2025

I comme inconnu

 Comme chaque mercredi, Camille passait l’après-midi chez ses grands-parents qu’elle avait toujours autant de plaisir à retrouver. Ce jour-là, cette joie se doublait d’une impatience poussée à son comble. En effet, la veille, son grand-père l’avait appelée en lui promettant une belle surprise généalogique mais en lui demandant de faire preuve de patience.

- Bonjour Mamy, tu vas bien ? Papy est dans son bureau ?

Sa grand-mère eut à peine le temps de répondre que Camille volait déjà dans cette direction.

- Bonjour Papy. Ça va ? Alors, c’est quoi cette information mystérieuse ? J’y pense depuis hier.

- Ah, eh bien avant de te le dire, il va d’abord falloir que tu plonges dans tes souvenirs. Te souviens-tu de cette histoire que je t’avais racontée l’an dernier ? Cette légende familiale qui nous a fait croire pendant très longtemps que nous étions apparentés à un cardinal italien du XIXème siècle alors que j’ai trouvé, grâce aux archives, que nous descendions en fait de quelqu’un d’autre qui portait le même nom ?

- Bien sûr que je m’en souviens ! Tu avais découvert que c’était en fait un soldat italien arrivé en Espagne au XVIIIème siècle1 J’en ai parlé à toute ma classe et j’ai même fait un exposé d’histoire devant mes camarades ensuite.

- Ce que j’ai à te dire est en lien avec ça. Mais je ne t’avais peut-être pas tout raconté en détails. Figure-toi que si l’on pensait au départ être apparentés à ce cardinal, c’est sans doute parce que mes grands-parents et mes arrière-grands-parents avaient inventé cette histoire.

- Mais pourquoi auraient-ils fait ça ?

- Oh, tu sais il peut y avoir plusieurs explications ! Mais la plus plausible est que ce cardinal était tellement connu à cette époque, bien au-delà des frontières italiennes même, que comme ma famille portait le même nom que lui, ils ont sans doute voulu... comment vous dites déjà, les jeunes ?... « frimer » devant les autres.

- On dirait plutôt « se la péter ».

- (en riant) Si tu veux, oui ! Toujours est il que j’ai ensuite placé le fruit de mes recherches dans mon compte de généalogie, sur internet en me disant que ça intéresserait peut-être certaines personnes fans d’histoire. Eh bien, figure-toi que mardi dernier, j’ai reçu un mail d’un certain Pedro qui vit à Barcelone.

- Il voulait te féliciter pour tes recherches ?

- Mais c’est bien mieux que ça ! Il descend lui aussi de cette famille et il a entendu ses tantes et sa grand-mère raconter exactement la même histoire que la mienne sur la parenté avec le cardinal !

- Waouh ! Mais c’est un cousin à nous alors ?

- Assez éloigné car nos premiers ancêtres communs sont nés à la fin du XVIIIème siècle mais oui, c’est bien un cousin à nous !

- Et tu as parlé au téléphone avec lui déjà ?

- Pas encore mais il m’a envoyé un enregistrement vocal de sa tante qui a plus de 90 ans et qui raconte cette légende familiale dans tous les détails.

- Oh, ça c’est original ! Ça change un peu des archives. Tu pourrais me le faire écouter, Papy ? Ça me ferait un bon exercice de compréhension pour mon cours d’espagnol !

- Mais bien sûr, avec grand plaisir ! Et attends, ce n’est pas fini. J’ai parlé de toi et de ta passion pour la généalogie à notre nouveau cousin Pedro. Il m’a dit qu’il était épaté qu’une jeune fille s’intéresse à l’histoire et à la généalogie. Il est même impatient de nous rencontrer et nous a invités à lui rendre visite à Barcelone.

- Oh ce serait formidable comme voyage !

- Eh bien tu ne devrais être déçue alors.

Le grand-père sortit alors des billets d’avion de sa poche.

- J’espère que tu n’as rien prévu pour les prochaines vacances ?

- Quoi ?! C’est pas vrai ! On va vraiment aller le voir ? Oh merci, Papy chéri ! Que je suis contente !

- Mais moi aussi je dois te dire merci.

- A moi ? Pourquoi ?

- Eh bien parce que si tu ne m’avais pas convaincu il y a deux ans de me lancer sur internet, si tu ne m’avais pas répété que ce serait dommage que toutes mes recherches généalogiques dorment sur des étagères, cela ne serait jamais arrivé. Je ne regrette pas du tout d’avoir franchi le pas !

Le grand-père et sa petite-fille se regardèrent de manière complice en pensant déjà à ce voyage et à la belle rencontre qu’ils feraient avec ce cousin encore inconnu il y a peu.


samedi 8 novembre 2025

H comme hagiographie

 Aujourd’hui Camille accompagne sa grand-mère à l’église du village qu’une bonne partie de leurs ancêtres ont fréquentée pour leur baptême, leur mariage ou leur messe d’enterrement.

La petite fille lui pose des questions sur les statues de saints.

  • Là, tu as saint Martin, patron de l’église ; à côté c’est saint Vincent, fêté par notre confrérie vigneronne tous les 22 janvier ; ici, Sainte-Jeanne d’Arc, Patronne secondaire de la France, depuis 1922.

  • Qui est la première alors ?

  • La Patronne principale est la Vierge Marie.

  • Mais pourquoi parle-t-on de Patrons et Patronnes pour désigner les saints ?

  • Le nom vient du latin « pater », le père. Ainsi le saint Patron d’une église est celui choisi pour protéger la communauté chrétienne du village.

  • Mais il y a d’autres statues de saints et de saintes dans l’église ; ils sont quoi alors ?

  • Ils sont protecteurs d’une partie de la communauté. Je t’ai montré saint Vincent, patron des vignerons ; il y a aussi saint Eloi, patron des agriculteurs, ou encore saint Fiacre qui protège les jardiniers. Toutes les corporations de métiers avaient leur saint particulier. Les femmes enceintes priaient sainte Marguerite, les malades priaient tel ou tel saint pour leur guérison, comme saint Blaise invoqué contre le mal de gorge.

  • Mais, comment fait-on pour les reconnaître lorsque leur nom n‘est pas indiqué ?

  • Il faut regarder leurs attributs, c'est-à-dire l’objet ou l’animal qui les accompagne, et connaître leur vie. Saint Vincent, encore lui, a toujours une grappe de raisin dans la main. Son nom est composé de vin et de sang ; on dit que le vin est le sang de la vigne.

  • Là, nous sommes devant un tableau représentant un saint non identifié. Il montre une blessure à la cuisse et à ses pieds se trouve un chien tenant quelque chose dans sa gueule. Qui est-ce ?

  • C’est saint Roch. Tiens, je vais te raconter sa vie. Roch naquit à Montpellier, entre 1348 et 1350, en pleine guerre de Cent Ans, pendant la grande peste noire. Il étudia la médecine et fut confronté très jeune aux terribles épidémies de peste de 1358 et 1361, dont il fut atteint. Il se rendit alors péniblement jusqu’à un bois pour y mourir. À cet endroit, une source jaillit et un chien lui apporta chaque jour un pain qu’il dérobait à son maître. Il recouvra la santé et retourna auprès des pestiférés. L’Eglise le fête partout en occident. Il fait l’objet de pèlerinage pour la guérison des épidémies. Il est toujours représenté avec un bâton de pèlerin, montrant le bubon de peste sur sa cuisse. Un chien se tient à ses pieds avec un pain dans sa gueule. Savais-tu que lors de l’épidémie de Covid, certaines paroisses le placèrent à l’entrée de l’église ?

  • Non. Mais, Mamy, comment sais-tu tout ça ?

  • Parce que depuis longtemps, je m’intéresse à l’hagiographie, c’est-à-dire l’histoire de la vie des saints. Lorsque tu visites un musée, une église, tout n’est pas expliqué. Il faut alors avoir les connaissances nécessaires pour comprendre ce qui t’est présenté. Elles permettent également la compréhension de certaines coutumes, traditions populaires et légendes.

  • Hagiographie ! Il vient d’où ce mot ?

  • Son étymologie est construite sur deux termes grecs signifiant « saint » et « écrire ». Connaître leur histoire aide aussi à interpréter les attributs avec lesquels ils sont représentés.

  • Mais où trouve-t-on ces vies de saints et pourquoi ont-elles été écrites?

  • Au départ, elles étaient lues aux paroissiens pour célébrer les saints et expliquer leurs miracles. Elles sont désormais rassemblées dans des livres. Rentrons à la maison, je vais t’en confier un.



Philippe pour les J&G

vendredi 7 novembre 2025

G comme germain

 Camille notre petite généalogiste est venue chez Papy et Mamy pour le déjeuner... Mamy attend son frère et l’annonce à Camille :

- Camille ma chérie, à midi nous serons quatre, mon frère germain doit nous rejoindre. 

- Mamy, je ne le connais pas lui !!! Je connais bien tes frères Jacques et Paul, mais pas Germain !! Je ne savais même pas que tu avais un troisième frère. 

Papy qui faisait des recherches généalogiques éclate de rire et explique à Camille qui est « Germain » :

- Camille, Mamy te parle de son frère Jacques. 

- Pourquoi l’appelle-t-elle Germain alors ? interrompt Camille avant que Papy ne finisse sa phrase.

- Laisse-moi finir Camille... Et tu comprendras, lui répondit Papy.

- Tu sais que la maman de Mamy est décédée quand Mamy et Jacques étaient petits, et que le papa de Mamy s’est remarié trois ans plus tard.

- Oui Papy, ça je le sais, et même que mamy a eu un autre frère, Paul qui a grandit avec Mamy et tonton Jacques. 

- C’est bien ça Camille. Mais Paul est le fils du père de Mamy et de sa deuxième femme.  Regarde notre arbre généalogique.

- Oui Papy je le connais bien notre arbre, mais il n’y a pas de frère de Mamy qui s’appelle Germain !! Aurait-on oublié de l’inscrire ?? 

Camille obtient enfin sa réponse de la bouche de Mamy :

- Non, bien sûr que non Camille je n’ai pas oublié un de mes frères. On parle de frères et sœurs germains lorsque la fratrie est issue du même papa et de la même maman ... Comme Jacques et moi. Paul est notre frère consanguin... Il a le même papa que Jacques et moi, mais pas la même maman. 

- J’ai compris Mamy !!  Nous serons donc quatre à midi... Toi, Papy, moi et tonton Jacques.

Camille toute heureuse d’avoir appris ce nouveau mot s’apprête à poser une dernière question sur les frères et sœurs...

Mais pour connaitre la réponse, il te faut juste attendre.. la lettre « U »

Si tu te poses la question des « cousins germains » : il s’agit de tes cousins avec qui tu partages un couple de grands-parents. Deux cousins germains ont donc un grand-père et une grand-mère en commun.

Véronique pour les J&G

jeudi 6 novembre 2025

F comme formation

 A la suite de sa rencontre avec une association d’entraide, Camille, notre jeune généalogiste est curieuse d’en savoir toujours un peu plus, pour compléter son arbre et l’histoire de ses ancêtres

  • Mamy, l’autre jour j’ai découvert d’autres pistes pour trouver des ancêtres, mais aussi pour en savoir plus sur ce qu’ils ont vécu, leur histoire. J’aimerai bien aller plus loin. Comment faire ?

  • Et bien, Camille, l’association qui t’a aidée à avancer, organise des sessions de formations, sous forme, d’ateliers, ou de conférences. Il existe aussi des livres adaptés aux jeunes.

  • Une formation à la généalogie ?

  • Oui il y a des sessions pour les adultes mais aussi pour les jeunes.

  • Ah ! ça serait trop bien de pouvoir rencontrer d’autres jeunes et de se former ensemble ; tu m’en dis un peu plus ?

  • Et bien, ils organisent, des soirées à thèmes pour les adultes, et le samedi après-midi des temps de formation pour les jeunes. Ils ne sont pas très nombreux mais il y en a régulièrement qui rejoignent le groupe.

  • Quels thèmes ?

  • C’est très varié, il y a les méthodes de recherches, la découverte des archives, des sites internet. Et tu as déjà pu constater, qu’il n’y avait pas que les registres paroissiaux et l’état-civil pour avancer dans les recherches. Il y a aussi les recensements et d’autres pistes qui permettent de compléter l’arbre et de remonter une ou deux branches.

  • Comme quoi ?

  • Par exemple, les actes que font les notaires : les contrats de mariages, les inventaires après décès, les successions etc…

  • On remonte le temps, Mamy ?

  • Pour remonter plus loin dans le temps, si on a de la chance, on touche les XIVème, XVème et XVIème siècles avec les registres de bourgeoisie, les archives des abbayes et bien d’autres choses encore… les écritures sont anciennes et souvent difficiles à décrypter, mais là-aussi, il a des formations qui existent.

  • Et du coup, on découvre l’histoire de nos ancêtres ?

  • Oui Camille, on peut découvrir, leurs parcours militaires, savoir s’ils ont eu des déboires avec la justice, découvrir ce qu’ils possédaient, prés, champs, forêts, leurs maisons, avec le cadastre etc…

  • Ça fait beaucoup de choses tout ça, mais je suis curieuse de découvrir.

  • Pour les jeunes, comme toi, les formations sont adaptées, la langage est simplifié, et rassure-toi, tout n’est pas abordé en même temps. Et puis tu n’es pas obligée d’assister à toutes les séances. Les thèmes abordés sont souvent repris d’une année sur l’autre.

  • Dis Mamy, si on retournait à l’association !

Claudine pour les J&G

mercredi 5 novembre 2025

E comme entraide

Camille, notre jeune amie, se retrouve bloquée sur une branche de son arbre.

Chez ses grands-parents pour le week-end, elle en profite pour poser ses questions.

  • Mamy, j’ai un problème avec une branche, je suis coincée pour remonter la génération au-dessus

  • Voyons-voir si je peux t’aider, où est-ce que ça bloque ?

  • Regarde, mon arrière-arrière-grand-mère, je ne retrouve rien sur ses parents, rien dans cette commune, ni dans les communes voisines.

  • Nous allons regarder ensemble, tu as déjà regardé sur les sites de généalogie pour trouver des pistes ?

  • Oui Mamy, comme tu me l’as dit, mais je n’ai rien trouvé.

  • Je ne peux pas trop t’aider plus, mais il y a une association d’entraide à la généalogie en ville, et c’est justement un jour de permanence, allons-y !

  • D’entraide ? ils pourront m’aider alors…

  • Oui, ils sont là pour accompagner les personnes qui rencontrent des blocages, chercher avec eux les réponses, les guider vers des pistes à explorer. Ils ont une bibliothèque, avec des ouvrages sur les différents lieux de la région et des régions voisines, des livres de familles, des relevés d’actes, les généalogies des membres, des outils qu’ils partagent avec ceux qui ont des demandes.

  • Comment font-ils pour avoir tout ça ?

  • Ce sont des personnes qui font leur généalogie, qui souvent ont bénéficié de leur aide et qui un jour, s’engagent pour aider les autres. Ils s’entraident les uns les autres et travaillent aussi ensemble pour réaliser des ouvrages qui reprennent toutes les familles d’une commune, ils vont aux archives et relèvent les actes par commune et beaucoup d’autres documents utiles à la généalogie.

  • Et ils nous laisseront regarder et pourront répondre à mes questions ?

  • Oui bien sûr, c’est pour accueillir les personnes qui rencontrent une difficulté et leur venir en aide, qu’ils ont des permanences. On peut téléphoner ou venir au local de l’association. Nous voilà arrivées !

Deux bonnes heures plus tard, Camille ressort, son carnet de notes bien remplies de toutes les réponses obtenues, une branche débloquée…

  • Merci Mamy de m’avoir fait découvrir cette association, je vais pouvoir participer à cette entraide, ce travail ensemble ça me plait beaucoup. Je suis vraiment contente, je vais pouvoir avancer et un jour moi aussi, aider les autres.

  • Et oui Camille, la généalogie, ce n’est pas un travail en solo, c’est aussi s’entraider et avancer avec d’autres.


Claudine pour les J&G

mardi 4 novembre 2025

D comme archives départementales

 Papy : Camille, aujourd’hui nous allons aux archives départementales !

Camille : Où ça ?

— Aux archives départementales !

— Pourquoi faire ? J’ai encore plein de trucs à chercher pour ma généalogie !

— Justement, il n’y a pas tout sur internet et parfois il faut aller chercher les documents là où ils se trouvent.

— Et on va trouver ça aux archives  ?

— Probablement. Vois-tu avant internet il fallait se déplacer sur place pour avoir accès aux documents anciens comme les actes de baptême, de naissance, de mariage et de décès. Aujourd’hui c’est peut-être plus simple mais tout n’a pas été encore numérisé.

— J’ai une question Papy. 

— Oui je t’écoute.

— Et depuis quand elles existent les archives démartepenlates ?

— DE-PAR-TE-MEN-TALES Camille comme département si tu préfères. Je vais te raconter une histoire. Tu veux bien ?

— J’adore les histoires !

— Au Moyen-Age, les rois et les seigneurs avaient pour habitude de bouger beaucoup. Et pour avoir tout sur la main ils se déplaçaient avec tous les documents importants du royaume : les lois, les ordonnances…. Bref toutes les décisions écrites qu’ils avaient prises à un moment ou un autre et donc ils gardaient tout !

— Quelle idée ! Moi lorsque je n’ai pu besoin d’un papier je le mets à la poubelle !

— C’est très bien Camille sauf il y a des papiers importants qu’on ne peut pas jeter car on peut toujours en avoir besoin !

— Comme quoi ?

— Les actes de propriété, le livret de famille….Tout ce qui constitue les archives de la famille.

Je continue mon histoire ?

— Oui !

— Donc le roi emmenait dans tous ses déplacements les archives du royaume. C’était un véritable déménagement à chaque fois. Sauf que…

— Sauf que ?

— Sauf qu’un jour lors de la bataille de Frétéval en 1194, les Anglais détruisirent toutes les archives royales.

— Pas de chance !

— Je ne te le fais pas dire !

— Et qui était ce roi ?

— Philippe-Auguste. Et pour ne pas que cela se reproduise à nouveau, il décide de ne plus emmener ses archives mais de les laisser à Paris dans un lieu expressément créé pour cela. Il créa donc le Trésor des Chartes un lointain ancêtre des nos archives nationales actuelles que nous avons visitées récemment lors des Journées du Patrimoine.

— Mais pourquoi alors des archives départementales ?

— Parce que d’une part les siècles passant il y avait de plus en plus de documents à conserver et qu’on ne pouvait pas tout conserver au même endroit. C’est la Révolution française qui créa les départements et on trouva logique de créer dans chaque département un service d’archives départementales pour y déposer les documents administratifs propres à chaque département !

— D’accord . Donc ,si je veux retrouver l’acte mariage de l’oncle Albert et de la tante Marie qui se sont mariés à Bohain-en-Vermandois dans l'Aisne, il faut aller où ?

— Au chef lieu du département et dans ce cas précis tu devras aller à Laon qui est la préfecture de l'Aisne.

— Je comprends mieux alors pourquoi je ne trouvais rien sur le site des Archives de Paris !


Jean-Marc pour les J&G

lundi 3 novembre 2025

C comme carte et correspondance

 -  Mamy, il y a dans ton placard à « Souvenirs » une grande boîte de cartes postales de tous les coins de France et même de l’étranger. À quoi cela peut-il servir ?

- Oh ! Ma chérie, c’est précieux ! Ce sont des cartes postales que ton arrière arrière arrière grand-père, Célestin ESPANET (1881 – 1969) a conservées et classées par pays et par départements durant de nombreuses années. Et, j’en ai moi-même rajouté ! J’en achetais à l’occasion de mes déplacements.

- Tu me dis qu’elles sont précieuses: pourquoi ?

- Eh oui, elles ont toutes un intérêt commun, elles nous permettent de connaître : la géographie puisqu’elles représentent toutes un lieu bien défini sur la planète, l’histoire familiale, lorsqu’elles nous sont adressées par des parents ou amis et l'Histoire en général.

Elles nous permettent aussi de nous mouvoir dans le temps car elles sont toutes de différentes années, donc de différentes époques.

- Comment peut-on apprendre tout cela en regardant une photographie ?

- D’abord, par l’aspect de la carte ! Les plus anciennes sont beige/bistre et marron ou bien noires et blanches. Un peu plus tard, la couleur apparaît. Puis, elles sont d’un format un peu plus grand et deviennent brillantes.

Parfois, il y a des personnages et là c’est très intéressant : si aucune date n’est portée sur la carte, les tenues vestimentaires des personnages t’indiquent l’époque où a été prise cette photo.

- Mamy, cette carte que j’ai dans les mains, elle est toute claire, un peu bistre, comme tu dis. C’est le porche d’une église, et, sur les escaliers, il y a des femmes et un homme et aussi des enfants, filles et garçons. Les femmes portent des jupes longues et les petits garçons ont tous un drôle de chapeau sur la tête. Il y a écrit « Aubagne – La paroisse » et en bas « Imp. Provençale – Marseille ».

- Tourne la carte et lis ce que tu peux au verso.

- Il y a deux tampons, l’un est effacé, mais l’autre ? il y a des chiffres …

- Oui, très bien ! Ce sont des tampons de la poste. Cette carte, vois-tu, a été expédiée d’Aubagne, Bouches-du-Rhône, le 19.7.24 (19 juillet 1924). Elle est adressée à un Monsieur René Taissèdre à Allanches, Cantal. C’est une carte que j’ai achetée à Paris dans une brocante. L’expéditeur comme le destinataire sont des inconnus pour nous.

- Il y a plus d’un siècle que cette carte a été écrite alors ? Crois-tu qu’on pourrait retrouver des descendants de ce monsieur ? Ce serait rigolo !

- Mais bien sûr, ce sera possible car les Archives du Cantal sont en ligne jusqu’en 1930.

Et puis, vois-tu, Allanche est le bourg où ta cousine Laura vient de s’installer avec son compagnon Léo et où ils travaillent tous les deux. Nous aurons l’occasion d’y aller et nous pourrons voir comment retrouver cette famille. Le monde est petit : Allanche et Aubagne sont éloignées de 450 km et nous voilà à présent très proches !

Tu vois, Camille, ce qu’une petite carte postale écrite il y a 101 ans et oubliée au fond d’un placard peut nous faire découvrir.

Je termine en citant une pensée de Stéphane Bern que j’ai entendue ce matin sur Ici Provence : « C’est en creusant dans le passé que l’on construit le présent ».

Eliane pour les J&G