mercredi 31 mai 2023

Déracinés sur trois générations

   Le roman graphique est à la mode et c'est tant mieux! De nombreux ouvrages paraissent, plus passionnants les uns que les autres. Ils nous propulsent dans des univers différents, au cœur des familles et souvent pour une longue lecture (plus de 300 pages pour celui-ci). Ce format est idéal pour le jeune public et les autres aussi d'ailleurs...

   Le propos de l'auteur est particulier car il tisse trois histoires dans le même récit. En effet il parle de son grand-père juif autrichien obligé de fuir le nazisme, réfugié à Cuba alors que sa femme et sa fille se trouvent à New York et son jeune fils en France. De son père, ce petit garçon ballotté avec sa tante sur le territoire français pendant la guerre, et de lui, concepteur de jeux vidéo à succès, né aux Etats-Unis mais désormais résidant en France. Les destins se croisent et s'entrecroisent avec précision grâce aux récits écrits et documentés par le grand-père, à la mémoire du père et à sa propre vie racontée avec sincérité. Le dessin est émouvant, l'ambiance sépia avec une coloration différente selon la période envisagée.

   A lire et à relire pour ne pas quitter cette famille incroyable!

Replay. Mémoires d'une famille, de Jordan Mechner, éditions Delcourt, collection Shampooing, 2023 (extrait à lire)

jeudi 18 mai 2023

Grande collecte des archives du sport

  Parfois, lors d'événements en préparation ou en vue de commémoration, sont organisées des collectes par les archives municipales, départementales et nationales sur tout le territoire français. 



  Actuellement, dans l'élan suscité par les futurs jeux olympiques de Paris de 2024, les possesseurs de trésors concernant le sport et les sportifs sont sollicités.

  N'hésitez pas à vous rapprocher d'un centre d'archives afin de partager vos photos, vos papiers administratifs, vos tracts et autres affiches. 

  Le sport fait souvent partie de l'histoire familiale, entre pratique et passion. Nous avions abordé ce sujet en 2018 ici!


dimanche 7 mai 2023

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 42

1ère partie

Un passionné aux mille vies généalogiques

Frédéric est bien connu des généalogistes (35000 abonnés à sa page Facebook « Génialogie » !*), des auditeurs de RCF Carcassonne, des passionnés d’histoire qui suivent ses conférences et/ou lisent ses chroniques et ses livres (Histoire de femmes et de mères, XVIe – XVIIIe siècles).

Mais saviez-vous que sa passion de l’histoire et de la généalogie a commencé dès l’enfance ?

C’est l’histoire de cette double passion que Frédéric nous dévoile dans son témoignage.

Dans le bain de l’histoire et de la généalogie

Tout comme ses héros d’enfance, Astérix et Obélix, Frédéric tombe dans la marmite de l’histoire et de la généalogie étant enfant, et, il n’hésite pas à parler de véritable coup de foudre dès l’âge de 6 – 7 ans ! Il aime beaucoup lire des bandes dessinées historiques, se régale des aventures des Gaulois et des Romains, et ses parents entretiennent son goût pour l’histoire en allant visiter Carcassonne et les châteaux cathares, en assistant à des spectacles « son et lumière », en voyageant, en proposant des lectures ou des films (Le dernier jour de Pompéi, de Peter Nicholson, reste gravé dans sa mémoire).

Et pendant les vacances scolaires ? Frédéric baigne littéralement dans l’histoire et la généalogie grâce à sa grand-mère qui habitait Citou, un petit village du nord de l’Aude dans la Montagne noire. Le village était lui-même un livre d’histoire à ciel ouvert avec sa vieille église, son vieux château et la moitié des maisons abandonnées, ce qui inspirait beaucoup de questions à Frédéric.

Des questions, Frédéric en posait plein à sa grand-mère qui appréciait la curiosité de son petit-fils. Elle aimait raconter ses souvenirs de famille ainsi que les anecdotes dont lui parlaient ses propres grands-parents.

Justement, une anecdote pas banale marque l’esprit du jeune Frédéric. Au début du XIXe siècle, l’arrière-grand-père de sa grand-mère est cantonnier. Un jour, dans la montagne, il trouve une veste. Pas n’importe quelle veste ! La veste du maréchal Soult, perdue lors d’une partie de chasse ! L’aïeul (ou quadrisaïeul si on veut être précis) la rapporte au maréchal qui, en remerciement, offre un emploi pour son fils. De cette histoire, Frédéric en retire la sensation d’une grande proximité avec l’Histoire : il se dit qu’il n’y a que 4 intermédiaires entre lui et son aïeul qui a connu le maréchal Soult, et, de là, seulement 5 intermédiaires qui le séparent de Napoléon Ier !

Auteur historique dès l’âge de 12 - 13 ans

Avec une enfance bercée par l’histoire et la généalogie, c’est tout naturellement que Frédéric commence à s’intéresser aux registres d’état civil et aux « paroissiaux », d’abord en mairie puis aux AD 11 (Archives départementales de l’Aude). Il s’installe « dans son coin », pose des questions à la secrétaire de mairie, potasse les actes anciens qu’il apprend à lire « sur le tas » et reçoit aussi l’aide du directeur des AD 11 pour les actes notariés. Pendant ce temps, avec sa grand-mère, il découvre les outils du quotidien et tout le vocabulaire et le savoir-faire qui vont avec.

C’est ainsi qu’il rédige une histoire de son village à l’âge de 12 – 13 ans, sous la forme d’un « petit » fascicule de 30-40 pages !

Il enchaîne avec sa généalogie qu’il remonte sur plusieurs générations, puis sur l’origine du patronyme de sa grand-mère (Santoul) et les ancêtres de celle-ci qu’il retrouve dans une autre vallée, dans un mas « Santoul » en 1755.

On l’aura bien compris, Frédéric est déjà un historien et un généalogiste aguerri quand il entame des études d’histoire !

Faire de sa passion plusieurs métiers

Ses études d’histoire le mènent à devenir professeur d’histoire, entre Toulouse, Cayenne ou encore Miami avant de revenir sur ses terres.

Parallèlement, il fait des recherches généalogiques pour des amis, et, de là, il crée une micro-entreprise de généalogie.

Puis, grâce aux relevés des actes et des mentions qu’il a pris soin de faire lui-même dès ses premières recherches, il rédige un ouvrage intitulé Histoire de femmes et de mères, XVIe – XVIIIe siècles et crée une page Facebook « Génialogie »* dédiée à la micro-histoire et au quotidien des ancêtres, thèmes qu’il estime être des compléments nécessaires à la généalogie. Grand succès avec 35000 abonnés !

Et, c’est toujours avec la même passion qu’il passe 2 à 3 heures par jour de recherche pour alimenter cette page FB et répondre ainsi à la curiosité et à l’intérêt des lecteurs en quête de racines et d’identité … tout en préparant un nouveau livre intitulé Etre un enfant XVIe – XVIIIe siècles.

*Heureux hasard généalogique : la « génialogie » a déjà été évoquée sur notre blog, à la date du 30/03/2015, sous la plume de Suzanne, jeune généalogiste de 9 ans !

samedi 22 avril 2023

La découverte de la famille biologique

 Encore un roman graphique autobiographique sur la famille! Encore une belle histoire à partager.

   Cette BD en noir et blanc raconte l'histoire de Sophie et de ses trois sœurs abandonnées par leur famille en Corée et adoptées en France. L'une d'elles retourne en Corée afin de retrouver et rencontrer les membres de la famille biologique. Puis Sophie, la petite dernière et autrice de cet ouvrage, l'accompagne lors d'un autre voyage pour partager cette expérience. Elle nous raconte son histoire, ses impressions et son ressenti avec sincérité et humour. Ses interprétations des photos de famille sont particulièrement émouvantes.
   Le sujet abordé est rare et rend ce témoignage précieux.

mercredi 5 avril 2023

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 41

  Je m’appelle Simon, je suis élève de 3ème au collège du Hugstein à Buhl (Haut-Rhin), et cela fait environ 2 ans que je fais de la généalogie.

  J'ai rejoint le club de généalogie, car j'étais très intéressé par l'histoire de ma famille et j'ai voulu en savoir plus sur mes ancêtres. Ce que j'aime particulièrement lorsque je réalise des recherches, c'est la découverte de nouvelles informations sur mes ancêtres, par exemple de voir que mon arrière-grand-père était maire de Landersheim et de voir comment tout cela s'intègre dans l'histoire de ma famille. Ma famille et mes amis proches m'encouragent dans mes recherches. Ils ont été étonnés de voir tout ce que j’avais trouvé sur leurs ancêtres et ils sont curieux de connaître la suite. Cela m’a également permis de mieux comprendre ma famille, de quels ancêtres communs mes cousins et petits cousins venaient, etc… 

  Dans mes recherches, les difficultés sont principalement liées à la fiabilité des informations et à la compréhension des documents d'archives. Par exemple, sur Généanet, il y a des personnes qui ont déjà effectué des recherches sur les ancêtres que je recherche, cependant, certaines informations sont fausses et nous mènent sur de fausses pistes. C’est pour cela qu’il faut toujours vérifier les informations sur les registres d’état civil par exemple. Il y a également une autre difficulté, celle d’arriver à déchiffrer les archives qui sont écrites en allemand, car à partir de 1871, l’Alsace fut allemande jusqu’en 1918.

  Une découverte m'a particulièrement surpris :  l'un de mes ancêtres a été soldat durant la Première Guerre mondiale. Il est né en 1894, il avait donc tout juste 20 ans au début de la guerre. Mais ce n’est pas tout, le 24 avril 1940, il fut convoqué au dépôt de guerre et fut affecté à la 101ème Batterie, puis le lendemain, il fut dirigé sur le 7ème BOA (Bureau des opérations aériennes) de Belfort. Cependant, le 22 février 1943, il fut muté à Munich pour être employé dans des usines allemandes. Il est finalement rapatrié en Alsace le 23 mai 1945. Toutes ces informations, je les ai obtenues en étudiant des actes et des documents que ma grand-mère m’a donnés. Dans ces documents, il y avait par exemple des cartes de « l’Union nationale des combattants », des cartes « de rapatrié et de déporté ». Il y avait des actes de naissance, de mariage, de décès et il y avait également de vieux passeports et journaux de bord. 



  Ces recherches m’ont permis de discuter avec ma grand-mère de l’histoire de sa famille et de discuter avec mes parents et mes grands-parents, et m’a permis d’avancer dans mes recherches de façon plus rapide. Cela m'a permis de mieux comprendre l'histoire de ma famille et de voir comment mes ancêtres ont été impliqués dans les événements de l'époque, par exemple dans la Première et la Seconde Guerre mondiale. Pour la suite de mes recherches, je compte poursuivre car j'ai encore beaucoup à découvrir sur ma famille et cela me passionne.

 


mercredi 29 mars 2023

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 40

Généalogie, une passion qui ne se perd pas

Je m'appelle Sébastien MASSART, j'ai 30 ans et j'habite en Belgique à Gand (région flamande). Pour comprendre ma passion pour la généalogie, il faut savoir que je suis franco-belge. Mon père est belge et ma mère française.

Cela vous semble étrange ? Je peux comprendre car mon nom de famille est français. Mes ancêtres paternels sont en effet originaires du Nord-Pas-de-Calais. Mais ici en Belgique, et surtout en région flamande, on trouve beaucoup de noms français. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont tous d’origine française ou wallonne.

J'ai commencé la généalogie il y a une quinzaine d'années. L’histoire familiale est quelque chose de très important pour moi. C'est grâce à ces histoires que j'ai développé ma passion pour la généalogie et l’histoire. Chaque famille a sa propre histoire et la mienne était si intéressante que j'ai voulu en savoir plus : qui sont mes ancêtres ? qu'est-ce qu'ils ont fait dans la vie ? d'où venaient-ils ? etcetera etcetera.

Pourtant j'ai commencé la généalogie grâce à mes grands-parents. Mon grand-père paternel avait déjà commencé la généalogie de la famille MASSART et il m'avait dit que la famille était originaire de la commune de Watten et qu'il avait pu remonter jusqu'à la Révolution française. Sa santé l'empêchait de continuer. Après sa mort en 2002, j'ai attendu quelques années avant de continuer la généalogie de la famille. C'est grâce à sa femme, ma grand-mère. Elle m'en a parlé, elle avait encore gardé tous les informations/documents de mon grand-père de ce qu'il a pu trouver pendant toutes ces années de recherche. Et en plus elle m’a montré le blason familial qu’il avait fait faire ! À partir de là, j'ai retracé la famille. Internet venait juste de s'améliorer et avec les sites disponibles j'ai pu continuer ses recherches. Si je me souviens bien, les premiers sites que j'avais consultés ont été Geneanet, des forums et des sites d’archives départementales ou nationales.  



Ce n'est pas seulement grâce à mon grand-père paternel que ma passion pour la généalogie a été si énorme. Mon grand-père maternel était un passionné de la généalogie, et il l’est toujours. Souvent il parle de sa famille, de ses grands-parents, ses tantes, ses oncles, neveux et nièces etc.

La mère de mon grand-père maternel venait de la noblesse locale du Béarn (avec un blason superbe). C'est aussi un peu une déclinaison pour moi si j'ai voulu faire la généalogie. J’ai même pu assister en étant jeune à une réunion de famille de cette famille noble, car j’en descendais. Beaucoup de gens pensent qu'on descend de la noblesse. Pour ma part, c'est juste. Surtout du côté de mes grands-parents maternels. Ensuite, j'ai voulu savoir si dans ma famille du côté paternel ils étaient nobles. Jusqu'à aujourd'hui, j'ai découvert quelques mariages entre un noble et un non-noble dans ma famille. Ce sont ces petites découvertes qui me font plaisir, sur la façon de vivre et comment ils ont vécu dans ces moments-là. Qu’on descende d’un noble ou pas, ce n’est pas ça qui m'intéresse. Le plus important pour moi, c'est que j'aime bien savoir qui étaient mes ancêtres, que faisaient-ils ? étaient-ils riches ? etc. Car tout le monde sait que si on connaît nos ancêtres, on sait qui on est aujourd'hui. 

Mes recherches

En cherchant sur internet, sur les sites disponibles, j’ai trouvé des traces sur ma famille. Comme chaque débutant, on est trop sûr de ce qu’on trouve : je n'ai donc pas vérifié les sources ! Mais, au fur et à mesure, j’ai découvert que je pouvais consulter les BMS et NMD en ligne sur les sites d’archives. Depuis ce moment-là, je vérifie tout ce que je trouve sur les personnes de ma famille.

J’ai appris à lire les actes de BMS et NMD par moi-même. Au début, ça n'était pas facile, mais on arrive à les lire de mieux en mieux au fil des années.   

Pour faire des recherches sur les membres de ma famille, je tape toujours dans Google leur « nom + genea ». Après, je regarde les différentes propositions. Pour le moment, j’essaie de consulter tout ce qui est en ligne (BMS, recensements, NMD, association locale, livre historique en ligne, fonds d'érudits). Si j’avais le temps, je me déplacerais aux archives, mais comme la plupart de mes ancêtres sont français, c’est un peu compliqué de se déplacer. Surtout les archives de notaire, anciens livres, quelques fonds d'érudits, les états de biens, etc. ne sont pas encore disponibles en ligne, donc cela ne facilite pas les recherches. Surtout quand on a peu de temps, à cause du travail qu’on fait.

Moi, je suis fan de GENEANET (https://gw.geneanet.org) , car c’est très facile à utiliser, gratuit et fiable. Au début, j’avais un compte gratuit mais aujourd’hui je suis « Premium ». Je conseille à tout le monde d’utiliser Geneanet, mais il faut savoir que tous les arbres sur ce site sont à consulter avec prudence. Il faut toujours contrôler les sources.

La vérification des sources se fait par les BMS et NMD sur les sites des archives départementales, nationales ou locales. Aussi les lectures dans la presse ancienne sont à consulter pour trouver des informations en plus. 

Aujourd’hui, je suis encore actif dans la généalogie. Je suis membre de plusieurs groupes sur Facebook concernant la généalogie et l’histoire, des groupes en français, anglais et néerlandais. A part être actif dans quelques associations, je suis également actif comme auteur pour un site néerlandais. Le site s’appelle YORY ( https://www.yory.nl ) traite de sujets généalogiques et historiques, écrits par des amateurs de généalogie, comme moi.

La généalogie m’apporte beaucoup, car je développe des passions, des recherches inconnues. Je n’ai pas encore pu trouver une réponse à toutes mes questions, mais cela est normal. Chaque jour on découvre des choses sur le passé familial. Par exemple, récemment, j’ai découvert plusieurs enfants d’un couple que j'ignorais totalement. Une question qui me reste dans ma tête est celle des ancêtres de ma mère. La plupart d'entre eux sont des artistes peintres (connus dans le Béarn, notamment René-Marie CASTAING (https://www.rene-marie-castaing.com). Nous pensons encore aujourd'hui que nous descendons du fameux collectionneur et docteur Louis LACAZE, car sa domestique est la mère de mes ancêtres maternels. C’est bien dommage que les descendants directs de Mr. LACAZE ne veuillent pas de test ADN pour vérifier si cette histoire est vraie.

Pour moi la généalogie est très importante dans la vie. C’est ma passion, mon passe-temps. Faire des découvertes sur la famille c’est génial et intéressant. Et en plus comme je fais ceci depuis très longtemps, des membres de ma famille me demandent des informations sur leurs ancêtres. 

Mes conseils aux jeunes

Ce que je conseille aux jeunes et débutants, c'est de ne pas avoir trop d'espérance sur leurs ancêtres. Beaucoup d'entre eux veulent trouver des grands noms, des nobles, mais souvent ce n’est pas le cas. Il faut être content avec les ancêtres qu’on a. 

Je dis toujours aux autres qu’il ne faut ni être timide, ni hésiter à avouer que tu fais de la généalogie. Le plus important est que c’est toi qui aimes faire ça. 

La généalogie est quelque chose qui reste dans ta vie. Elle est indéfinie. Cela fait déjà 15 ans que j’en fais, et je n'ai pas encore terminé. Bien sûr je ne fais pas la généalogie 24h/24h, mais cela reste une passion, on en fait un petit peu par jour, sans s’ennuyer. Au début, tu galères à trouver et chercher, mais si tu ne baisses pas les bras, les récompenses sont tellement bien, que l’envie de continuer reste.


jeudi 16 mars 2023

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 39

 Il n'y a pas d'âge pour retrouver SON histoire.

   Alors que j'ai désormais dépassé largement la soixantaine, je me souviens avec émotion de ma première découverte de la généalogie.

   Je devais avoir 12 ou 13 ans. Depuis plusieurs années, passionnée d'histoire, je dévorais récits et romans où je découvrais la vie de multiples héros, personnages réels ou imaginaires. C'est ainsi que l'idée de m'intéresser à ma propre histoire a commencé à germer.

   J'étais en vacances chez mes grands-parents maternels. J'ai alors commencé par les questions habituelles : c'était comment quand tu étais petit (e) ? comment s'appelaient tes parents ?
Mon grand-père m'a alors apporté une liasse de documents assez volumineuse.

   Alors que je l'interrogeai sur le contenu, il m'a répondu que je pouvais les garder, qu'il s'agissait de faire-parts de décès du début du 20e siècle et que j'y trouverais beaucoup de personnes de ma famille.
Mais je n'en suis pas restée là. A partir des faire-parts j'ai continué à poser des questions. J'ai pris une grande feuille de papier et j'ai commencé à écrire des noms, des prénoms, des dates, des lieux. Plus la feuille se remplissait, plus j'avais de questions à poser. J'ai dû ajouter quelques feuilles. Je possède toujours ces feuilles, dans une chemise en carton où j'avais écrit au feutre noir "généalogie".

   Ce fut le début, puis rapidement, la fin des recherches. A cette époque, il fallait se rendre dans les mairies ou les archives ; difficile quand on n'est pas encore adulte. Ce n'est que quelques décennies plus tard que j'ai repris cette chemise. L'institutrice de ma fille avait demandé à ses élèves d'apporter ce qu'ils avaient sur leur famille. J'ai alors rouvert la chemise… 


…et cette fois-ci elle ne s'est pas refermée ; elle est toujours ouverte.

Récit de Martine Riou.