mercredi 4 mai 2022

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 34

 Florine Vansante partage son expérience au sein de son club généalogie:

   J'ai rejoint le club généalogie car mon professeur M. Godmet me l'a proposé et je suis venue, j'ai commencé, j'ai continué et je ne suis pas partie. J'ai même entraîné une amie qui, elle aussi, a commencé, continué et ne s'est pas arrêtée.

   Dans mes recherches, j'aime particulièrement trouver des ancêtres de plus en plus loin dans mon arbre généalogique, j'ai déjà retrouvé une personne ayant vécu en 1500.

   Ma famille, et plus particulièrement mes grands-parents, m'ont soutenue dans mes recherches en me montrant des photos et des documents très importants.

   Je rencontre des difficultés dans la branche du côté de mon père, car ils ont des origines belges et il faudrait écrire une lettre pour la mairie du village où ils ont vécu.

   Une des découvertes qui m'a surprise est que mon ancêtre du côté de ma mère est mort pendant la première guerre mondiale.

   Je me vois continuer la suite de mes recherches pendant encore un grand moment, car je ne pourrais pas arrêter d'un coup vu où j'en suis actuellement. Ce sont des recherches de plus en plus approfondies de jour en jour avec également beaucoup d'aide de mon professeur sans qui je ne serais pas à ce niveau-là aujourd'hui.

   J'espère en tout cas faire plein de belles découvertes en continuant la généalogie et remonter encore plus loin dans mon arbre.



dimanche 24 avril 2022

Famille traditionnelle recherche artiste

    L'humour et le trait de Florence Cestac ne se présentent plus. Elle peint dans cette BD sa propre histoire familiale. Elle ne cache rien de ses parents (un père autoritaire allergique à la tendresse, une mère aimante et fée du logis), de ses complexes, de sa rébellion d'artiste, de leurs relations jusqu'à leur décès. Le ton est léger, les couleurs éclatantes, les anecdotes vécues et digérées.

   Cet album est savoureux et permettra sûrement à certains de relativiser leurs traumatismes familiaux.

Un Papa, une Maman, une famille formidable (la mienne!), de Florence Cestac, aux éditions Dargaud, 2021

lundi 4 avril 2022

#Genea ou comment nous sommes tombés dans la généalogie tout petits ! Episode 33

 Témoignage de Lionel Godmet sur le club de généalogie qu'il anime.

A la rentrée scolaire 2019, j’ai proposé, une fois par semaine lors de la pause méridienne, d’animer un club généalogie au collège de Soultz (Haut-Rhin). Très vite une quinzaine d’élèves de tous niveaux sont partis à la recherche de leurs ancêtres.

   Depuis, chaque vendredi, les élèves s’installent en salle informatique, mettent à jour les informations collectées en famille les jours précédents et par le biais des sites d’archives ou de bases de données, cherchent à compléter leurs arbres généalogiques. Régulièrement, le groupe se retrouve dans ma salle de classe pour dresser un bilan sur l’avancée des recherches de chacun. C’est également l’occasion pour moi de donner aux élèves de nouvelles pistes de recherche : recensements, matricules militaires, ouvrages de sociétés d’histoire locale…



   Régulièrement les élèves reçoivent un mail, avec des conseils et des informations pour poursuivre leurs recherches personnelles. Ainsi chaque élève sait, en principe, comment il va poursuivre son travail lors de notre rencontre hebdomadaire.

   Enfin, grâce à l’application moodle, les élèves disposent sur internet d’une page dédiée au Club généalogie. Les élèves y trouvent les liens pour consulter les sites des Archives du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, une lettre type pour demander une copie d’acte en mairie, les conditions pour obtenir le Brevet de jeune généalogiste. Dans un dossier nominatif, je publie parfois des documents (articles de presse, extraits d’ouvrages) ainsi que des actes déchiffrés, traduits sur lesquels les élèves restaient bloqués. Cette application les aide aussi à poursuivre leurs recherches en dehors du temps scolaire.

   Nous bénéficions de la proximité du CRHF1 situé à Guebwiller, ville voisine de Soultz. Aussi les bénévoles de cette structure nous ont accueillis lors d’une demi-journée où, sous forme d’un quizz, les élèves ont pu découvrir la multitude de documents mise à la disposition des généalogistes. En juin dernier, ils ont bénéficié d’une formation animée par madame Doris Kasser-Freytag consacrée à la paléographie. Enfin les 16 et 17 octobre 2021, le CRHF a invité les élèves à exposer leurs travaux lors du salon « l’Arbre dans tous ses états » à Guebwiller.

   De nombreux élèves ont découvert qu’ils ont des liens familiaux entre eux. Certains tissent une relation fraternelle avec leur nouveau cousin, d’autres parfois accueillent l’information avec dépit… On ne choisit pas sa famille ! De mon côté avec un arrière-grand-père originaire de la zone de recrutement du collège, je cumule avec 3 élèves, le statut d’enseignant avec celui de cousin.

   Je constate que le club généalogie suscite aussi l’intérêt des parents qui soutiennent et encouragent leurs enfants dans leurs recherches. Lors des réunions parents/profs la conversation porte parfois autant sur l’avancée des recherches en généalogie de l’enfant que sur son bilan scolaire.

   Les échanges avec certains parents sont parfois particulièrement poignants, comme avec ce père de famille originaire de l’île de la Réunion qui s’interrogeait depuis de nombreuses années sur l’histoire de sa famille. Les archives en ligne nous ont permis de mettre la main sur l’acte d’affranchissement d’une aïeule. La copie de ce document qui mentionne pour la première fois le patronyme de l’ancienne esclave est désormais encadrée et accrochée au domicile de cette famille.

   Parmi les difficultés rencontrées, je note la tendance de nos élèves à recopier, sans les vérifier, les informations partagées sur certains sites. Ils veulent, rapidement remonter le plus loin possible, sans se plonger dans les archives numérisées. Sans cesse il faut les y encourager. Sans cesse il faut leur rappeler que toute information trouvée à un intérêt. Parfois ils oublient de s’intéresser à un aïeul, maire de son village, commerçant, tombé à Verdun…, qui mériterait des recherches plus approfondies.

   En Alsace, les généalogistes font face à une difficulté supplémentaire qui décourage parfois les élèves: la lecture des actes rédigés en allemand et en écriture Sütterlin. Pour pallier cette difficulté, c’est souvent moi qui m’y colle… et qui progresse en paléographie et en allemand !

   Enfin, avec des ancêtres d’origines étrangères, le silence de certains parents ou grands-parents brise parfois l’élan des élèves dans leur volonté de connaître leurs ascendants. Il convient de leur faire accepter cette situation et les inviter à réaliser d’autres recherches, sur une autre branche familiale, sur l’origine de leur patronyme, sur la généalogie d’une célébrité locale…

   Indéniablement cette activité permet aux élèves de mieux situer les événements de l’histoire contemporaine. Elle favorise le travail en autonomie, et aussi la coopération. Elle constitue également, pour reprendre une expression chère à l’Éducation Nationale, une expérience qui favorise le vivre ensemble.



   Au collège de Soultz, actuellement le club réunit une trentaine d’élèves auxquels s’est ajouté un enseignant d’histoire géographie qui, tout en débutant ses recherches généalogiques, accompagne les élèves. Intervenant dans un deuxième établissement, j’ai lancé en septembre dernier, au collège de Buhl, un club similaire. Il réunit une quinzaine d’élèves également très motivés.

   Bref, animer un club généalogie en collège, c’est pour moi l’occasion de partager une passion, c’est se lancer dans une aventure qui enrichit autant les élèves que l’enseignant.


1 Centre de Recherches et d’Histoire des Familles

mercredi 16 mars 2022

Comment re-composer une famille

   Ce livre suit le quotidien d'une nouvelle famille, celle formée récemment par Camille et Julien. Chacun a des enfants, des ex, des amis, des chats ou un chien ou des plantes, des goûts culinaires, des choix vestimentaires, des habitudes, des traditions, de la tendresse, de la patience, des semaines avec, des semaines sans... Bref une vie passée à conjuguer au présent pour espérer un avenir.

   Ce livre est bourré d'humour, d'anecdotes, de situations cocasses et de réflexion sur la famille et ses liens. Il est composé d'illustrations en noir et blanc accompagnées de courts textes. Il se lit aisément et rapidement et donne envie de se jeter dans l'aventure.

La famille puzzle, petites chroniques d'une famille recomposée, par Pascle Bougeault, aux éditions Rue de l'Echiquier, 2020

mardi 8 mars 2022

Nos grands-pères, ces héros

   Cette BD est incontournable. Elle raconte l'histoire des deux grands-pères espagnols de l'auteur. De leur poids sur sa propre vie, de la transmission à ses enfants de leur histoire familiale qui danse avec l'histoire des extrêmes en Europe. 

   On ne peut lâcher cet album, chacune des 180 pages happe le lecteur, par sa douceur ou sa violence ou encore l'intense émotion qui s'en dégage. Les images sont fouillées, rappelant des photos instantanées, les couleurs omniprésentes surprennent parfois, vives mais tellement justes. La démarche de David Sala est personnelle, il nous embarque dans ses visions, ses ressentis et sa famille.

   A déguster et faire déguster à nos ados de toute urgence, le temps présent ressemblant trop aux temps passés!

Le poids des héros de David Sala, aux éditions Casterman, 2021  (quelques pages à feuilleter sous ce lien)

mardi 1 mars 2022

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 32

 Ils tracent ma route (témoignage de Jennifer QUERTIER)

Le rôle fondateur du grand-père maternel

C’est vers l’âge de 10 ans que Jennifer entend parler d’arbre généalogique pour la première fois grâce à son grand-père maternel. Ses racines lui manquaient, notamment ses grands-parents paternels qu’il n’avait jamais connus. Jennifer découvre les origines polonaises (en Ukraine aujourd’hui) de son grand-père, un drame – celui du décès prématuré de la mère de son grand-père âgé de 2 ans seulement (l’arrière grand-mère de Jennifer) et des questionnements auréolés de mystère. L’arrière grand-père de Jennifer se serait-il marié deux fois ? Vivant près de Mulhouse, pourquoi son petit garçon (le grand-père de Jennifer) - né à Mazamet - y est-il resté jusqu’à l’âge de 6 ans ? L’arrière grand-père semble avoir gardé ses secrets et son grand-père est décédé désormais …

Étapes de vie/étapes généalogiques et coïncidences

A l’adolescence, momentanément, la généalogie n’intéresse plus Jennifer, heureuse de vivre entourée de ses parents, grands-parents et d’une arrière grand-mère.

C’est enceinte de son fils aîné que Jennifer éprouve le besoin de revenir à la généalogie. Après une expérience décevante/frustrante dans un service d’Archives départementales, elle se lance dans l’interview de ses 15 cousins-cousines, ses trois grands-parents vivants, quatre oncles paternels, ainsi que sa grande-tante Colette !

Quand Jennifer apprend que son père est gravement malade il y a 5 ans de cela environ, elle entreprend de véritables recherches généalogiques. Elle envoie ses résultats aux membres de la famille qui se révèlent intéressés, mais est attristée de ne pas avoir eu le temps de montrer quoi que ce soit à son père parti trop vite.

Une autre étape dans le parcours généalogique de Jennifer, c’est la multiplication des coïncidences avec sa nouvelle proximité géographique avec sa famille paternelle :

  • Quand elle vient habiter Allouville-Bellefosse, le village où vivait déjà le futur père de son fils, elle ne sait pas encore que ce village est précisément le berceau de sa famille paternelle ! Le hasard de cette rencontre entre en résonance avec le fameux chêne d’Allouville qui l’a toujours attirée et pour lequel elle éprouve une sorte d’affection en pensant que ses ancêtres l’ont bien connu, même les plus anciens d’entre eux

le chêne d'Allouville 
http://www.archivesdepartementales76.net/


  • De par son métier de chauffeur de cars scolaires, elle a été amenée à passer - tous les jours - devant pas moins de 7 cimetières où 16 de ses ancêtres paternels sont inhumés

  • Sa fille allait en nourrice dans une commune voisine, celle où est enterré l’un de ses arrière grands-pères

  • Sa fille va désormais à l’école dans la commune où est né l’un de ses arrière grands-pères

  • La famille vit actuellement dans la commune où est né un autre de ses arrière grands-pères.

En faisant son arbre généalogique, Jennifer a remonté le temps et elle a l’impression de recevoir des clins d’œil de ses ancêtres, comme s’ils rejouaient un peu leurs vies avec la sienne en lui montrant leurs routes.

De là, de nouvelles questions apparaissent, touchant à des faits/événements qui se répètent à plusieurs générations d’écart et à la présence d’homonymes dans le Pays de Caux, dont elle ne sait pas encore s’ils sont apparentés avec elle … à suivre !

Des projets de recherches et de transmissions multiples :

  • Après avoir remonté sa lignée agnatique QUERTIER jusqu’au XVIIe siècle à Allouville-Bellefosse, Jennifer souhaite étoffer cette branche avec toutes les épouses 

  • Elle se fixe l’objectif de reconstituer toutes les branches polonaises et allemandes de sa famille jusqu’en 1900 

  • Jennifer a pris plaisir à offrir à sa grand-mère maternelle un bel arbre imprimé et un classeur généalogiques regroupant toutes les recherches dans cette branche 

  • Forte de son expérience, elle a réalisé un arbre et un classeur généalogiques pour le centième anniversaire de la Mamie d’un couple d’amis 

  • Jennifer souhaite susciter aussi l’intérêt de ses enfants. Quand il a découvert son propre nom inscrit sur le monument aux morts du village, son fils aîné a été surpris et intéressé : cela voulait dire qu’un de ses ancêtres paternels est décédé au cours de la Première Guerre mondiale. Mais il n’a pas eu envie d’entamer des recherches ensuite. Quant à sa petite fille de 4 ans, elle a adoré réaliser avec l’aide de sa Maman un grand arbre/rouleau généalogique à base d’étiquettes et de photos découpées et collées. Elles y ont passé deux heures ensemble sans pause !

  • Avec sa reconversion professionnelle en cours, Jennifer songe désormais à des animations généalogiques dans un EHPAD pour renforcer les liens familiaux entre les résidents et leurs familles, et à des ateliers d’initiation généalogique dans une école pour que les enfants puissent bénéficier des qualités pédagogiques de la généalogie.