mercredi 16 mars 2022

Comment re-composer une famille

   Ce livre suit le quotidien d'une nouvelle famille, celle formée récemment par Camille et Julien. Chacun a des enfants, des ex, des amis, des chats ou un chien ou des plantes, des goûts culinaires, des choix vestimentaires, des habitudes, des traditions, de la tendresse, de la patience, des semaines avec, des semaines sans... Bref une vie passée à conjuguer au présent pour espérer un avenir.

   Ce livre est bourré d'humour, d'anecdotes, de situations cocasses et de réflexion sur la famille et ses liens. Il est composé d'illustrations en noir et blanc accompagnées de courts textes. Il se lit aisément et rapidement et donne envie de se jeter dans l'aventure.

La famille puzzle, petites chroniques d'une famille recomposée, par Pascle Bougeault, aux éditions Rue de l'Echiquier, 2020

mardi 8 mars 2022

Nos grands-pères, ces héros

   Cette BD est incontournable. Elle raconte l'histoire des deux grands-pères espagnols de l'auteur. De leur poids sur sa propre vie, de la transmission à ses enfants de leur histoire familiale qui danse avec l'histoire des extrêmes en Europe. 

   On ne peut lâcher cet album, chacune des 180 pages happe le lecteur, par sa douceur ou sa violence ou encore l'intense émotion qui s'en dégage. Les images sont fouillées, rappelant des photos instantanées, les couleurs omniprésentes surprennent parfois, vives mais tellement justes. La démarche de David Sala est personnelle, il nous embarque dans ses visions, ses ressentis et sa famille.

   A déguster et faire déguster à nos ados de toute urgence, le temps présent ressemblant trop aux temps passés!

Le poids des héros de David Sala, aux éditions Casterman, 2021  (quelques pages à feuilleter sous ce lien)

mardi 1 mars 2022

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 32

 Ils tracent ma route (témoignage de Jennifer QUERTIER)

Le rôle fondateur du grand-père maternel

C’est vers l’âge de 10 ans que Jennifer entend parler d’arbre généalogique pour la première fois grâce à son grand-père maternel. Ses racines lui manquaient, notamment ses grands-parents paternels qu’il n’avait jamais connus. Jennifer découvre les origines polonaises (en Ukraine aujourd’hui) de son grand-père, un drame – celui du décès prématuré de la mère de son grand-père âgé de 2 ans seulement (l’arrière grand-mère de Jennifer) et des questionnements auréolés de mystère. L’arrière grand-père de Jennifer se serait-il marié deux fois ? Vivant près de Mulhouse, pourquoi son petit garçon (le grand-père de Jennifer) - né à Mazamet - y est-il resté jusqu’à l’âge de 6 ans ? L’arrière grand-père semble avoir gardé ses secrets et son grand-père est décédé désormais …

Étapes de vie/étapes généalogiques et coïncidences

A l’adolescence, momentanément, la généalogie n’intéresse plus Jennifer, heureuse de vivre entourée de ses parents, grands-parents et d’une arrière grand-mère.

C’est enceinte de son fils aîné que Jennifer éprouve le besoin de revenir à la généalogie. Après une expérience décevante/frustrante dans un service d’Archives départementales, elle se lance dans l’interview de ses 15 cousins-cousines, ses trois grands-parents vivants, quatre oncles paternels, ainsi que sa grande-tante Colette !

Quand Jennifer apprend que son père est gravement malade il y a 5 ans de cela environ, elle entreprend de véritables recherches généalogiques. Elle envoie ses résultats aux membres de la famille qui se révèlent intéressés, mais est attristée de ne pas avoir eu le temps de montrer quoi que ce soit à son père parti trop vite.

Une autre étape dans le parcours généalogique de Jennifer, c’est la multiplication des coïncidences avec sa nouvelle proximité géographique avec sa famille paternelle :

  • Quand elle vient habiter Allouville-Bellefosse, le village où vivait déjà le futur père de son fils, elle ne sait pas encore que ce village est précisément le berceau de sa famille paternelle ! Le hasard de cette rencontre entre en résonance avec le fameux chêne d’Allouville qui l’a toujours attirée et pour lequel elle éprouve une sorte d’affection en pensant que ses ancêtres l’ont bien connu, même les plus anciens d’entre eux

le chêne d'Allouville 
http://www.archivesdepartementales76.net/


  • De par son métier de chauffeur de cars scolaires, elle a été amenée à passer - tous les jours - devant pas moins de 7 cimetières où 16 de ses ancêtres paternels sont inhumés

  • Sa fille allait en nourrice dans une commune voisine, celle où est enterré l’un de ses arrière grands-pères

  • Sa fille va désormais à l’école dans la commune où est né l’un de ses arrière grands-pères

  • La famille vit actuellement dans la commune où est né un autre de ses arrière grands-pères.

En faisant son arbre généalogique, Jennifer a remonté le temps et elle a l’impression de recevoir des clins d’œil de ses ancêtres, comme s’ils rejouaient un peu leurs vies avec la sienne en lui montrant leurs routes.

De là, de nouvelles questions apparaissent, touchant à des faits/événements qui se répètent à plusieurs générations d’écart et à la présence d’homonymes dans le Pays de Caux, dont elle ne sait pas encore s’ils sont apparentés avec elle … à suivre !

Des projets de recherches et de transmissions multiples :

  • Après avoir remonté sa lignée agnatique QUERTIER jusqu’au XVIIe siècle à Allouville-Bellefosse, Jennifer souhaite étoffer cette branche avec toutes les épouses 

  • Elle se fixe l’objectif de reconstituer toutes les branches polonaises et allemandes de sa famille jusqu’en 1900 

  • Jennifer a pris plaisir à offrir à sa grand-mère maternelle un bel arbre imprimé et un classeur généalogiques regroupant toutes les recherches dans cette branche 

  • Forte de son expérience, elle a réalisé un arbre et un classeur généalogiques pour le centième anniversaire de la Mamie d’un couple d’amis 

  • Jennifer souhaite susciter aussi l’intérêt de ses enfants. Quand il a découvert son propre nom inscrit sur le monument aux morts du village, son fils aîné a été surpris et intéressé : cela voulait dire qu’un de ses ancêtres paternels est décédé au cours de la Première Guerre mondiale. Mais il n’a pas eu envie d’entamer des recherches ensuite. Quant à sa petite fille de 4 ans, elle a adoré réaliser avec l’aide de sa Maman un grand arbre/rouleau généalogique à base d’étiquettes et de photos découpées et collées. Elles y ont passé deux heures ensemble sans pause !

  • Avec sa reconversion professionnelle en cours, Jennifer songe désormais à des animations généalogiques dans un EHPAD pour renforcer les liens familiaux entre les résidents et leurs familles, et à des ateliers d’initiation généalogique dans une école pour que les enfants puissent bénéficier des qualités pédagogiques de la généalogie.

dimanche 13 février 2022

La brigade des souvenirs

 


 Trois enfants passionnés par le passé nous emmènent dans leurs recherches. Tania, Alban et Théo décident de trouver une certaine Toinette dont ils ont découvert une lettre au fond d'une boîte rouillée. Ou le destinataire ou un descendant ou encore un membre de la famille... Leur curiosité les entraîne aux archives départementales, au service d'état civil de leur commune ou encore dans un grenier. Ils réussissent finalement à reconstituer l'histoire de cette lettre écrite pendant la première guerre mondiale et même une famille.


   Dans le tome 2 le trio développe des photos inédites oubliées dans un appareil photo acheté sur une brocante. Cette aventure va leur permettre de découvrir la terrible histoire des enfants de la Creuse. Une mère adoptive, un tribunal, une association via internet les aident à retrouver les personnes figurant sur les photos. 

Cette nouvelle série BD est agréable à lire, les personnages sont sympathiques, les jeunes héros sont vraiment actuels par leur vocabulaire et leur caractère. Les histoires sont accompagnées de dossier explicatif en fin d'album sur le sujet abordé. 

La brigade des souvenirs, de Carbone, Cee Cee Mia et Marko, aux éditions Dupuis

tome 1, la lettre de Toinette, septembre 2021

tome 2, mon île adorée, septembre 2021

Le tome 3 paraîtra durant l'été 2022 et le tome 4 est en cours d'écriture.



mardi 25 janvier 2022

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 31

 Témoignage de Brice:

Impossible de me rappeler de l’année exacte mais je devais avoir entre 8 et 10 ans. A Noël, j’avais reçu un petit tableau à double face. L’une pour écrire à la craie et l’autre pour y mettre des magnets composés de chiffres et de lettres.

Sur celui à la craie, j’avais fait un petit arbre avec les prénoms de mes parents et de mes grands-parents, je pense que ma mère avait dû rajouter certains arrière-grands-parents. Je me souviens alors avoir posé la question : « qui sont après eux ? ».

Il a donc fallu partir à la chasse aux ancêtres avec un papier et un stylo et récolter les informations auprès des plus anciens. Par chance, j’avais encore à ce moment là des aïeuls qui ont pu me renseigner.

À 15 minutes de chez moi, l’une de mes arrière-grands-mères m’a beaucoup aidé. Approchant pourtant les 90 ans, elle a pu me nommer plusieurs ancêtres et collatéraux qu’elle avait elle-même connus. Nous avons été au cimetière ensemble pour trouver les dates de naissance et de décès, notamment de ses parents et beaux-parents. Elle m’a sorti aussi de nombreuses photographies datant du début du XXème siècle. Je les ai aujourd’hui récupérées.

Un autre arrière-grand-père (que je ne voyais qu’une à deux fois par an parce qu’il habitait dans une autre région) a eu plus de difficultés à se souvenir. Ma grande tante a dû chercher le livret de famille pour retrouver le nom de ses propres parents. À l’époque, j’étais d’ailleurs étonné qu’il ne puisse pas me donner les prénoms de ses propres grands-parents. En réalité, j’ai découvert qu’ils étaient malheureusement tous morts avant sa naissance et qu’il ne pouvait pas alors s’en souvenir.

J’ai terminé ma collecte d’informations en allant chez un arrière-grand-oncle qui m’a aidé à remonter une autre branche.

Mon tout premier arbre était né. Pour éviter de le perdre, j’en avais fait plusieurs copies, j’en ai gardé plusieurs. Sur l’une des copies, ma petite sœur avait fait un dessin au dos. À l’époque, je n’étais pas content mais aujourd’hui, c’est un souvenir qui s’intègre à mes premiers arbres.



Plusieurs années sont passées sans pouvoir remonter plus loin. J’ai laissé cette passion un peu de côté. C’est à l’âge de 16 ans que j’ai demandé mon premier acte d’état civil. C’était dans mon village d’enfance, je savais qu'un de mes arrière-grands-pères y était décédé. La secrétaire de mairie n’a pas rechigné à me délivrer l’acte puisqu’elle me connaissait bien. Dans une autre commune, la demande a été plus compliquée, la secrétaire de mairie s’étonnant que je vienne demander un acte d’état civil et me stipulant que je n’avais pas le droit de l’avoir (peut être à cause de mon jeune âge), j’ai dû aller chercher de l’aide auprès de ma grand-mère pour l’obtenir.

À partir de mes 18 ans, j’ai pu aller dans différentes mairies tout seul. À 19 ans, je me suis acheté un guide de généalogie qui m’a permis de comprendre le fonctionnement des archives et de les fréquenter. Petit à petit, j’ai découvert de nouveaux ancêtres. Mais devenu adulte, je me suis éloigné des régions où mes ancêtres vivaient, mes recherches stagnaient. Heureusement, quelques années plus tard, la mise en ligne des archives sur Internet m’a permis d’avancer plus vite.

Aujourd’hui, mon arbre généalogique atteint 9 à 14 générations. Toujours passionné par la généalogie, j'approfondis l’histoire de ma famille quand je vais chez mon grand-père (qui a atteint l’âge de sa mère au moment où je l’avais interrogé il y a presque 30 ans). Je travaille avec différentes sources (comme les photographies de famille, des actes notariés, des vieux outils et bien entendu la mémoire orale). Elles enrichissent ma base de données au-delà de simples noms et prénoms.