Témoignage de Brice:
Impossible de me rappeler
de l’année exacte mais je devais avoir entre 8 et 10 ans. A Noël,
j’avais reçu un petit tableau à double face. L’une pour écrire
à la craie et l’autre pour y mettre des magnets composés de
chiffres et de lettres.
Sur celui à la craie,
j’avais fait un petit arbre avec les prénoms de mes parents et de
mes grands-parents, je pense que ma mère avait dû rajouter certains
arrière-grands-parents. Je me souviens alors avoir posé la
question : « qui sont après eux ? ».
Il a donc fallu partir à
la chasse aux ancêtres avec un papier et un stylo et récolter les
informations auprès des plus anciens. Par chance, j’avais encore à
ce moment là des aïeuls qui ont pu me renseigner.
À 15 minutes de chez moi,
l’une de mes arrière-grands-mères m’a beaucoup aidé.
Approchant pourtant les 90 ans, elle a pu me nommer plusieurs
ancêtres et collatéraux qu’elle avait elle-même connus. Nous
avons été au cimetière ensemble pour trouver les dates de
naissance et de décès, notamment de ses parents et beaux-parents.
Elle m’a sorti aussi de nombreuses photographies datant du début
du XXème siècle. Je les ai aujourd’hui récupérées.
Un autre
arrière-grand-père (que je ne voyais qu’une à deux fois par an
parce qu’il habitait dans une autre région) a eu plus de
difficultés à se souvenir. Ma grande tante a dû chercher le livret
de famille pour retrouver le nom de ses propres parents. À l’époque,
j’étais d’ailleurs étonné qu’il ne puisse pas me donner les
prénoms de ses propres grands-parents. En réalité, j’ai
découvert qu’ils étaient malheureusement tous morts avant sa
naissance et qu’il ne pouvait pas alors s’en souvenir.
J’ai terminé ma
collecte d’informations en allant chez un arrière-grand-oncle qui
m’a aidé à remonter une autre branche.
Mon tout premier arbre
était né. Pour éviter de le perdre, j’en avais fait plusieurs
copies, j’en ai gardé plusieurs. Sur l’une des copies, ma petite
sœur avait fait un dessin au dos. À l’époque, je n’étais pas
content mais aujourd’hui, c’est un souvenir qui s’intègre à
mes premiers arbres.
Plusieurs années sont
passées sans pouvoir remonter plus loin. J’ai laissé cette
passion un peu de côté. C’est à l’âge de 16 ans que j’ai
demandé mon premier acte d’état civil. C’était dans mon
village d’enfance, je savais qu'un de mes arrière-grands-pères y
était décédé. La secrétaire de mairie n’a pas rechigné à me
délivrer l’acte puisqu’elle me connaissait bien. Dans une autre
commune, la demande a été plus compliquée, la secrétaire de
mairie s’étonnant que je vienne demander un acte d’état civil
et me stipulant que je n’avais pas le droit de l’avoir (peut être
à cause de mon jeune âge), j’ai dû aller chercher de l’aide
auprès de ma grand-mère pour l’obtenir.
À partir de mes 18 ans,
j’ai pu aller dans différentes mairies tout seul. À 19 ans, je me
suis acheté un guide de généalogie qui m’a permis de comprendre
le fonctionnement des archives et de les fréquenter. Petit à petit,
j’ai découvert de nouveaux ancêtres. Mais devenu adulte, je me
suis éloigné des régions où mes ancêtres vivaient, mes
recherches stagnaient. Heureusement, quelques années plus tard, la
mise en ligne des archives sur Internet m’a permis d’avancer plus
vite.
Aujourd’hui,
mon arbre généalogique atteint 9 à 14 générations. Toujours
passionné par la généalogie, j'approfondis l’histoire de ma
famille quand je vais chez mon grand-père (qui a atteint l’âge de
sa mère au moment où je l’avais interrogé il y a presque 30
ans). Je travaille avec différentes sources (comme les photographies
de famille, des actes notariés, des vieux outils et bien entendu la
mémoire orale). Elles enrichissent ma base de données au-delà de
simples noms et prénoms.