lundi 21 décembre 2020

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 23

Le bonheur de la généalogie à deux

   C’est à l’âge de 9 ans que Sophie est « tombée dans la marmite » de la généalogie. Comment ? Tout simplement en allant régulièrement en vacances dans la maison de famille en Bourgogne (transmise de mère en fille sur 5 générations, et dans laquelle le portrait d’un aïeul attirait son regard et l’intriguait tout à la fois) et en accompagnant sa Maman férue de généalogie dans les mairies des villages de la Nièvre (58), de Saône-et-Loire (71) et jusque dans l’Allier (03). A « l’époque », pas de sites Internet ! On « écumait » les mairies qui mettaient les registres à disposition, parfois entreposés en vrac ou dans un grenier poussiéreux. « Je m’amusais à chercher les noms dans les registres, on a aussi essayé de ranger les documents épars, et c’est comme cela que le goût de la généalogie m’est venu ! », s’enthousiasme Sophie.

   Pour étoffer l’arbre généalogique familial, Sophie entreprend des recherches complémentaires à celles de sa Maman : pendant que cette dernière épluche l’état civil, Sophie se lance dans les archives notariales conservées aux Archives départementales (AD), si bien que les contrats de mariage, les inventaires après décès et autres actes rédigés par les tabellions n’ont plus de secrets pour elle ! Leurs ancêtres les entraînent de la Nièvre aux Yvelines en passant par l’Aisne, la Savoie ou encore Aix-en-Provence (ANOM).

   Des surprises les attendent comme cet ancêtre déchu de ses droits civiques à la fin des années 1870 … Comment ? Pourquoi ? Y a-t-il eu un procès ? Réponse dans une grosse liasse de documents bien conservés aux AD 58 : cet aïeul a été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour avoir brûlé trois fois les bois d’un marquis fortuné. Sophie apprend que sa captivité a été de courte durée : déjà malade et veuf, il s’est laissé mourir peu de temps après son arrivée à Nouméa … Ou encore, avec ce livret militaire de l’AAGP longtemps resté in
trouvable dans les papiers de famille et qui a été découvert par hasard lors d’autres recherches aux AD de la Nièvre, « à croire que nos ancêtres nous donnent un petit coup de pouce de temps en temps » !

   L’heureux binôme généalogique mère-fille est efficace : leur premier objectif, celui de remonter dans le temps, est largement atteint avec 4000 ancêtres directs et 30 000 individus dans leur base ! Leur second objectif est de connaître la vie de leurs ancêtres, de les replacer dans leur époque et dans la grande Histoire pour mieux comprendre l’histoire familiale et la transmettre. Là aussi, le pari est réussi de belle manière : elles participent à une cousinade qui réunit 140 cousins et apparentés se connaissant tous peu ou prou pour laquelle elles ont réalisé l’arbre complet des 226 descendants de leurs GP et AGP. La Maman écrit un livre d’histoire familiale sur des thèmes aussi variés que les métiers, l’armée ou la justice ...

   Au-delà de l’histoire familiale, Sophie s’implique dans le monde de la généalogie en apportant une contribution multiforme : elle est devenue bêta-testeuse pour Heredis, elle est membre de l’association Geneatech depuis sa création en 2015, elle participe au challenge AZ, elle contribue très activement au projet « Adoptez un Poilu » des Archives départementales des Yvelines (indexation des fiches d’incorporation militaire de l’ex-Seine-et-Oise, dont 220 000 Poilus) … et, une fois l’opération terminée, elle se lance dans le dépouillement des  Enquêtes sur la situation des écoles primaires  effectuées en 1884 auprès des instituteurs et institutrices ! Et, ce n’est pas tout ! En parallèle, dans le village bourguignon de ses ancêtres, elle anime le blog https://charrin1418.wordpress.com/ consacré aux 69 Poilus inscrits sur le monument aux morts.

   Forte de son expérience de toute jeune généalogiste, elle encourage les jeunes chercheurs en herbe à poser plein de questions aux grands-parents sur leur vie, leur enfance, leur jeunesse, leur métier, … et à mettre des noms sur les visages des photos !


mardi 1 décembre 2020

Ignorance familiale

 

   Lors du repas d'anniversaire du grand-père, pour ses 82 ans, la famille découvre qu'il ne sait ni lire ni écrire. Personne n'a jamais rien soupçonné, aucun de ses sept enfants qui exercent tous une profession ayant un rapport direct avec la langue, son usage et son maniement, ni aucun de ses petits-enfants. 

   Ce récit graphique est réalisé par sa petite-fille qui évoque toutes les questions que la révélation de ce secret pose. Pourquoi faire semblant? Comment cacher cette ignorance? Pourquoi personne n'a rien compris? Elle étudie les réactions des membres de la famille et plonge dans les souvenirs liés à son grand-père aimant.

   Ce roman graphique québécois est aussi intéressant pour son fond que par sa forme, les illustrations sonnent justes et expriment parfaitement les sentiments des personnages.

Le dernier mot, par Caroline Roy-Element et Mathilde Cinq-Mars, éditions Mécanique Générale, 2020

mardi 24 novembre 2020

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 22

Comment me suis-je mis à faire de la généalogie à l’âge de 16 ans ?

   En 2016, je me suis mis à commencer mon arbre généalogique afin de voir d’où ma famille vient. A ce moment-là, je savais que je venais de l’Eure (là où je suis né et où je réside actuellement) et du Maine-et-Loire, là où est originaire ma famille du côté paternel. Pour commencer, je me suis inscrit sur MyHeritage. Ce premier site m’a permis d’avoir un logiciel pour pouvoir travailler et voir mon arbre se construire peu à peu. J’ai demandé à ma grand-mère des informations, notamment sur ses parents et grands-parents afin de pouvoir commencer mes recherches au sein des sites d’archives départementales, en particulier celles de l’Eure. Ma généalogie est née !

   Malheureusement, elle fut stoppée aussi rapidement qu’elle avait commencé. Ce n’est qu’en 2017 que je repris sérieusement la construction de mon arbre familial et la recherche de mes ancêtres véritablement. Après de nombreuses heures de recherches intensives dans les Archives de l’Eure, je réussis à remonter la branche POUPINEL, nom de jeune fille de ma mère, jusqu’en 1789 où je me retrouve bloqué. En effet, j’apprends qu’un enfant est né sans père connu. Il est né à Pont-Audemer dans l’Eure mais aucun nom sur le père de ce dernier. Je décide donc de me tourner vers la mère, née à la Haye Aubrée (Eure) mais je me retrouve de nouveau bloqué. Je possède le nom des parents mais ils ne sont pas nés à la Haye Aubrée. Je recherche dans les villages des environs mais rien, aucune information sur l’origine de ces gens.

   Je décide donc de passer au côté SOULARD, mon nom de famille, afin d’en apprendre plus. Après avoir questionné mon grand-père paternel, j’apprends que mes arrière-grands-parents viennent de Combrand, un petit village au nord des Deux-Sèvres (79). Mais, 100 ans ne se sont pas encore passés entre le moment où mes AGP1 sont nés et le jour de mes recherches. J’ai envoyé un mail à la mairie afin d’avoir accès aux actes, et, après plusieurs mois et une relance, j’ai obtenu les deux actes de naissance. Je connais donc les parents, les dates de naissance précises, la date du mariage, et même la profession des parents ! En ayant lu ce mail en rentrant du lycée, je fus comblé de joie !

une plaque de cocher restaurée par Steven, située à quelques kilomètres 
de ses ancêtres POUPINEL à Trouville-sur-Mer dans le Calvados

   Depuis la réception de ces actes en avril 2019, j’ai énormément progressé dans mes recherches du côté paternel. J’ai réussi le 15 août 2019 à remonter jusqu’en 1601 avec la naissance de l’ancêtre le plus vieux que j’ai retrouvé, François SOULARD, né en 1601 dans la commune du Boupère en Vendée (85). Je ne suis pas encore remonté au-delà, les actes de baptême n’étant pas encore rédigés à ce moment-là. Pour ce faire, il faudrait que je me déplace aux Archives départementales de Vendée afin de voir les archives notariales pour éventuellement retrouver des traces de mes ancêtres.

   Depuis, j’ai réussi, suite à une visite aux Archives départementales de l’Eure à Évreux (27), à retrouver mes ancêtres POUPINEL. Je ne pouvais pas les retrouver dans l’Eure car ils viennent du Calvados ! J’ai donc pu facilement remonter jusqu’aux années 1700 sur cette branche-là.

   Désormais, ma généalogie s’étend de la Vendée à la Belgique en passant par les Deux-Sèvres, la Sarthe, la Normandie, le Nord Pas-de-Calais et la région flamande. Je possède désormais 185 individus dans mon arbre avec 53 noms de famille différents.

   Depuis mai 2020, je réalise un livre généalogique afin de présenter à ma famille mes différentes recherches notamment jusqu’à mes AAGP2, génération pour laquelle je possède le plus d’informations. Affaire à suivre donc!

Steven SOULARD https://www.steven-soulard.fr 

1 Arrière grands-parents

2 Arrière arrière grands-parents

dimanche 8 novembre 2020

La quête éperdue d'une mère au cinéma

 

   Même si le titre emprunte au vocabulaire familier et vulgaire, Adieu les cons n’est ni l’un ni l’autre. C’est un film qui aborde la quête éperdue d’une mère pour retrouver son fils de façon intelligente, sensible, pudique, le tout avec une bonne dose de loufoquerie.

  Sont évoqués la maladie grave et irréversible qui ravive la douleur vécue 28 ans plus tôt, la tragédie de l’abandon d’enfant sous la pression familiale, la recherche compliquée auprès de services administratifs sans compassion, l’importance des archives (traitée d’une manière loufoque et désopilante, entre un archiviste aveugle et une recherche aussi effrénée que chaotique !), la pudeur d’une mère dont le bonheur de son enfant compte plus que tout, autant de sujets rencontrés au détour des recherches généalogiques …

   Un rythme trépidant et une « tragédie burlesque », selon les mots d’Albert Dupontel réalisateur/acteur qui « essaie de se faire l’écho du cinéma qui l’a marqué, notamment Charlie Chaplin », pour aborder le drame de l’abandon contraint d’enfant du point de vue de la mère.

   Rappelons que le Conseil national d’accès aux origines personnelles (CNAOP), mis en place en 2002 et actuellement présidé par Mme Huguette Mauss, a pour mission de faciliter l’accès aux origines personnelles (https://www.cnaop.gouv.fr/). Il s’adresse principalement aux personnes pupilles de l’État ou adoptées qui ne connaissent pas leurs origines, aux parents de naissance qui souhaitent demander à lever le secret de leur identité, et aussi aux proches des parents de naissance qui peuvent adresser une déclaration d’identité.



dimanche 25 octobre 2020

Max et Lili évoquent la famille

 

   Tous les parents et grands-parents ont des héros en littérature jeunesse: Max et Lili! Quand une situation se révèle délicate ils font appel à un numéro de cette collection pour pouvoir l'évoquer avec les enfants. La collection existe depuis 1992 et compte actuellement 124 numéros, plusieurs sont consacrés à la famille (voir la liste ci-dessous). Ces petits livres sont destinés aux jeunes lecteurs, les dessins sont attrayants et pleins d'humour, les textes simples, les dialogues directs. Les dernières pages complètent le sujet en facilitant la réflexion des enfants entre eux ou avec des adultes.

Max et Lili, par Dominique Saint Mars et Serge Bloch, éditions Calligram, collection Ainsi va la vie.

4: Lili se dispute avec son frère 5: les parents de Zoé divorcent  9: Lili découvre sa Mamie  19: Grand-père est mort  26: les parents de Max et Lili se disputent  27: Nina a été adoptée  36: Jérémy est maltraité  43: le père de Max et Lili est au chômage  61: le cousin de Max et Lili se drogue  76: Emilie n'aime pas quand sa mère boit trop  82: Max et Lili fêtent Noël en famille  93: Max et Lili veulent éduquer leurs parents  95: le tonton de Max et Lili est en prison  107: Max et Lili trouvent leur cousin angoissé  108: Max et Lili vont chez Papy et Mamie  110: la copine de Lili n'a pas de papa  113: Max en a marre de sa sœur  116: la copine de Lili est en famille d'accueil  121: les parents de Max et Lili sont accros au portable 

mercredi 7 octobre 2020

Une histoire de famille irlandaise

 


   Le théâtre contemporain comme approche de la généalogie... Voici notre nouveau conseil! Quand la pièce est écrite et jouée par Kelly Rivière, il ne faut pas hésiter une seule seconde! 

   Cette actrice nous embarque tambour battant dans sa quête de repères familiaux, à la recherche de Peter O'Farrel, son grand-père irlandais disparu en France bien avant sa naissance. L'histoire est nourrie de ses expériences, ses ressentis, ses déceptions, ses trouvailles et avant tout son humour. Elle campe avec panache une vingtaine de personnages, maniant accents et postures avec talent et sensibilité. On côtoie sa mère rigide, son frère dragueur, une détective de la vieille école, un musicien irlandais édenté, une grand-tante enthousiaste, une increvable nanny en fauteuil roulant et beaucoup d'autres. On s'attache à elle, à ses personnages, à son histoire, et quand on est généalogiste on ressent son besoin de chercher, de trouver et on compatit à ses frustrations. Les mots font mouche et Kelly est solaire.

An Irish Story, de et avec Kelly Rivière, en tournée en France: ne la ratez pas!!

An Irish Story, de Kelly Rivière aux éditions Koinè, 2019