dimanche 14 juin 2020

#Genea ou comment je suis tombé dans la généalogie tout petit ! Episode 20

A 12 ans, Tony l’avait bien compris : la quête généalogique est interminable et l’œuvre d’une vie…  Alors, mieux vaut commencer tôt ! 

De l’Iliade à l’Odyssée généalogique

   Si un grand nombre de chercheurs d’ancêtres débutent leur généalogie en cherchant à (re)nouer le lien avec leur famille, Tony, quant à lui, est tombé, à 12 ans, dans la marmite généalogique, tout autrement : « Je me suis passionné très tôt pour l’archéologie, la mythologie et l’Antiquité. En lisant l’Iliade et l’Odyssée, j’ai commencé à griffonner les liens de parenté enchevêtrés entre tous ces héros grecs, systématiquement qualifiés de « fils de »… De fil en aiguille, c’est un arbre d’une cinquantaine de pages scotchées entre elles, reconstituant toute la généalogie de l’Olympe, qui s’est retrouvé étalé dans ma chambre ! La plupart des dynasties grecques et romaines de l’Antiquité se disant issues de dieux grecs, je me suis ensuite penché sur leurs familles, puis celles des empereurs romains, et enfin, par extension, je me suis attaqué aux généalogies des familles patriciennes romaines et des familles princières européennes. »

   C’est par hasard que Tony en vient à s’intéresser, à 13 ans, à sa propre généalogie. C’était à Pâques 1998. Alors qu’il séjourne chez ses grands-parents, une cousine de son père, Solange, lui propose de venir avec elle à la mairie du village pour rechercher un acte d’état civil. « Quand j’ai découvert, dans un vulgaire placard de la pièce du fond de la mairie, les épais volumes aux reliures de cuir, quand j’ai senti l’odeur caractéristique du papier séculaire, quand j’ai caressé ces pages à la calligraphie parfaite, j’ai alors réalisé que je pouvais, moi aussi, à ma mesure, endosser les costumes d’historien et de détective. »

La phase de collection d’ancêtres

   C’est le début d’un long pèlerinage à travers le temps et l’espace. Avec Solange, sa cousine / coéquipière / chauffeur, Tony sillonne les routes de campagne, de mairie en mairie, à la recherche de ses ancêtres. Il fait la tournée des cousins en quête de photos de famille et consigne soigneusement les noms de tous ces visages inconnus, énumérés par les Anciens. Fort heureusement, car ils décèdent tous quelques années plus tard… Une autre bonne raison de s’intéresser jeune à sa famille ! Photographies, qui, une fois numérisées, retouchées, détourées, feront l’objet d’un album pour la famille.

   Quelques mois plus tard, Tony s’attaque, avec l’aide de sa mère, à sa branche maternelle beaucoup plus dispersée géographiquement. 4 pays différents, une vingtaine de départements… Une invitation au voyage ! Premières recherches aux archives départementales et des percées sur 10 générations en quelques jours. « Je me souviens qu’il me fallait une dérogation pour entrer en salle de lecture car j’étais trop jeune ! » Premières rencontres physiques ou virtuelles avec des cousins éloignés généalogistes, partageant la même passion. Premiers échanges sur Geneanet et FranceGenWeb… C’est la phase boulimique de « collection d’ancêtres » - plus de 4500 - à partir des registres d’état civil et paroissiaux. Objectif : recenser un maximum de noms avant de leur donner vie à l’aide de fonds plus spécifiques tels que les archives notariales, les provisions d’office et les compoix dont il se passionne. 

A la découverte de ses racines étrangères

   Néanmoins, tout un pan de sa généalogie, plus complexe, est resté en jachère : la branche pieds noirs et ses origines étrangères. A 21 ans, Tony se lance et entame des recherches en Italie et en Espagne et part explorer les terres de ses aïeux. Des recherches délicates, car avant tout intuitu personae, qui ne sont pas sans lui rappeler ses premiers pas généalogiques, à une époque où il vadrouillait de village en village et devait gagner la confiance de son interlocuteur pour accéder à la précieuse armoire aux registres.

   Quelques années plus tard, Tony s’attaque à la dernière branche laissée de côté, sa branche maltaise. Et là, surprise, il se retrouve livré à lui-même, en terre inconnue. Quasiment personne n’a véritablement effectué de recherches généalogiques à Malte : ni les Maltais, ni les Anglais, ni les Français. La méthodologie de recherche dans les archives maltaises, tant sur le papier que sur la toile, était totalement ignorée. Il défriche alors le terrain et, marqué par cette expérience, il se lance, à 31 ans, dans la rédaction d’un guide sur ce sujet inédit: Retrouver ses ancêtres à Malte. « C’est simple, j’ai souhaité, dans ce guide pratique, prodiguer les conseils que j’aurais aimé recevoir quand j’ai débuté. » 

De la collection à la transmission

   Ce n’est pas la première fois qu’il prodigue et publie ses conseils généalogiques. En 2009, à 24 ans, Tony devient rédacteur dans un magazine de généalogie, collaboration qui durera 10 ans, jusqu’à l’arrêt de la revue. « Cela m’a marqué de passer de l’autre côté de la barrière. J’écrivais dans une revue de référence, une des revues que je lisais avidement quelques années plus tôt ! ». « Après plusieurs années consacrées à collectionner les ancêtres, à parcourir tous types de fonds, à collecter toutes sortes d’informations, j’ai ressenti le besoin de passer à l’étape suivante : celle du partage, qu’il se présente sous la forme d’albums photos à usage familial, d’articles dans des revues spécialisées, ou encore d’un guide généalogique. »

Que d’évolutions en 20 ans!

   Tony n’a pas l’intention de s’arrêter là : « On me demande souvent : tu as encore des ancêtres à trouver ? Tu ne t’en lasses pas ? Evidemment non ! La passion n’est-elle pas justement un passe-temps dont on ne se lasse jamais ? La généalogie constitue un champ d’investigations infini et une discipline qui invite à s’intéresser à l’histoire, la géographie, l’informatique, l’onomastique, l’héraldique, la photographie et même la génétique ! Par ailleurs, quand je pense aux révolutions survenues depuis plus de 20 ans, il est impossible de s’ennuyer, il faut en permanence se tenir à la page. J’ai beau avoir 35 ans, j’ai parfois l’impression d’être un dinosaure quand je pense que j’ai débuté mes recherches dans les mairies, sur papier, en consultant des dépouillements minitel et en déposant des listes éclair sur Geneanet. En 20 ans, que d’évolutions ! Les logiciels de généalogie, Internet, Geneanet, les appareils photos numériques, la numérisation des archives, l’indexation massive avec Filae, l’engouement pour les tests ADN… La quête généalogique est interminable et l’œuvre d’une vie… J’ai bien fait de commencer jeune ! »


Tony Neulat, passionné de généalogie depuis plus de 20 ans, rédacteur dans le magazine Votre Généalogie pendant 10 ans est aujourd’hui rédacteur dans la Revue française de généalogie et l’auteur du guide Retrouver ses ancêtres à Malte, Editions Archives & Culture, 2016, 176 p. Pour le contacter : tonyneulat(at)yahoo.fr

dimanche 7 juin 2020

Jill la jeune généalogiste

   Cette nouvelle BD s'adresse directement au jeune public. Jill, une jeune ado part à la recherche de ses ancêtres grâce à sa tante, passionnée de généalogie. Le ton humoristique, le trait, les courtes histoires permettent d'apprécier sa lecture. Cet album aborde les recherches, les témoignages directs, les découvertes sur des ancêtres, l'intérêt croissant face aux énigmes. 
   Ce premier tome est une réussite. Il est complété par un dossier pédagogique court et clair élaboré par geneanet.
   Combien comptons-nous de Jill parmi nos lecteurs?


   

samedi 30 mai 2020

Instagram aime la généalogie

   Les réseaux sociaux attirent les jeunes, l'un des plus prisés en ce moment est instagram. Nul besoin d'écrire un roman, il suffit d'une photo, ou plusieurs, et de quelques mots bien choisis (précédés d'un #) pour partager des impressions, des idées ou encore des conseils.
   Vous pouvez suivre des comptes selon vos envies et vos centres d'intérêt. Il suffit de s'abonner au compte choisi ou à des # : si vous suivez #genealogie, #famille, #arbregenealogique, #generations, pour ne citer que quelques exemples, vous découvrirez parfois des pépites ou simplement des idées de lecture ou de réalisations.
   Certains comptes sont spécialisés en généalogie, racontant souvent les recherches d'un généalogiste amateur ou les anecdotes d'un professionnel. Ces personnes partagent des actes, des photos de famille ou de lieux significatifs. Instagram étant international il est passionnant de confronter les histoires familiales de différents pays.
   Le compte "Généabule" nous tient particulièrement à cœur car il essaie de trouver des idées pour intéresser le jeune public à la généalogie, comme notre blog. Avouons-le, l'auteure est la même… elle se permet d'y glisser des documents personnels, des coups de cœur et davantage d'idées de lecture. Elle (enfin, je, pour une fois) compte sur vous pour rejoindre ses abonnés!
   Deuxième recommandation: "généalogie Huet-Rigaud", compte de notre trésorière Olympe, une professionnelle.
   Instagram ou comment partager le goût de la généalogie avec les jeunes!




dimanche 17 mai 2020

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 19

   Je m’appelle Léonie, j’ai 6 ans ½ et je fais de la généalogie avec ma maman (et des fois mon petit frère).
   J’aime bien faire ma famille. On a fait des cartes sur la famille. Maman m’a aussi acheté un cahier que je fais quand je peux avec ma mamie.
   Une fois j’ai fait un arbre pour ma maman, je suis contente elle l’a rangé dans son cahier.
Quand elle fait sa généalogie je lui demande de me raconter la vie de la personne sur laquelle elle travaille. J’aimerais savoir mieux lire les actes parce que ce n’était pas bien écrit avant.
   Quand maman est occupée j’aime bien aller dans le bureau et regarder les médailles du papy de mon papy.
   Ce que j’aime beaucoup c’est les vidéos de Mathilde (archives et culture). Une fois elle a dit qu’on pouvait emmener les enfants dans les cimetières, je veux que maman m’emmène. Mais plus tard quand on aura le droit de sortir.
   Maman elle fait que sa famille, moi quand je serai plus grande je voudrais faire celle de mon papa. Il parait qu’ils vivaient sur des bateaux, ça a l’air vraiment super.

dimanche 10 mai 2020

Poèmes sur une drôle de famille

   Le décor est planté dès le premier poème: "Maman a été enceinte six fois. Chaque fois, elle a eu des jumeaux ou des jumelles. Vous avez bien compté, il y a douze enfants dans notre maison.". David Dumortier nous invite dans la vie de cette famille nombreuse grâce à des poèmes courts, tendres et drôles. On y croise des paires d'enfants, des parents, un chat, un poisson rouge, des machines à laver, une marraine… et un éléphant…. ou pas! Les illustrations permettent de s'immerger totalement dans la poésie, elles sont colorées et originales.
   Un album accessible aux jeunes enfants, pour les faire rêver et raconter leur propre famille.

Ma famille nombreuse 76 poèmes et 1 éléphant, poèmes de David Dumortier et illustrations de Lucile Placin, éditions Rue du Monde, 2009

jeudi 30 avril 2020

Naissance de BD-Généa

La belle Lurette

   Suite à l’article de notre trésorière, Olympe Huet-Rigaud, concernant l’application BDnF de la Bibliothèque Nationale de France : http://peregrinationsancestrales.unblog.fr/2020/04/10/bdnf-application-pour-la-creation-dune-bande-dessinee/, nous avons décidé de donner une petite soeur à notre rubrique #Genea : BD-Généa.

   Si vous souhaitez vous aussi, petits comme grands, nous faire partager vos z’aventures, voici la recette :
  • utiliser l’application https://bdnf.bnf.fr/ avec accès aux fonds numérisés de la BnF
  • raconter des histoires vécues : recherche d’actes, découverte de métiers, explication de noms et prénoms, anecdotes, …
  • ajouter une pointe d’humour
  • et concentrer le tout en 3 ou 4 cases !
   A votre tour maintenant de concevoir une BD-Genea qui sera publiée !
Et si vous avez un compte Twitter n’oubliez pas de partager vos créations avec le #BDnFGenealogie et @jeunesetgenea. 

   A bientôt pour de nouvelles z’aventures généalogiques.