samedi 21 février 2026

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 61

 La généalogie, c’est retracer la vie des ancêtres plutôt que de les accumuler

« J’ai commencé ma généalogie et je voudrais faire celle de ma femme. Qui aimerait m’accompagner aux archives ? »

J’ai 10 – 12 ans à l’époque et c’est la première fois que j’entends parler de généalogie par la voix de mon oncle (le mari de ma tante, la sœur de mon père) venu de Nantes nous rendre visite à Saint-Étienne.

La généalogie ? C’est très flou pour moi. Mais, ce sont les vacances, je n’ai pas grand-chose à faire, et, surtout, je suis curieuse de nature. Alors, j’emboîte le pas à mon oncle, et, avec plusieurs membres de ma famille, nous allons tous ensemble aux Archives départementales. En salle de lecture, mon oncle sait déjà ce qu’il faut consulter et chercher et c’est lui qui nous guide.

Tout de suite, je suis intéressée par les registres, les noms de famille, le côté « enquête » des recherches. En revanche, recopier des listes de noms dans les tables décennales, c’est franchement ennuyeux et je n’en vois pas l’intérêt dans un premier temps. En effet, à cette époque, c’était la source de l’État civil à consulter en premier lieu, afin de trouver facilement dans les registres les actes susceptibles de nous intéresser.

Et, justement, voir les actes et leur contenu est une révélation pour moi : je découvre les écritures anciennes, les signatures, la vie des gens. Reconstituer les parcours de vie de mes ancêtres va devenir une véritable passion.

Assez vite, de toute ma famille paternelle, c’est moi qui suis la plus motivée, la plus intéressée : jusqu’à mes 20 ans environ, je passe une grande partie de mes étés aux Archives départementales ! Je construis ma généalogie ascendante paternelle et une partie de ma généalogie maternelle de génération en génération, en notant tous les frères et sœurs et je fais des fiches individuelles pour chacun et chacune.

Au fur et à mesure de mon avancée, je préfère comprendre les parcours de vie de mes ancêtres, sans remonter très très loin dans le temps. Mon arbre compte quelques centaines d’ancêtres, moins de 1000.

Puis, je réunis les fiches et les parcours de vie les plus saillants dans un livret que je distribue aux membres de ma famille paternelle. C’est un bel aboutissement personnel, mais un peu contrarié par le fait que je ne perçois pas l’intérêt de ma famille autant que je l’espérais. Sans doute est-elle un peu taiseuse ou ne l’ai-je pas suffisamment questionnée sur ce que mes recherches leur avaient apporté.

Enfant d’abord, adolescente ensuite, les recherches généalogiques aux Archives départementales m’apportent beaucoup.

J’aime approfondir, creuser, découvrir et comprendre la vie de mes ancêtres et leurs parcours. Plus tard, je vais aimer mener de véritables enquêtes, repérer de nouvelles pistes de recherches et trouver des choses inattendues même si elles peuvent parfois être désagréables.

Les métiers m’intéressent aussi mais je m’ennuie un peu avec des lignées entières d’agriculteurs qui vivent tous dans un rayon d’une dizaine de kilomètres ; trouver un tisserand, une ouvrière en soie ou un cloutier n’en est alors que plus réjouissant ! Quand je découvre bien plus tard un pan de ma famille maternelle encore inexploré, tout un monde de « nouvelles » professions et d’origines géographiques dans divers recoins de France apparaît et ouvre des perspectives généalogiques renouvelées.

Longtemps, une partie de ma famille maternelle est un mystère. À 10 – 12 ans, je ne connais pas mon grand-père, je sais juste qu’il est né à Paris, ville lointaine et un peu fantasmagorique, et je nourris le secret espoir de pouvoir le connaître et entamer des recherches sur sa branche. Je me dis que je vais devoir attendre un bon moment et puis le délai de communicabilité descend de 100 à 75 ans.

Je me raconte aussi la vie d’autres personnes que mes ancêtres. Comment ? Quand je lis un acte dans un registre, je lis aussi celui d’avant et celui d’après ! Les décès d’enfants, les enfants nés sans vie, les mères qui meurent juste après la naissance de leur bébé, tout cela m’émeut. Adulte, je vais découvrir que cette sensibilité est en résonance avec des événements familiaux, notamment du côté maternel.

Toutes ces recherches autour des métiers, des parcours de vie des ancêtres de ma famille ou d’autres personnes comblent le vide de ne pas pouvoir construire une partie de mon arbre généalogique du côté maternel.

Puis, avec les études et la vie professionnelle, la généalogie se retrouve en pause pendant plusieurs années… jusqu’à ce qu’au début des années 2000, un cousin de ma mère lui demande des renseignements sur sa mère décédée à sa naissance. Je replonge direct dans la généalogie : je découvre Internet et toutes ses ressources démultipliées, je reprends et j’approfondis mes recherches, en particulier du côté de mon grand-père maternel.

Partager ma généalogie et mon goût pour les recherches est devenu mon souhait le plus cher avec la création d’un blog (que j’ai tenu quelques années), l’écriture d’un roman généalogique (pas tout à fait terminé), l’invention - en cours - d’un jeu généalogique éducatif. La généalogie est devenue mon métier !

Mes deux conseils à des jeunes qui veulent démarrer leur généalogie :

- être curieux

- chercher sans idée préconçue, avec l’envie de découvrir et en se laissant surprendre.

La généalogie est une passion, certes chronophage, qui donne beaucoup de plaisir, procure des émotions fortes (aussi bien positives que négatives…) et peut changer le cours d’une vie entière !

Chantal

On peut retrouver Chantal et toutes ses multiples activités généalogiques sur son site : https://ancetresetcompagnie.fr