lundi 3 novembre 2025

C comme carte et correspondance

 -  Mamy, il y a dans ton placard à « Souvenirs » une grande boîte de cartes postales de tous les coins de France et même de l’étranger. À quoi cela peut-il servir ?

- Oh ! Ma chérie, c’est précieux ! Ce sont des cartes postales que ton arrière arrière arrière grand-père, Célestin ESPANET (1881 – 1969) a conservées et classées par pays et par départements durant de nombreuses années. Et, j’en ai moi-même rajouté ! J’en achetais à l’occasion de mes déplacements.

- Tu me dis qu’elles sont précieuses: pourquoi ?

- Eh oui, elles ont toutes un intérêt commun, elles nous permettent de connaître : la géographie puisqu’elles représentent toutes un lieu bien défini sur la planète, l’histoire familiale, lorsqu’elles nous sont adressées par des parents ou amis et l'Histoire en général.

Elles nous permettent aussi de nous mouvoir dans le temps car elles sont toutes de différentes années, donc de différentes époques.

- Comment peut-on apprendre tout cela en regardant une photographie ?

- D’abord, par l’aspect de la carte ! Les plus anciennes sont beige/bistre et marron ou bien noires et blanches. Un peu plus tard, la couleur apparaît. Puis, elles sont d’un format un peu plus grand et deviennent brillantes.

Parfois, il y a des personnages et là c’est très intéressant : si aucune date n’est portée sur la carte, les tenues vestimentaires des personnages t’indiquent l’époque où a été prise cette photo.

- Mamy, cette carte que j’ai dans les mains, elle est toute claire, un peu bistre, comme tu dis. C’est le porche d’une église, et, sur les escaliers, il y a des femmes et un homme et aussi des enfants, filles et garçons. Les femmes portent des jupes longues et les petits garçons ont tous un drôle de chapeau sur la tête. Il y a écrit « Aubagne – La paroisse » et en bas « Imp. Provençale – Marseille ».

- Tourne la carte et lis ce que tu peux au verso.

- Il y a deux tampons, l’un est effacé, mais l’autre ? il y a des chiffres …

- Oui, très bien ! Ce sont des tampons de la poste. Cette carte, vois-tu, a été expédiée d’Aubagne, Bouches-du-Rhône, le 19.7.24 (19 juillet 1924). Elle est adressée à un Monsieur René Taissèdre à Allanches, Cantal. C’est une carte que j’ai achetée à Paris dans une brocante. L’expéditeur comme le destinataire sont des inconnus pour nous.

- Il y a plus d’un siècle que cette carte a été écrite alors ? Crois-tu qu’on pourrait retrouver des descendants de ce monsieur ? Ce serait rigolo !

- Mais bien sûr, ce sera possible car les Archives du Cantal sont en ligne jusqu’en 1930.

Et puis, vois-tu, Allanche est le bourg où ta cousine Laura vient de s’installer avec son compagnon Léo et où ils travaillent tous les deux. Nous aurons l’occasion d’y aller et nous pourrons voir comment retrouver cette famille. Le monde est petit : Allanche et Aubagne sont éloignées de 450 km et nous voilà à présent très proches !

Tu vois, Camille, ce qu’une petite carte postale écrite il y a 101 ans et oubliée au fond d’un placard peut nous faire découvrir.

Je termine en citant une pensée de Stéphane Bern que j’ai entendue ce matin sur Ici Provence : « C’est en creusant dans le passé que l’on construit le présent ».

Eliane pour les J&G

dimanche 2 novembre 2025

B comme bataillon militaire

— Mamy je viens de trouver cette image sur internet. On dirait une bande dessinée ancienne. C’est bizarre les enfants sont à l’école et tous en uniforme ! Certains portent même un fusil. C’est bizarre, ça a existé ?

Oui Camille ça a réellement existé. On appelait cela les bataillons scolaires.

Bataillons scolaires ? Comme un bataillon militaire ?

En quelque sorte.

Des enfants qui s’amusaient à faire la guerre ? Je n’en reviens pas !

C’est un peu plus compliqué que cela. Je vais t’expliquer. Tu sais qu’il y a eu une guerre en 1870 ?

Oui la guerre où la France a perdu l’Alsace et la Lorraine ?

C’est cela ! Suite à la défaite cinglante de la France en 1871 la perte de ces deux provinces ont engendré un vif sentiment de revanche. Il fallait préparer les esprits et les générations futures à se battre pour récupérer l’Alsace et la Lorraine. Alors en juillet 1882, le ministère de l’Instruction Publique - l’Education Nationale de l’époque – créa officiellement les bataillons scolaires dans tous les établissements scolaires et secondaires de plus de 200 élèves pour tous les garçons de 12 ans et plus. Cela officialisait et encadrait tout ce qu avait pu être mis en place dans certaines communes depuis la défaite.

Et pas pour les filles ?

Euh non. Car à cette époque seuls les hommes faisaient leur service militaire.

Et qu’est ce qu’on y faisait dans ces bataillons militaires ?

Tout ce qu’un soldat devait savoir pour se battre : apprendre à défiler au pas, apprendre à tirer pour les plus âgés…La gymnastique était également au programme. Les bataillons scolaires participaient aux fêtes républicaines comme le 14 juillet.

Ils avaient un fusil ?

Oui. Des reproductions en bois pour les plus jeunes et de véritables fusils pour les plus âgés. On organisait même des championnats de tir entre les écoles. Et tout ça était encadré par les instituteurs et d’anciens militaires.

Et ils portaient tous un uniforme ?

Non. L’uniforme n’était pas obligatoire car il coûtait cher et tout le matériel était à la charge des communes.

Et comment ça s’est terminé ?

Ils ont été supprimés en 1892.

Pourquoi ?

Il y avait de plus en plus d’opposition de toute part. De l’armée tout d’abord qui voyait d’un mauvais œil que des civils se chargent de l’instruction militaire. L’Église ensuite car cette « éducation militaire » était également imposée dans les écoles privées catholiques. Les instituteurs sont devenus de plus réticents à enseigner cette « discipline ». Enfin les communes qui devaient assurer l’achat du matériel. Petit à petit, cet enseignement a été abandonné.

Tant mieux, je n’aime pas jouer à la guerre !

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Des sociétés de tir et gymnastique prendront le relais des bataillons scolaires, entretenant de ce fait la fibre patriotique et le côté « tu seras soldat ». Mais c’est une autre histoire…. !

Oui je sais, la guerre 1914-1918.

C’est cela !

* image d’Epinal : Une image d'Épinal est une image représentant un sujet populaire et de couleurs vives.

Ces images étaient vendues autrefois par des colporteurs et doivent leur nom à Jean-Charles Pellerin, qui fut le premier imprimeur à éditer en série ce type d'image, et qui habitait Epinal dans l’Est de la France.

 Jean-Marc pour les J&G









samedi 1 novembre 2025

A comme album

 Camille, notre petite généalogiste en herbe, est plongée dans l'album photos que lui a sorti son grand-père.

Papy, ouvrir cet album, c'est un peu remonter le temps !

C'est vrai que cela ne me rajeunit pas. Est-ce que tu reconnais certains visages ?

Ici, le petit garçon très sérieux, qui est-ce ?

C'est mon père, ton arrière grand-père. C'est un portrait officiel, sans doute à l'occasion de sa première communion vu les vêtements et le décor utilisé par le photographe.

Tu veux dire qu'on allait chez le photographe pour être pris en photo ?

Et oui, à une époque pas si lointaine, on allait chez le photographe et seulement pour les grandes occasions. On ne prenait pas de photos tous les jours ! Les photos étaient rares et marquaient les grandes étapes de la vie.

Mais alors pourquoi cette tête d'enterrement ? On dirait que les gens ne souriaient pas beaucoup avant.

— Peut-être parce qu'il fallait rester immobile très longtemps pour prendre une photo. Sourire, c’était risqué : on bougeait trop !

- Papy, pourquoi tu gardes toutes ces photos ?

- Parce qu’elles racontent notre histoire. Chaque photo est une histoire liée à une branche de notre arbre. Il faut enquêter pour mettre des noms sur les visages, des dates, des lieux, faire des liens.
— Alors, un jour, ce sera moi sur les photos ?
— Bien sûr. Et peut-être que ta petite-fille les regardera à son tour, en se demandant qui tu étais. C'est pour cela que ta grand-mère annote tout avec soin. Rien de plus frustrant que des photos sans nom et sans date...

-  On a les dates et les prénoms sur le téléphone, mais je préfère ces vieilles photos, Papy, elles sentent le papier jauni et le temps qui passe. Leurs coins sont usés, comme si elles avaient voyagé de main en main, en gardant un peu de chaque personne qui les a touchées !

Céline pour les J&G

jeudi 23 octobre 2025

Attention, Challenge AZ en vue sur ce blog !


 C’est reparti pour le Challenge AZ, le désormais célèbre défi d’écriture généalogique organisé par Geneatech, avec :

  • La 5ème participation consécutive de l’association Les jeunes et la généalogie (J&G)

  • Notre jeune Camille, attachante, curieuse et pleine d’entrain

  • Ses grands-parents et sa Grand’Mamie, disponibles et d’une bonhomie inépuisable

  • Nos 26 articles de A à Z, publiés à partir du samedi 01/11/2025 et pendant tout le mois de novembre, sauf les dimanches

  • Nos 13 auteurs et autrices associés et complémentaires.


À vos agendas ! et en attendant, vous pouvez nous retrouver sur :

Notre site : https://www.jeunesetgenealogie.fr/

Les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/jeunesgenealogie1/

https://twitter.com/jeuneseetgenea


Vous pourrez également retrouver la totalité des articles du Challenge AZ sur l’application Flipboard :

https://flipboard.com/@gazetteancetres/challenge-az 


Evelyne et Nathalie pour les J&G


samedi 4 octobre 2025

Les racines familiales comme prétexte

 Ces racines qui font de nous qui nous sommes aujourd’hui

C’est par cette phrase - que l’on aurait pu trouver sous la plume des "Jeunes et généalogie" - que la CAMIF lance sa nouvelle collection de … meubles de septembre 2025 !

Malgré la surprise et l’utilisation publicitaire des thèmes familiaux déjà évoquée dans plusieurs articles du blog, oui, nos racines nous forgent.

C’est aussi notre conception de la généalogie avec les enfants, avec les jeunes : l’initiation à la généalogie n’est pas qu’un retour vers le passé, c’est une clé de compréhension du présent et un tremplin pour l’avenir.


Retrouvez nos précédents articles concernant les marques qui s'appuient sur la famille pour faire aimer leurs produits: un site de voyage en 2014, des opticiens en 2017 puis 2023, les jeux de hasard en 2022, des opérateurs de téléphonie en 2015 ou pour Noël 2018... (les liens sont sous les dates)



mardi 16 septembre 2025

#Genea ou comment je suis tombée dans la généalogie toute petite ! Episode 60

Témoignage de Camille Joubert, 22 ans, en formation à l’European Academy of Genealogy à
Mutzig.

   Je suis passionnée par la généalogie depuis toute petite, grâce à mon grand-père maternel
et à ma tante paternelle, qui font également de la recherche généalogique. Je les ai toujours
observés, écoutés, curieuse de percer mes racines familiales. Mais aussi de découvrir de
nouvelles relations familiales à ajouter dans mon arbre. Car comme beaucoup, j’ai commencé
tôt à refaire l’arbre généalogique de ma famille à partir darchives familiales et de récits oraux
très précieux. J’ai voulu continuer ce qu’avait entrepris et transmis mon grand-père, décédé
depuis. Ainsi, ma branche maternelle continue de s’accroître. C’est vraiment devenu une
passion, à chaque fois que j’avais du temps je faisais des recherches ! Du côté de ma branche
paternelle, c’est ma tante qui s’en occupe pour l’instant, elle est d’une aide précieuse, nous
nous entraidons.
   Je suis diplômée d’une licence d’histoire, l’histoire regorge de mémoires et de souvenirs
historiques importants et passionnants. Mais à la fin de cette licence, je ne savais pas
réellement ce que je voulais faire comme métier. Dur de penser à son avenir quand peu de
choix de métier s’offrent à nous en sortant de la fac… Puis, en réfléchissant et en me
questionnant, je me suis demandé pourquoi ne pas faire de ma passion, mon métier : la
généalogie.
   J’ai découvert que faire de la généalogie familiale était un métier. Je suis actuellement en
formation à l’école European Academy of Genealogy à Mutzig pour devenir généalogiste
professionnelle familiale. Celle-ci me permet de développer certaines compétences
notamment dans la réalisation d’arbres généalogiques, d’effectuer mes recherches dans
différentes archives parfois plus complexes, avec l’utilisation de certains logiciels spécifiques
de généalogie.

J’aime faire de la généalogie, plonger dans différentes archives afin de retracer et reconstituer
des histoires familiales parfois à l’international, toujours apprendre de nouvelles choses et
faire de nouvelles découvertes, il n’y a jamais de routine car toutes les recherches et demandes
sont différentes !
Et je dirai pour finir que la généalogie familiale est bien plus qu’une activité ordinaire, elle
rassemble l’histoire de la famille, et transmet des histoires passionnantes et souvent non
connues des familles ! La transmission est inestimable, précieuse et marquante que ce soit en
généalogie ou en histoire, les deux sont liées et essentielles.



mardi 2 septembre 2025

La venue de l'avenir, vers le passé

Surprise ! La venue de l’avenir s’effectue par une plongée … dans le passé !

Un film touchant et très plaisant qui embarque le spectateur dans la recherche/reconstitution de l’histoire familiale/la généalogie d’une aïeule, Adèle, à partir d’un mur de photos et autres trouvailles mirifiques.

Dès lors, le spectateur navigue aisément entre deux époques et deux quêtes humainement essentielles : à la fin du XIXème siècle, le besoin de l’héroïne d’aller rencontrer sa mère et découvrir son père, et, au XXIème siècle, la soif de connaître ses origines, comme le dit Seb « je regardais toujours devant et ça m’a fait du bien de regarder derrière ».

Même si on ne trouve pas un tableau inconnu de Monet ou une photo égarée de Nadar dans toutes les masures ou dans toutes les familles, même si les changements d’époque sont prévisibles, tout en étant habilement réalisés, même si nombre d’acteurs et d’actrices sont des « fils et filles de », le charme du film opère : un délice pour des généalogistes et pas que !

Courez vite le voir !

(Film de Cédric Klapisch, sorti en salles depuis le 22/05/2025, lors du Festival de Cannes)